Les 10 pires clichés en entrevue
qui ont le don d’énerver le recruteur

Comparativement à un candidat, un recruteur participe à un très grand nombre d’entrevues durant une même année.

Pour cette raison, la réponse que le candidat croit intéressante et même originale peut s’avérer un cliché exaspérant du point de vue du recruteur.

Quand on pense aux clichés d’entrevue, on pense tous à Je suis trop perfectionniste lorsque vient le moment de nommer un point à développer. Mais il existe bien d’autres clichés.

Le plus gros problème du cliché est qu’il procure peu d’informations utiles sur le candidat. C’est une réponse peu élaborée que n’importe qui pourrait s’approprier.

Par cet article, j’ai décidé de vous aider en tant que chercheur d’emploi à prendre conscience de ces réponses vides et mille fois trop entendues.

À l’aide des réseaux sociaux, j’ai fait appel à un grand nombre de recruteurs et d’intervenants de la recherche d’emploi. Voici les pires clichés selon 14 spécialistes (je me suis inclus dans la liste).

Leur nom complet se trouve en référence à la fin de l’article.

1- Le qualificatif trop général

Marie-Pierre fait part des candidats qui répondent à Pourquoi devrait-on retenir ta candidature? des phrases comme Parce que je suis motivé ou Parce que j’apprends vite ou bien encore Je suis vraiment intéressé.

Il y a aussi le fameux Je suis travaillant ajoute en rigolant Annie.

D’accord, c’est bien, mais est-il possible de mieux décrire votre propos?

2 – La longue introduction inutile

Selon Marjorie, le candidat stipulant que mon défaut, c’est aussi ma qualité démontre une peur de s’assumer pleinement.

En fait, la problématique est surtout que le candidat perd du temps à constamment préparer le terrain par des phrases creuses de peur d’être mal jugé, comme si cela allait influencer les perceptions du recruteur à son égard.

3 – L’argument blindé contre toute attaque

Lidiane considère comme un manque de savoir-vivre de répondre Je n’ai pas de défaut du côté professionnel.

Devant une telle réponse lors d’une entrevue, Marie-Hélène répond alors avec un grand sourire au candidat : Alors je vais marquer comme défaut, manque de modestie. Selon elle, en général, le candidat comprend vite le message et répond aussitôt à la question.

4 – La petite réplique cute

Lorsque Nathaly demande au candidat quelle est sa plus grande réalisation et qu’il répond Mes enfants, c’est peut-être attendrissant. Toutefois, la grande majorité des parents risquent de pouvoir en dire autant, non? Puis, en quoi cette information peut être utile sur un plan professionnel?

5 – L’hommage grandiloquent

Sylvain observe des réponses qui surviennent de plus en plus du style : C’est ma job de rêve, j’ai toujours voulu faire ça !!!

Hélène aide les nouveaux arrivants dans leur recherche d’emploi et plusieurs ont tendance à s’exclamer sur leur amour du Canada.

C’est gentil et ça démontre une attitude positive, mais ça n’explique en rien ce que le candidat apprécie exactement.

6 – La réalisation simpliste

Pierre-Luc s’est intéressé à la question auprès des candidats ayant peu d’expérience. Leur plus grande réalisation est souvent leur diplôme. Dans de tel cas, dans sa tête, il s’exclame : Vraiment? Vous n’avez jamais eu de succès ailleurs?

Toujours selon lui, à la question du mentor, répondre sa mère ou son père, c’est un vrai cliché et surtout si le candidat n’a rien de particulier à rajouter par la suite. Toujours dans sa tête : Vous ne lisez pas d’articles? Vous ne suivez pas des influenceurs? Pas de mentor à son ancien emploi?

7 – Le dévouement sans limite du désespéré

Pour répondre à ma question sur les clichés, Marie-Josée a choisit d’aborder le chercheur d’emploi de longue durée qui affirme Je suis prêt à faire n’importe quoi ou Je vais prendre n’importe quel poste quand elle leur demande ce qu’il recherche.

Elle en profite alors pour le sensibiliser à faire part de ses préférences afin qu’il se positionne. Il n’y a rien de séduisant à une personne prête à se soumettre à n’importe quel prix.

8 – La remarque du « vite en affaire »

René parle du candidat qui se contente de dire : Essayez-moi, vous verrez!

En fait, le candidat oublie peut-être que s’il existe un processus de sélection est qu’il y a un coût d’entreprise à essayer sans avoir sonder le profil du postulant auparavant.

9 – La réponse du « Euh… finalement, pas de réponse »

Maude constate de plus en plus de candidats ne se préparant nullement à l’entrevue. Elle s’interroge si c’est relié au marché actuel favorable aux employés. Quand elle leur demande ce qu’ils connaissent de leur entreprise, ils répliquent qu’ils n’en savent pas beaucoup.

Le recruteur s’attend à ce qu’un candidat fasse minimalement ses devoirs.

10 – La motivation un peu molle

À la question Pourquoi ce poste?, Stéphan entend souvent des candidats répondre Parce que je suis rendu là. Aucun autre commentaire pour appuyer leurs propos.

De mon côté, j’avais envie de faire part de tous ces candidats répondant à cette même question qu’ils sont à la recherche de nouveaux défis.

Je demande alors en quoi ce poste sera un défi et, par son expression, je vois que le candidat est surpris que je demande de préciser.

N’oublions pas qu’un défi signifie un appel à se mesurer. Donc, dit autrement, à quoi précisément, vous aurez à vous mesurer dans ce poste?

En conclusion

J’ai reçu beaucoup de commentaires disant que s’il existait des clichés du côté du candidat, il y en avait aussi un grand nombre du côté du recruteur. Une entrevue, c’est un échange à deux et chacun doit faire un effort pour se distinguer.

Merci à mes collaborateurs (ordre alphabétique)

  • Sylvain Amic, conseiller en recrutement TI chez Nexio
  • René Beaulieu, consultant formateur chez RBeaulieu Consultant
  • Marie-Josée Bélanger, partenaire affaire RH chez Zone RH
  • Maude Cormier-Gladu, spécialiste acquisition de talents à la Commission Scolaire Marguerite-Bourgeoys
  • Lidiane Costa, généraliste RH à l’Académie l’œil futé Inc.
  • Nathaly Di Vita, conseillère en développement organisationnel à l’Université Laval (Ressources humaines)
  • Stéphan Fournier, psychologue organisationnel chez M2D
  • Hélène Gingras, conseillère Capitale Humain Mentorat à l’Hirondelle, accueil et intégration des immigrants
  • Annie Gourde c.o. conseillère en gestion de carrière et en évaluation de potentiel chez Action Compétence, Cabinet Conseils RH & Recrutement
  • Marie-Pierre Massé, agente de gestion de personnel au CIUSSS de la Capitale-Nationale
  • Marjorie Miliard conseillère d’orientation au Groupe GCRH
  • Pierre-Luc Pérusse, directeur Acquisition de talents TI chez Alythia
  • Marie-Hélène Savard, VP Ressources humaines et Marketing chez Classe Affaires – Logiciels sur mesure

Par Mathieu Guénette, conseiller d’orientation, « Les Chercheur de sens ».

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Mathieu Guénette

Mathieu Guénette est un conseiller d’orientation à son compte de plus de 20 ans d’expérience, auteur, chargé de cours et ayant travaillé auprès d’une clientèle variée (jeunes, adultes, gestionnaires, chercheurs d’emploi). En 2017, il a obtenu à la fois le prix professionnel de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec et celui du Livre RH de l'année de l'Ordre des CRHA pour l’ouvrage Le candidat viscéral. Il offre ses services à Montréal, dans Lanaudière et à distance. Son site internet regorge de références pratiques pour vous : Les chercheurs de sens.