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Les MRC où on travaille le plus (et le moins)


Où travaille-t-on le plus au Québec? Grâce à l’indicateur des taux de travailleurs, MRC et territoire équivalent, 2005-2009, un outil exclusif de l’Institut de la statistique du Québec basé sur les statistiques fiscales des particuliers, nous avons établi un classement des MRC qui comptent le plus de travailleurs parmi leur population de 25 à 64 ans*. Ce palmarès maison permet de mettre au jour les coins et recoins du Québec où le marché du travail est le plus dynamique et, inversement, où il est le plus anémique.

Les 5 MRC les plus travaillantes…

Il s’agit, exception faite de La Nouvelle-Beauce, de MRC situées en banlieue de Montréal et de Québec. Même dans le cas de l’exception, on ne peut parler de région éloignée : à moins d’une cinquantaine de kilomètres de la Grande Allée, Sainte-Marie de Beauce c’est presque la banlieue. Huit des onze MRC affichant un taux de travailleurs supérieur à 80 % sont situées dans la couronne de Montréal, au sud comme au nord.

On a affaire à une sorte de «trou de beigne», puisque dans les villes-centres, les populations comptent moins de travailleurs que dans les couronnes. Puis, dès qu’on s’éloigne de ces dernières, les taux chutent dramatiquement. Par exemple, en filant au nord de Mirabel – notre numéro 1 sur les 104 MRC –, on passe, après quelques kilomètres de route, par la MRC de La Rivière-du-Nord, 32e au classement. On atteint ensuite les Pays-d’en-Haut, qui, sous leurs dehors d’opulence hérités des riches villégiateurs montréalais, se classent à la misérable 67e position, avec un taux de 69,6 %.

Le cas de Montréal est intéressant. De toutes les villes-centres d’importance du Québec (avec Québec, Gatineau, Saguenay, Trois-Rivières et Sherbrooke), elle est celle qui montre le taux de travailleurs le plus faible, soit 67,8 %. Il s’agit d’une performance semblable à certains coins du Lac-Saint-Jean, de la Gaspésie et des cantons les plus reculés de l’Estrie. À la défense de Gérald Tremblay, il faut tenir compte des particularités de la métropole : la présence d’une plus forte proportion de démunis et de personnes âgées qui s’y regroupent afin de bénéficier de services sociaux de proximité, et la concurrence féroce d’un grand nombre de MRC de la banlieue, dont les gigantesques Laval et Longueuil où le métro se rend. C’est aussi le domicile de la presque totalité des immigrants et réfugiés que reçoit chaque année le Québec.

et les 5 MRC les moins travaillantes…

Trois des cinq MRC où le travailleur se fait le plus rare sont situées en Gaspésie (Rocher-Percé, La Haute-Gaspésie et Avignon, dans la baie des Chaleurs). À leur décharge, nos cinq malheureuses partagent certains attributs : elles sont situées dans la périphérie du Québec, très loin des grands centres. Elles sont toutes faiblement peuplées et aucune n’abrite une ville d’au moins 10 000 habitants. Cette absence de chef-lieu plus populeux qu’un gros village fait en sorte que ces MRC ont peu de chances de compter sur des emplois découlant de services régionaux. À l’inverse, la MRC de La Côte-de-Gaspé, où se trouve la ville de Gaspé (15 000 habitants), bénéficie d’un taux de travailleurs nettement supérieur (66,7 %), bien qu’elle soit voisine de palier de la MRC du Rocher-Percé.

Parmi les MRC qui évitent de peu la cave du classement, notons la Matawinie (l’extrême-nord de Lanaudière, avec 60,6 %) et Antoine-Labelle (l’extrême-nord des Laurentides, avec 60,7 %). Deux sous-régions où l’industrie forestière était reine, avec laquelle elles ont été déchues. Pas très loin du lot, Shawinigan, un coin de la Mauricie, figure parmi les plus affectées par la désindustrialisation au Québec, avec un taux de travailleurs de 60,9 %.

* Le choix de la tranche d’âge de 25 à 64 ans permet de retirer des données les groupes d’âge les moins susceptibles de travailler, peu importe la santé du marché du travail. Ainsi, une MRC où vivrait une forte proportion d’étudiants et de retraités pourrait avoir l’air d’offrir peu d’emplois pour ses habitants, alors que ce n’est pas nécessairement le cas.

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