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Racisme et marché du travail
L'intolérance tranquille

par Martine Roux
coordination : Julie Tremblay

Le Québec est reconnu comme une terre d'accueil, multiculturelle et tolérante. Pourtant, les travailleurs de couleur peinent à se trouver du boulot : à compétences égales, nombre d'entreprises leur préfèrent encore des Québécois «pure laine».


Qu'ils soient ici depuis six mois, 15 ans ou toujours, les travailleurs de couleur affrontent d'énormes difficultés quand vient le temps d'intégrer le marché du travail québécois. Lorsqu'ils y parviennent, c'est souvent parce qu'ils se rabattent sur des emplois précaires, instables et mal rémunérés. Des jobines pour lesquelles ils sont souvent surqualifiés.

Andrew Jackson, économiste principal du Congrès du Travail du Canada (CTC), est catégorique : le racisme systémique est monnaie courante sur le marché du travail canadien. Fin novembre, il publiait un rapport percutant (Is Work Working for Workers of Colour?) démontrant que les travailleurs de couleur gagnent moins que les autres Canadiens, ont moins de sécurité d'emploi et sont beaucoup plus exposés à la pauvreté.

«Racisme, discrimination raciale, c'est du pareil au même, tranche l'économiste. Chose certaine, cet enjeu est un problème majeur au Canada. Les écarts économiques fondés sur la situation raciale sont considérables et inquiétants.»


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