Portrait métier :
courtier en assurance de dommages

Jobboom, avec la collaboration de Prosdelassurance.ca, vous présente aujourd’hui une profession très recherchée présentement au Québec, celle de courtier en assurance de dommages.

Alex Stringer est courtier en assurance de dommages depuis 9 ans, et il nous parle de sa carrière dans les moindres détails!

Jobboom : En quoi consiste la profession de courtier en assurance de dommages?

Alex Stringer : Le courtier en assurance de dommages, premièrement, analyse les besoins de son client pour ensuite négocier les meilleures offres possible auprès des compagnies d’assurance. Je représente donc le client auprès des compagnies d’assurance. Le courtier conseille également ses clients sur la gestion de risques, ce qui consiste à identifier et évaluer les risques relatifs aux activités de son client, de manière à réduire et contrôler la probabilité des événements redoutés, et à réduire l’impact éventuel de ces événements.

En cas de sinistre, le courtier en assurance de dommages accompagne son client afin d’assurer le bon déroulement du règlement de sinistre par l’expert en sinistre.

Pour ma part, je suis spécialisé en assurance des entreprises, bien que je continue à traiter quelques dossiers d’assurance pour les particuliers. Mon objectif en tant que courtier en assurance de dommages est d’assurer la pérennité de la compagnie même en cas d’incident ou de sinistre. Pour cela, il y a un travail préalable d’analyse à faire afin d’évaluer les pertes d’exploitation et de chiffres d’affaires qui pourraient être engendrées par un sinistre.

Jobboom : Quels sont vos principaux interlocuteurs au quotidien?

A.S : Au quotidien, je vais échanger avec les courtiers et les experts en sinistre qui travaillent dans le même cabinet de courtage que moi, les souscripteurs (ce sont les personnes-ressources qui travaillent pour les assureurs avec lesquelles je négocie les produits d’assurance pour mes clients) et bien sûr, avec mes clients.

Jobboom : Quelle est la différence avec la profession d’agent en assurance de dommages?

A.S : L’agent en assurance de dommages est employé par une compagnie d’assurance et propose des produits provenant de sa compagnie. En cas de sinistre, le client contacte directement l’expert en sinistre de son assureur.

Le courtier, lui, analyse les besoins de son client et magasine les soumissions auprès de plusieurs compagnies d’assurance afin de trouver l’offre la mieux adaptée aux besoins de son client. En cas de réclamation, il assiste son client dans tout le processus avec l’expert en sinistre de la compagnie d’assurance choisie. Pour ma part, je travaille avec plus de 15 assureurs différents sur l’assurance commerciale et pour les particuliers, je travaille avec trois assureurs principalement.

Jobboom : Pourquoi avoir choisi d’exercer cette profession? Quel a été votre parcours pour arriver à ce poste?

A.S : Il y a peu de temps, j’ai eu ma réunion de retrouvailles du secondaire et on nous a remis des papiers où nous avions répondu à la question suivante : où vous voyez-vous dans dix ans? Et j’avais répondu soit devenir hockeyeur professionnel, soit travailler en assurance!

En fait, ma mère est souscripteur en assurances, et mon père était expert en sinistre. Ils ne m’ont jamais particulièrement encouragé à travailler dans ce secteur, mais quand j’ai démarré ma carrière, ils m’ont soutenu.

Au cégep, j’ai fait un DEC en sciences humaines. Je souhaitais par la suite faire un baccalauréat. J’ai finalement opté pour une AEC en assurance de dommages au Cégep de Saint-Hyacinthe suite à mon DEC, vu le manque de relève dans l’industrie. Immédiatement après, j’ai intégré un cabinet de courtage.

(Pour la liste complète des établissements offrant l’AEC en assurance de dommages, rendez-vous à prosdelassurance.ca)

Après avoir commencé à exercer en tant que courtier, j’ai eu mon titre de Professionnel d’assurance agréé (PAA). C’est un programme de l’Institut d’assurance du Canada, qui est assurément le plus prestigieux de l’industrie. J’ai également fait mon Fellow, Professionnel d’assurance agréé (FPAA) qui est également offert par l’Institut d’assurance du Canada. Finalement, j’ai fait un certificat en gestion de risques qui m’a donné le titre de Canadian Risk Management (CRM), octroyé par le Global Risk Management Institute (GRIM).

Présentement, j’effectue des cours offerts par la Chambre de l’assurance de dommages (ChAD) pour obtenir mon titre de courtier d’assurance agréé (C.d’A.A.). Je fais également un baccalauréat en administration, spécialisé en gestion de risques, à distance et à temps partiel.

Jobboom : Quels sont les compétences et les traits de personnalités nécessaires pour exercer la profession de courtier en assurance de dommages?

A.S : L’esprit d’initiative sur la qualité du service, l’entrepreneuriat, l’autonomie, des aptitudes en communication, l’esprit d’équipe et la création d’un réseau tant auprès de la clientèle que des assureurs, sont autant des compétences primordiales pour exercer cette profession.

Mais le sens du service à la clientèle, l’empathie, les habiletés en vente et en négociation, les capacités d’analyse et le sens de l’écoute sont également des compétences utiles pour pouvoir effectuer des recommandations avisées.

Jobboom : Quels sont les principaux défis à surmonter en tant que courtier en assurance de dommages?

A.S : Un des défis du courtier est de s’adapter. Au changement d’abord. Il y a par exemple d’importants changements avec l’économie de partage (AirBnb, Uber, etc.) et avec les avancées technologiques (le paiement en ligne, l’utilisation du big data, l’achat d’assurances en ligne, etc.). Il faut donc rester informé en permanence. Mais il faut également s’adapter à chaque client, à chaque situation.

Un autre défi à surmonter pour les compagnies et les professionnels en assurance de dommages est le manque de relève dans l’industrie, principalement chez les courtiers et agents. En 2018 seulement, ce ne sont pas moins de 1 700 postes qui seront à combler dans l’industrie[1]. Nous sommes en sous-effectif donc nous devons faire plus avec moins.

Jobboom : À quoi ressemble la journée type d’un courtier en assurance de dommages?

A.S : Chaque journée est différente. Ce matin, je devais m’occuper d’une assurance pour une maison vacante. Suite à notre entrevue, je dois contacter un client qui a un garage de mécanique. Demain, je pars chez un client pour faire son renouvellement de police d’assurance. Mais ma principale tâche au quotidien est d’assurer un bon service à ma clientèle, de conseiller mes clients, de faire des suivis de soumissions, des sollicitations et des sinistres, et de développer de nouvelles affaires.

Jobboom : Quelles sont les possibilités d’avancement pour un courtier en assurance de dommages?

A.S : Le courtier en assurance de dommages peut devenir chef d’équipe, directeur de la clientèle ou directeur du développement au sein de son cabinet de courtage. Il peut aussi devenir propriétaire de son propre cabinet si l’ambition y est. Il y a beaucoup de possibilités d’avancement surtout dans ce contexte où la relève manque.

Jobboom : Quelles sont les carrières vers lesquelles un courtier en assurance de dommages pourrait facilement se transférer?

A.S : Le courtier en assurance de dommages peut évoluer vers diverses carrières dans l’industrie ne nécessitant pas de certification pour exercer, comme la certification de courtier est non transférable à d’autres professions exigeant une certification : directeur, souscripteur ou gestionnaire de risques par exemple. Un courtier pourrait même évoluer vers une carrière de gestionnaire de risques au sein d’une entreprise d’un autre domaine, comme dans une usine.

Jobboom : Quels cursus scolaires peut-on suivre pour devenir courtier en assurance de dommages?

A.S : Plusieurs chemins mènent à l’assurance de dommages! Les formations privilégiées par les employeurs de l’industrie sont :

Le perfectionnement est également un élément clé et encouragé dans l’industrie avec le PAA et le FPAA qui sont offerts par l’Institut d’assurance du Canada.

Jobboom : Y a-t-il des préalables pour exercer la profession de courtier en assurance de dommages?

A.S : Tous les courtiers en assurance de dommages doivent compléter une formation en assurance de dommages ou dans un autre domaine d’études pertinent afin de satisfaire aux exigences de formation minimale de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Ils doivent réussir tous les examens de l’AMF avant d’effectuer une période probatoire pour obtenir un certificat de représentant.

Jobboom : Avez-vous des conseils pour les personnes intéressées par cette profession?

A.S : Je leur dirais qu’il n’y a pas de limites. À partir du moment où tu fais preuve d’ambition et que tu souhaites rejoindre ce secteur d’activité, c’est possible. Il faut être proactif, curieux, s’intéresser au domaine.

Il faut également, je pense, être passionné par les gens et leurs aventures personnelles ou professionnelles, qui représentent parfois tout pour eux. Il faut s’intéresser à eux, à leurs histoires, à leurs domaines d’activité. Il faut aimer apprendre d’eux.

Jobboom : Avez-vous une anecdote de travail particulièrement marquante à nous raconter?

A.S : Je me souviens de mon tout premier client que j’ai assuré. Il m’a envoyé une lettre manuscrite pour me remercier et me dire qu’un jour, j’aurais mon propre cabinet de courtage. C’est évidemment un très bon souvenir pour moi d’avoir reçu de tels encouragements. J’ai conservé cette lettre depuis tout ce temps.

Jobboom : Est-ce qu’exercer cette profession vous rend heureux?

A.S : Oui elle me rend heureux. Je ne sais pas si je resterai courtier toute ma vie, mais par contre je suis sûr que je resterai dans ce secteur d’activité. Je suis passionné par ce domaine, mais comme je le mentionnais, je suis avant tout passionné par les gens que je suis amené à rencontrer et par leurs histoires.

De plus, en créant mon réseau professionnel, je me suis aussi créé un réseau d’amis que je retrouve lors de « 5 à 7 » ou dans diverses activités de réseautage.

Je suis extrêmement satisfait par mon choix de carrière.

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Le point de vue du recruteur :

Alex Stringer participe aussi au recrutement des courtiers dans son cabinet. Voici ses critères d’embauche.

Jobboom : Quels sont les éléments clés que vous cherchez sur le CV d’un courtier en assurance de dommages?

Alex Stringer : Les éléments clés sont

  • Une certification de l’AMF
  • Bilinguisme (un atout)
  • Maîtrise de l’environnement Windows/Microsoft
  • Être à l’aise dans un environnement sans papier

Jobboom : Quelles sont les compétences clés que vous cherchez lors d’une entrevue avec un candidat au poste de courtier en assurance de dommages?

Alex Stringer : Les compétences essentielles que nous recherchons pour ce type de poste sont :

  • Faire preuve de précision et de minutie
  • Faire preuve d’un esprit d’équipe
  • Discipline, efficacité et professionnalisme
  • Ambition
  • Capacité à travailler de façon autonome, en équipe et avec les parties prenantes de l’organisation
  • Bon esprit d’analyse
  • Sens de l’organisation

[1] Coalition pour la promotion des professions en assurance de dommages. Les besoins et la qualité de main-d’œuvre dans l’industrie de l’assurance de dommages au Québec, 2017.

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