La question des points faibles :
la meilleure façon d’y répondre

Lors d’un entretien d’embauche, la question à propos des points faibles inquiète la majorité des candidats. Pourtant, si vous savez bien y répondre, elle ne devrait pas s’avérer un problème  pour vous et peut même vous avantager.

Par exemple, il m’est arrivé de mener moi-même un processus d’embauche et durant toute la durée de l’entrevue, je trouvais le candidat un peu terne dans sa façon de s’exprimer. C’était dérangeant. Par contre, lorsqu’il fut temps pour le candidat d’aborder ses fameux points faibles, il m’a parlé de sa difficulté à communiquer de manière dynamique, car il était un peu timide.

Sa réponse m’a influencé grandement par rapport à l’opinion que j’avais de lui à ce moment-là. Je me disais qu’il était conscient de cet aspect et qu’il était prêt à y porter de l’attention.

Comme l’expression le dit : Faute avouée est à moitié pardonnée.

Ce n’est pas une question piège (à moins de ne pas vous préparer !)

Je suis surpris quand des spécialistes du recrutement considèrent cette question comme un piège. Cette question est essentielle pour apprécier la capacité du candidat à bien se connaître lui-même et reconnaître ses propres limites.

Sachez qu’elle risque d’être posée et souvent vers la fin de l’entretien. C’est un classique. C’est donc prévisible et à vous de bien vous préparer.

La formule varie. Beaucoup de recruteurs préfèrent utiliser le terme « point à développer » ou « point de vigilance ». Le recruteur peut en demander plusieurs. Donc, préparez-vous en conséquence.

Il n’y a pas de bons ou mauvais points faibles à nommer. Il y a simplement de bonnes ou mauvaises manières de les présenter.

J’ai souvent entendu dire qu’il ne fallait plus mentionner « perfectionniste » comme point faible, car çe serait  trop cliché.

Si c’est votre point faible, nommez-le, mais présentez le d’une manière intéressante qui permet de comprendre ce que cela signifie de façon spécifique chez vous et dans votre manière de travailler.

Ce qu’il faut éviter

D’abord, on évite de prendre une éternité pour répondre. Aucun recruteur ne se dit alors : « Ça semble être dur pour lui de nommer un point faible. Cela veut dire qu’il n’en a pas. C’est un bon signe. »

En fait, c’est même le contraire. Des études démontrent que les employés ayant le plus de problème au travail sont ceux qui éprouvent le plus de difficulté à nommer leurs propres points faibles. Ils ne sont justement pas portés à changer, ne sachant pas ce qui cloche en eux.

Si vous hésitez trop longtemps, le recruteur se dira juste que vous vous connaissez mal ou que vous manquez d’humilité.

Votre attitude face à cette question en dit aussi long sur votre personnalité que la réponse elle-même. Si vous avez l’air trop prudent en y répondant, on pourra y percevoir une peur de se faire prendre en défaut et le recruteur imaginera qu’il vous est difficile de faire face à la critique.

Ne nommez pas non plus des points n’ayant aucun rapport avec votre travail ou qui ne sont pas des vrais points faibles (c’est-à-dire n’ayant aucune conséquence directe sur votre emploi). Aucun recruteur ne tombera pas dans ce panneau. Il va juste avoir le sentiment que vous lui faite perdre son temps et reposera à nouveau la question.

Il faut éviter de fournir une réponse générique. Beaucoup de candidat récite une réponse toute faite et qui manque de personnalité. On dirait qu’il cherche à se débarrasser de la question.

« Je suis parfois impatient quand j’ai beaucoup de travail. Voilà, j’ai fini ! C’est quoi votre prochaine question ? »

Ne dites pas non plus au recruteur ce qu’il doit penser de votre réponse.

« Je suis impatient, mais ne croyez pas que je suis colérique et ne pensez pas non plus que je le suis avec mon patron. »

Ce qui est recommandé

Soyez authentique. Pour vous préparer, demandez-vous ce qui est vraiment votre point à développer. Demandez de l’aide à vos proches, si c’est difficile.

Ensuite, réfléchissez aux raisons qui vous amènent à vous retrouver avec ce point à développer. Vous pouvez penser à un ou deux moyens concrets pour corriger ce point. Demandez-vous à quel moment cela arrive le plus souvent.

Cette information vous permettra de bien élaborer et présenter votre réponse. Le recruteur y verra une personne capable de réfléchir sur lui-même et ayant un fort potentiel de développement.

La précision est souvent une clé pour bien cadrer votre propos.

Par exemple, si vous dites uniquement que vous avez de la difficulté à gérer des conflits et sans rien ajouter d’autres, le recruteur peut extrapoler que ce problème est vécu tous les jours et avec l’ensemble de votre entourage, qu’il soit professionnel ou personnel.

Toutefois, si vous précisez votre réponse, le recruteur comprendra mieux et verra en vous un candidat bien avisé.

« Je réalise que dans les périodes de stress intense, j’ai de la difficulté à m’affirmer lorsque je me retrouve en conflit avec des personnes autoritaires et si je ne fais pas attention, j’ai tendance à jouer l’évitement. »

En conclusion

Le secret de la préparation est aussi dans la pratique. Avec une personne de votre entourage, exercez-vous plusieurs fois à répondre à cette question.

Je vous invite à préparer au moins 3 ou 4 points faibles à l’avance. Ne soyez pas pris au dépourvu. N’ayez pas peur d’aller à fond dans cette réflexion personnelle.

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Mathieu Guénette

Mathieu Guénette est un conseiller d’orientation à son compte de plus de 20 ans d’expérience, auteur, chargé de cours et ayant travaillé auprès d’une clientèle variée (jeunes, adultes, gestionnaires, chercheurs d’emploi). En 2017, il a obtenu à la fois le prix professionnel de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec et celui du Livre RH de l'année de l'Ordre des CRHA pour l’ouvrage Le candidat viscéral. Il offre ses services à Montréal, dans Lanaudière et à distance. Son site internet regorge de références pratiques pour vous : Les chercheurs de sens.