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4 conseils de Daniel Grenier
pour trouver sa place au travail quand on se sent (un peu) extraterrestre

Dans le domaine de l’humour au Québec, Daniel Grenier a toujours été considéré comme un extraterrestre!

Devenu un maître incontesté de l’absurde, on lui dit encore souvent : Avec toi, on ne sait jamais si tu es sérieux ou non.

Si certains se réjouissent de son imaginaire étrange,  Daniel continue de déranger et même de choquer. À différents moments de sa carrière, il a dû se battre pour faire sa place.

C’est pendant l’école secondaire, où il éprouvait de grandes difficultés (il a redoublé son secondaire IV), qu’il a formé le groupe humoristique les Chick’n Swell, avec Francis Cloutier et Robin Aubert.

Après 23 ans et quelques changements dans la formation, le groupe s’est officiellement séparé et Daniel a dû à nouveau lutter pour sa carrière. Lorsqu’il a commencé à se produire en solo, peu de gens voulaient l’engager malgré sa longue expérience. Il s’est alors retrouvé à faire plus de 200 spectacles par année dans les bars, et ce, en recevant des cachets dérisoires.

Les premières fois qu’il s’est retrouvé seul sur scène, il ne se sentait pas aussi à l’aise que lorsqu’il était dans un groupe. Daniel considère qu’il a dû réapprendre complètement son métier. Comme quoi, rien n’est jamais acquis. Ce fût une grosse leçon d’humilité!

Malgré tout, il a toujours assumé de rester à la marge par sa manière de faire les choses car c’est ce qui lui permet de se sentir complètement libre. La liberté, ça n’a pas de prix! De notre échange, il est ressorti 4 conseils pour encourager ceux qui se sentent, eux-aussi, un peu extraterrestre dans leur domaine.

Combiner insouciance et persévérance

Enfant, il vivait dans son propre monde et il aimait se créer des personnages. Par la suite, en vieillissant, Daniel considère avoir simplement conservé cet état d’esprit.

Son secret? : Il a commencé l’humour en ne se posant pas de question. Il faisait simplement ce qu’il avait envie de faire. Lui et ses amis avaient tous ce même esprit rebelle et délinquant. Même quand tout semblait s’opposer à leurs projets, ils persistaient.

Parfois, Daniel se demande si son acharnement ne représente pas une sorte de maladie mentale.

À chaque fois qu’il s’est senti prêt à tout abandonner pour se réfugier au fond des bois, il y a eu, au même moment, des signes positifs qui au contraire, lui confirmaient qu’il se trouvait sur le bon chemin.

En créativité, il est nécessaire de passer au travers de très mauvais moments pour arriver à en vivre des supers.

Quand on se retrouve dans le noir, il faut juste continuer de marcher. On pense qu’il n’y aura jamais de lumière, mais il y a toujours de la lumière qui finit par rejaillir au loin.

Savoir s’endurcir

Le public qui affectionne déjà Daniel l’encourage dans son style d’humour et évidemment, c’est toujours plus facile de se produire en spectacle devant un public qui est déjà conquis. Par contre, lorsqu’il fait la première partie des spectacles de Mike Ward ou Martin Petit, il doit composer avec une audience qui ne l’a pas choisi. Ce n’est pas tout le monde qui est en mesure d’apprécier son imaginaire absurde.

Il a reçu un courriel de la part d’une femme lui suggérant de changer sérieusement de métier, car selon elle, ça ne marcherait jamais pour lui. Elle a ajouté que si elle lui disait cela, c’était pour son bien car elle sentait qu’il était une bonne personne.

Sur le coup, Daniel a eu envie de lui répondre puis non! Il n’a pas voulu se lancer dans ce type d’échange.

Devoir affronter des gens qui tentent de le décourager n’avait rien de nouveau pour lui.

Toute ma vie, j’ai dû faire face à des gens qui ne croyaient pas en moi.

Le père de Daniel a toujours considéré qu’il faisait une très grave erreur en faisant carrière en humour. Selon lui, ce n’était pas un vrai métier. Son opinion est restée identique, même quand les Chick’n Swell connaissaient un énorme succès avec leur émission à Radio-Canada et avec leurs spectacles.

Comme quoi avoir un proche qui ne croit pas en nous peut s’avérer utile, puisque rien ne peut vraiment nous ébranler par la suite.

Apprécier ceux qui nous aiment

Le père de Daniel ne l’a jamais encouragé, c’est vrai, mais sa mère elle, au contraire, a été formidable pour lui.

À leur tout début, elle confectionnait les costumes des Chick’n Swell pour leurs sketchs et leur prêtait même sa maison pour le tournage de vidéos.

Michel, le frère de Daniel, gère désormais sa carrière et le soutient dans tout ce qu’il entreprend.

Bien entendu, le public fidèle joue un énorme rôle dans sa carrière et Daniel se montre toujours très reconnaissant à leur égard.

Pour Daniel, écrire un gag qui semble vraiment bizarre et réaliser que ce gag réussit à faire rire les gens représente la plus grande des jouissances. Ça l’encourage encore plus à défricher les zones inexplorées de sa créativité.

Se débrouiller avec ce qu’on a

Dans le générique de l’émission de télévision des Chick’n Swell, nous retrouvons les paroles suivantes :

Nous sommes les Chick’n Swell et on n’a pas de budget. On fait même nos films avec une caméra que ma mère nous a donnée à Noël il y a une couple d’années… 

Des décors rudimentaires, des costumes un peu dérisoires… C’était vite devenu la marque de commerce légendaire du groupe.

À leur début, il n’y avait personne pour s’occuper de leur style, leur coiffure, leur maquillage. Ils portaient des perruques que des gens leur avaient données et s’achetaient des vêtements de seconde main.

Cela illustre parfaitement leurs capacités à s’arranger avec les moyens du bord. Pour Daniel, le contenant était secondaire, si le contenu parvenait à être bon et faire rire.

Même si je me retrouve dans un recoin, je finis toujours par trouver une façon de faire quelque chose.

J’ai demandé à Daniel s’il ferait les choses différemment si tout était à refaire.

Il m’a dit qu’il angoisserait beaucoup moins. Quand il était en spectacle avec les Chick’n Swell, il était beaucoup trop exigeant envers lui-même et souvent pour rien!

Quand tu racontes des jokes, il ne faut pas que tu te prennes trop au sérieux. Ce n’est pas grave de ne pas toujours être bon. À la longue, tu y arrives.

C’est en forgeant que tu deviens forgeron. Le premier fer, il n’est pas parfait, mais le prochain, il sera mieux.

Cet article a été écrit dans l’esprit du guide pratique d’orientation : Trouver sa place au travail quand on se sent (un peu) extraterrestre, qui sera publié chez Septembre éditeur en janvier 2019. En savoir plus.

Pour voir Daniel Grenier en spectacle : www.danielgrenier.ca.

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Mathieu Guénette

Mathieu Guénette est un conseiller d’orientation à son compte de plus de 20 ans d’expérience, auteur, chargé de cours et ayant travaillé auprès d’une clientèle variée (jeunes, adultes, gestionnaires, chercheurs d’emploi). En 2017, il a obtenu à la fois le prix professionnel de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec et celui du Livre RH de l'année de l'Ordre des CRHA pour l’ouvrage Le candidat viscéral. Il offre ses services à Montréal, dans Lanaudière et à distance. Son site internet regorge de références pratiques pour vous : Les chercheurs de sens.

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