L’humour en entrevue d’embauche :
à faire et à ne pas faire

Une entrevue d’embauche, c’est sérieux et cela doit demeurer sérieux. Elle comporte de gros enjeux tant pour le candidat que pour l’employeur.

Toutefois, y ajouter une touche d’humour peut permettre de détendre l’atmosphère et de faciliter votre contact avec le recruteur.

Il permet également de révéler un aspect de votre personnalité et indique que vous n’êtes pas trop guindé comme individu.

Néanmoins, l’humour représente aussi un risque important, car mal dosé, il devient aussi source de mauvaise interprétation, voire même de malaise.

Pour rédiger cet article, je me suis inspiré du livre How to Fail at Almost Everything and Still Win Big de Scott Adams où il partage des conseils de carrière basés sur sa propre vie.

Scott Adams est le créateur de la bande dessinée américaine Dilbert dont l’intrigue se déroule dans un bureau. Puisque cet auteur gagne sa vie à faire le rigolo, j’ai pensé que m’inspirer de son chapitre consacré à l’humour serait tout à fait à-propos.

À faire

Selon Scott Adams, l’humour peut favoriser vos relations humaines en générant de la sympathie et de l’énergie (le recruteur peut apprécier, surtout s’il est rendu à sa cinquième entrevue de la journée).

De plus, de manière générale, nous sommes plus attirés vers les gens qui apprécient le rire. Monsieur Adams cite même une étude scientifique concluant que nous avons tendance à croire une personne plus intelligente lorsqu’elle possède un bon sens de l’humour.

L’humour peut donc compenser certains de vos manques. En plus, cette stratégie est accessible à tous. Pas besoin d’être beau physiquement ou d’avoir des diplômes spécifiques.

Pour cultiver une bonne disposition d’esprit à l’humour, l’auteur suggère de vous entourer autant que possible de gens amusants et de choisir des films ou des livres qui sauront vous faire rire. De cette manière, l’humour vous viendra plus aisément dans vos échanges. Avec le temps, vous pourrez l’affiner.

En entrevue, ne vous mettez pas la pression de faire de vous un véritable humoriste et de provoquer de puissants éclats de rire aux 5 minutes.

Visez plutôt de décrocher un petit sourire à l’occasion. À cet effet, Scott Adams suggère l’humour pince-sans-rire qui est plutôt discret et plein de finesse.

Sachez aussi être bon public face à l’humour des autres, sans trop en mettre, bien entendu. En fin de compte, tout doit sembler naturel de votre part. Si vous êtes en mesure de rebondir sur la plaisanterie du recruteur, c’est encore mieux.

L’humour est aussi une bonne occasion de vulgariser vos propos par une analogie amusante et de faciliter ainsi la compréhension de vos explications.

« En quelque sorte, j’agissais un peu comme une agence de rencontre pour mes différents clients. »

À ne pas faire

D’abord, évitez de rire nerveusement pour un oui ou pour un non. Autant l’humour peut donner l’impression que vous êtes intelligent, mais rire pour rien risque de produire l’effet inverse.

Chez certains, le rire devient l’expression d’une profonde anxiété. Cela amène certains candidats à constamment tenter de faire de l’humour sans raison et à rire même de leurs propres blagues. Ça ressemble alors à un tic nerveux.

Cela peut donc représenter un irritant pour le recruteur et surtout si votre rire est dérangeant sur le plan sonore.

Tentez de prendre conscience de votre impact sur ce plan. Un tel défaut est impardonnable pour bien des gens.

Dans un tel cas, apprenez à relaxer et à mieux composer avec votre inconfort relié à l’entrevue plutôt que de tenter de vaincre votre nervosité en tentant de faire le clown à tout prix.

Scott Adams suggère aussi d’éviter les jeux de mots et les calembours. C’est un type d’humour qui risque de tomber à plat et vous valoir des roulements d’yeux vers le haut.

L’humour devient alors une distraction à vos véritables propos plutôt que de permettre de mieux les servir.

Bien entendu, évitez l’humour noir où vous prenez un malin plaisir à vous moquer des autres. Même si votre plaisanterie parvient à faire décrocher quelques sourires complices, il est bien possible qu’on retienne surtout de vous le sarcasme et même une certaine méchanceté.

Certains chercheurs d’emploi veulent démontrer leur humilité en devenant eux-mêmes la cible de leur humour.

Un chercheur d’emploi m’a confié avoir fait une blague sur son propre embonpoint en entrevue, mais en réalisant l’instant suivant qu’un membre du comité de sélection avait un problème d’embonpoint encore plus grave que le sien. Quel malaise!

N’oubliez pas qu’en priorité, vous êtes là pour établir votre crédibilité.

Ne soyez donc pas trop dur à votre égard et mettez-vous en avant. Faire une blague, car vous avez de la difficulté à retenir les noms, cela passe, mais plaisanter sur  vos difficultés  à apprendre risque de vous coûter le poste.

Ne répétez pas non plus ce stratagème trop souvent au cours d’une même entrevue.

De la même manière, faire une blague sur sa propre situation peut parfois paraître amusant et permet de montrer que vous êtes capables d’autodérision.

« Oui, je sais, je n’ai pas terminé mes études universitaires. Peut-être que si j’avais persévéré, je ne serais pas maintenant en recherche d’emploi! »

Selon monsieur Adams, une remarque, ça fait sourire, mais cinq, ça devient vite lourd et les plaisanteries vont être perçues plutôt comme de l’apitoiement sur vous-même.

Faites attention aussi aux références que vous utilisez.

« Avec ma combinaison de travail, j’avais vraiment l’air d’Astro le petit robot! »

Pas sûr qu’un recruteur dans la vingtaine va être en mesure de comprendre votre allusion.

En conclusion

L’humour fait partie de vos moyens de communication avec le recruteur et peut permettre d’établir en peu de temps une grande connexion.

Pour se faire, commencez doucement et soyez attentif aux réactions provoquées. Ajustez-vous en conséquence au fur et à mesure.

Dans le doute, il est toujours mieux de vous abstenir. Ne forcez jamais l’humour, si ça ne vous vient pas naturellement.

Quand c’est réussi, l’humour semble spontané aux yeux des autres, mais retenez que de façon paradoxale, savoir se montrer spontané demande de l’entraînement.

Par Mathieu Guénette, Conseiller d’orientation, « Les Chercheurs de sens ».

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Mathieu Guénette

Mathieu Guénette est un conseiller d’orientation à son compte de plus de 20 ans d’expérience, auteur, chargé de cours et ayant travaillé auprès d’une clientèle variée (jeunes, adultes, gestionnaires, chercheurs d’emploi). En 2017, il a obtenu à la fois le prix professionnel de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec et celui du Livre RH de l'année de l'Ordre des CRHA pour l’ouvrage Le candidat viscéral. Il offre ses services à Montréal, dans Lanaudière et à distance. Son site internet regorge de références pratiques pour vous : Les chercheurs de sens.

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