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  [La voiture du futur]
En cinquième vitesse
par Sylvain Turner

Les voitures vous passionnent déjà? Vous devriez être servi au cours des prochaines années! Les fabricants ne reculent devant rien pour produire des véhicules toujours plus confortables, plus sécuritaires et plus sophistiqués.


Au cours de la prochaine décennie, les fabricants continueront de poursuivre essentiellement deux objectifs : l'informatisation des véhicules et l'optimisation des performances sur le plan de la sécurité.

L'industrie a réalisé des progrès importants dans ces domaines. Par exemple, on trouve déjà sur nos routes des véhicules munis de modules informatiques qui, branchés à un réseau, communiquent les uns avec les autres pour contrôler la suspension, les portes coulissantes et d'autres fonctions du véhicule. «Ces modules peuvent même diriger la conduite pour appliquer les freins et changer la rigidité de la suspension, affirme Randy Rickaby, formateur et directeur de projet chez Ford Canada. Et comme on utilise moins de filage, cela permet aussi de fabriquer des véhicules plus légers.»

Pierre Caron, vice-président des ventes et du marketing chez Belron Canada, une entreprise spécialisée dans le remplacement de vitres d'auto et dans la vente de pièces, estime pour sa part que l'évolution de l'automobile à court terme passera par le perfectionnement des systèmes de repérage GPS. Mais d'ici à une décennie ou deux, c'est l'auto intelligente qui roulera sur nos routes, prévoit-il. L'automobiliste n'aura qu'à indiquer sa destination à sa voiture et celle-ci, munie de capteurs et d'un pilote automatique relié au système GPS, l'y conduira pendant qu'il regardera le paysage. Imaginez : ce véhicule reconnaîtrait son conducteur, s'informerait des conditions routières et météorologiques, opterait pour le parcours optimal, repérerait sa position sur la route en fonction des autres véhicules, serait capable de réserver un stationnement avant d'arriver à destination et garderait en mémoire son historique de maintenance!

«La route et le véhicule intelligents sont déjà à l'essai aux États-Unis, mais on ne verra pas ces innovations se répandre avant 20 ans», pense Pierre Caron. Au Québec, une centaine de chercheurs de l'Institut des matériaux et des systèmes intelligents de l'Université de Sherbrooke travaillent à mettre en place des composantes de la voiture intelligente.

À l'heure du protocole de Kyoto et du développement durable, les fabricants d'automobiles tentent aussi de développer des voitures propulsées grâce à des carburants moins polluants que l'essence. Déjà, plusieurs prototypes ou véhicules commercialisés roulent à l'électricité, à l'hydrogène, à l'éthanol, au gaz naturel, au biodiesel ou grâce à un carburant hybride (c'est-à-dire composé d'au moins deux de ces types d'énergie). «Aux États-Unis, l'éthanol gagne en popularité, souligne Pierre Caron. Il s'agit d'un carburant composé à 15 % d'essence et à 85 % d'alcool de maïs. Quant aux cellules d'hydrogène, qui ont l'avantage de ne pas être polluantes, on y aura sûrement recours avant longtemps. En fait, on pourrait s'attendre à ce que la voiture à l'hydrogène et celle à l'éthanol soient commercialisées dans une dizaine d'années. À long terme, on peut penser aux énergies solaire et éolienne, qu'on utiliserait pour recharger son véhicule à partir d'une station fixe.»

Et la voiture électrique? Il en existe plusieurs modèles à travers le monde, mais on ne s'attend pas à ce que ce type de véhicule soit commercialisé à grande échelle, selon les experts consultés. Surtout pas dans des régions au climat rigoureux comme le nôtre, où les voitures doivent être dotées d'un système de propulsion performant, ce qu'on est loin d'obtenir au moyen des moteurs électriques. En fait, l'électricité constituera plutôt une source d'énergie secondaire dans des systèmes hybrides. «Les fabricants travaillent maintenant à concevoir des freins générateurs, affirme Randy Rickaby. Ceux-ci transformeront l'énergie produite par la rotation des roues en électricité, laquelle sera ensuite redirigée vers la batterie.»

On ne réinventera peut-être pas la roue, mais toutes les autres parties des voitures risquent de subir des transformations majeures au cours des prochaines décennies. Autant de défis pour les travailleurs de l'industrie!



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