Nom : Sophie Campagna
Âge : 30 ans
Occupation : Biologiste en recherche pour Pêches et Océans
Canada
Formation : Baccalauréat en zoologie des invertébrés
marins
Fruits de mer :
J'évalue les stocks d'invertébrés marins de la Colombie-Britannique -
surtout des concombres de mer -, et je fais des recommandations qui permettent
à Pêches et Océans Canada d'établir les quotas de pêche pour la région.
Il y a une forte demande des gourmets d'Asie pour le concombre de mer.
Je travaille en collaboration avec l'Association des pêcheurs de concombres
de mer de la Colombie-Britannique, et mon mandat est la conservation des
espèces.
Capitaine Nemo : L'étude
des invertébrés marins, c'est de la science-fiction! Par exemple, les
méduses ressemblent à des petits vaisseaux spatiaux. Les invertébrés font
des choses tellement incroyables! En automne, le concombre de mer fait
disparaître complètement ses organes vitaux pendant un mois, pour ensuite
revenir à son état normal. On n'arrive pas encore à expliquer comment
et pourquoi il fait ça, mais c'est spectaculaire. Il faut dire qu'il a
déjà une apparence bizarre : il a la forme d'une grosse saucisse qui ratisse
les fonds marins.
Pied marin :
Je pars en mer cinq ou six fois par année pendant environ deux semaines,
avec différents groupes de pêcheurs, pour recenser les populations de
concombres de mer. Je peux faire jusqu'à sept ou huit plongées par jour
pendant ces voyages. Je passe le reste de l'année à la station de biologie
du Pacifique à Nanaimo, pour concevoir et mettre à jour des bases de données
et rédiger des rapports.
La galère : Mes excursions
en mer se déroulent généralement sur un bateau en aluminium de 12 mètres,
avec un équipement assez rudimentaire. La toilette consiste en un seau,
il n'y a pas de douche et on espère qu'il y aura assez de lits pour tout
le monde! Des fois, il n'y a même pas de congélateur et on manque de bouffe
à la fin du voyage.
Petite sirène : Je suis
souvent la seule fille à bord, avec des pêcheurs qui se demandent ce qu'une
femme peut bien vouloir faire sur un bateau de pêche! Leurs épouses ne
mettraient jamais les pieds là! Moi, j'adore ça. La plongée me rend heureuse
et la faune marine me passionne.
Mer nature :
On se retrouve fréquemment dans des endroits très isolés, parfois à 12
heures du village le plus près. J'ai souvent l'impression de découvrir
des endroits inexplorés. À ce jour, j'ai plongé un peu partout dans la
province, dans les criques comme au large, près de l'Alaska. Les glaciers,
les montagnes et le littoral sont à couper le souffle.
Plaisir égale danger :
La plongée comporte des risques. Des petites erreurs de jugement peuvent
coûter la vie. Parfois, les courants sont si forts qu'ils nous entraînent
vers le fond. Il m'est arrivé d'avoir le mal de mer sous l'eau tellement
les vagues étaient puissantes. Et ces dernières rendent parfois la remontée
à bord du bateau difficile. En plongée, il faut demeurer calme; la panique
est notre plus grande ennemie.
Lever l'ancre : Mon emploi
demande une bonne forme physique. La ceinture de plomb, les bonbonnes
et l'habit de plongée pèsent plus de 30 kilos, et on doit souvent manipuler
des cages de 40 kilos. Mais les femmes ne devraient pas se sentir limitées
: mon métier est accessible à toute personne passionnée de biologie, déterminée,
positive, et qui n'a pas besoin d'un fer à friser pour se préparer le
matin!
D'un océan à l'autre : J'espère
un jour pouvoir travailler ailleurs dans le monde, participer à des projets
de recherche sous les tropiques, par exemple. Je crois qu'il y a d'excellentes
perspectives d'emploi dans mon domaine, surtout pour ceux qui sont prêts
à aller dans les régions éloignées et à participer à quelques projets
peu payants pour acquérir de l'expérience.