Passer du travail abstrait à du concret
Nous parlons souvent de l’automatisation du marché du travail et du besoin pour les futurs travailleurs de savoir utiliser des compétences plus intellectuelles. D’ailleurs, une partie de plus en plus grande du travail est basée sur les capacités à réfléchir, à imaginer et à être créatif. Ce qui n’est pas en soi une mauvaise chose. Par contre, la vie de bureau ne plaît pas à tout le monde. Quand celle-ci devient vide de signification, elle peut paraître très aliénante.
Alors que la société se numérise et se virtualise, il existe un mouvement grandissant de travailleurs qui décident alors de se reconvertir et d’aller pour des métiers plus traditionnels et surtout manuels. Une réalité qui a de quoi surprendre mais qui a beaucoup de sens, particulièrement chez la jeune génération.
Changer de vie professionnelle
En effet, comme l’explique cette agence de chasseurs de têtes, beaucoup d’adultes au début de leur vie ont suivi des formations pour devenir ingénieurs, thésards ou consultants dans des domaines. Or, bien souvent, le monde du travail les déçoit et ils perçoivent la souffrance de collègues ou vivent eux-mêmes de la détresse ou de l’épuisement.
D’ailleurs, un sondage réalisé à la fin 2015 affirmait que 76 % d’entre eux pensent que les perspectives d’emploi sont pires que celles de leurs parents. Alors, plutôt que de sombrer dans l’apathie, ils préfèrent se tourner vers des métiers où leurs tâches ont du sens. Comme ce témoignage de Sarah qui raconte comment elle est passée du monde branché de la publicité au métier de céramiste (et professeure de céramique) :
Aller au-delà des préjugés
Néanmoins, ce type de travail est encore entouré de préjugés, le système scolaire misant énormément sur l’aspect intellectuel plutôt que manuel. En effet, la société tend à juger plus favorablement ceux aux mains propres à ceux qui se les salissent tous les jours. Pourtant, la demande est là pour des passionnés qui peuvent offrir aux gens des services humanisés qui ont du sens. D’autant plus que l’école ferait bien de se rappeler que la neurologie vise à démontrer les bienfaits de l’activité artisanale sur le cerveau, à l’exception que celle-ci ne soit pas répétitive comme sur une chaîne de montage. Créer avec ses doigts améliorerait la plasticité neuronale, libérerait des endorphines et réduirait le cortisol lié au stress.
De plus, les secteurs plus manuels sont parfaits pour la reconversion professionnelle parce qu’ils ne nécessitent que de courtes formations qui, en plus, alternent entre théorie et pratique. Sans compter que les débouchés sont importants et que les futurs mécaniciens, serruriers et autres sont parés à la vie moderne. En effet, il n’est plus rare de les voir gérer et installer des éléments de domotique et d’énergie alternative comme le solaire ou la géothermie. Conséquemment, l’idée selon laquelle ces métiers seront vétustes tend vite à s’effriter tant les besoins sont grands. D’autant plus qu’avec Internet, de nombreux artisans arrivent directement à développer leur auto-entreprise et pouvoir vivre en bonne partie d’une clientèle qu’ils bâtissent au fil de leurs travaux.
Bien sûr, ce n’est pas à la portée de tous. En plus d’avoir de solides compétences manuelles, il faut se lancer dans ce type de carrière en ayant une véritable passion. Les salaires, bien qu’honorables, sont loin de ceux qui peuvent être gagnés dans certaines sphères plus intellectuelles. Sans compter qu’il existe toujours les possibilités d’accidents professionnels plus nombreux que dans un bureau. Néanmoins, pour une frange importante des travailleurs, ce tournant professionnel peut être l’étincelle pour rallumer la flamme de la passion et pouvoir travailler avec du concret.
Écrit par Alexandre Roberge
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