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Le marché de l’emploi en Chaudière-Appalaches en 2014

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Avec un centre urbain axé sur les services, et des régions plus rurales où l’agriculture et la fabrication de biens demeurent des moteurs économiques importants, la Chaudière-Appalaches offre un paysage contrasté. Un bassin de main-d’œuvre limité pourrait toutefois ralentir la croissance.

Depuis 10 ans, la région de la Chaudière-Appalaches figure parmi les premiers de classe au Québec, tant pour son haut taux d’activité (66,7 % en 2012) que pour son bas taux de chômage (4,6 % en 2012).

«Mais les chiffres ne disent pas tout. Lévis connaît une croissance fulgurante, mais l’économie de municipalités plus excentrées et rurales va un peu moins bien», note Christian Audet, directeur régional du bureau d’affaires Québec – Chaudière-Appalaches à l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.

En 2012, la région a perdu 6 200 emplois, selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). «Toutefois, comme la population active a diminué davantage que le nombre d’emplois, le taux de chômage a continué de chuter», fait remarquer Dominique Bois, économiste à Emploi-Québec.

Lévis, ville de services

Le secteur des services représente plus des deux tiers des emplois dans la région, d’après l’ISQ. De 2008 à 2012, il s’est créé plus de 12 000 postes dans ce domaine, alors que celui de la production de biens en perdait 5 300. Cela tient beaucoup à Lévis, «où les services représentent environ 80 % de l’emploi total», note Michel Caseault, conseiller en développement économique à la Direction du développement, Service du développement commercial, du tourisme et de la promotion à la Ville de Lévis.

Après des années de vaches maigres, le secteur manufacturier a redressé la tête en 2013.

La finance et les assurances représentent environ 8 000 emplois, uniquement à Lévis, soutient Michel Caseault. À l’échelle de la région, la proportion d’emplois dans ce domaine a fait un bond de 14 % en 2012, selon l’ISQ. À lui seul, le Mouvement Desjardins, qui construit un nouvel immeuble LEED de 15 étages à Lévis, en crée environ 200 à 250 par an. Ce champ d’activité est aussi soutenu par l’arrivée d’un nouvel immeuble de l’assureur Promutuel à Lotbinière.

Course à la main-d’œuvre

Après des années de vaches maigres, le secteur manufacturier a redressé la tête en 2013. «Après avoir perdu 10 600 emplois de 2002 à 2012, il en a gagné 4 000 dans les 6 premiers mois de 2013», note Dominique Bois. Signe de ce renouveau, le chantier maritime Davie a embauché 540 travailleurs en 2013 et en emploiera près de 500 autres en 2014. ­­Cependant, la situation demeure fragile. L’entreprise s’affaire actuellement à construire trois navires, mais nul ne sait si elle réussira à remplir suffisamment son carnet de commandes pour assurer sa survie.

Le plus gros défi de la région demeure cependant de trouver de la main-d’œuvre. En Beauce, soudeurs, usineurs, machinistes et monteurs d’acier de structure se font rares. À tel point que certaines entreprises hésitent avant d’investir dans un agrandissement ou de nouveaux équipements, de peur de manquer de personnel, explique Claude Morin, directeur général du Conseil économique de Beauce.

Une piste de solution est explorée : la filière ­française. Une mission en France, dans le cadre de la campagne Viens te souder au Québec, a permis de recruter 24 travailleurs français. Ils seront formés en soudure dans la région et pourront commencer à travailler dès 2014. Au printemps prochain, la région pourrait tenter une aventure similaire, mais dans l’industrie du bois.

Les tendances démographiques

Selon l’Institut de la statistique du Québec, la croissance démographique de la région reste inférieure à la moyenne québécoise, en dépit d’une accélération à la fin des années 1990, principalement due à une hausse des naissances.

La population augmente principalement à Lévis et dans les MRC voisines. Ainsi, de 2006 à 2012, Lévis, La Nouvelle-Beauce et Lotbinière ont connu un taux d’accroissement avoisinant les 10 personnes par tranche de 1 000 individus, alors que la population des MRC des Etchemins et de L’Islet ont diminué respectivement de 7,1 et 5,2 personnes sur 1 000 habitants.

À 43,4 ans, l’âge médian est plus élevé dans cette région que dans l’ensemble de la province (41,5 ans). Toutefois, la MRC de La Nouvelle-Beauce (38,9 ans), la région de Lévis (40,9 ans) et la MRC Robert-Cliche (40,8 ans) sont beaucoup moins touchées par le vieillissement de la population que les MRC des Appalaches (49,9 ans), de L’Islet (48,7 ans) ou de Montmagny (48,6 ans).

À signaler

  • Texel, un fabricant de matériaux techniques, a agrandi son usine de Sainte-Marie, ce qui permettra de créer de 25 à 30 postes.
  • PhasOptx Telecom, spécialisé dans la fabrication et la commercialisation de produits liés à la fibre optique, s’est implanté dans le parc industriel de Disraeli. L’entreprise a généré une soixantaine d’emplois en 2013 et pourrait en créer 40 autres entre 2014 et 2016.
  • La phase 1 du parc technologique Innoparc, à Lévis, créera 1 200 emplois au cours des 5 à 7 prochaines années grâce à des investissements de 100 millions de dollars.
  • L’ouverture du Carrefour Saint-Romuald est prévue pour 2014-2015 et devrait générer environ 500 emplois. On y trouvera notamment des grandes surfaces comme Costco, des immeubles de bureaux, des restaurants, des commerces et des logements.
  • Innoventé a commencé à vendre l’électricité qu’elle produit à sa toute nouvelle usine de cogénération de Saint-Patrice-de-Beaurivage. Elle alimentera 8 000 foyers au cours des 25 prochaines années, en plus de créer une soixantaine d’emplois.

    • Sur le terrain

      Avec ses usines à Saint-Georges, Saint-Victor et Beauceville, en plus d’une autre à Fall River aux États-Unis, Groupe Victor fabrique des panneaux de tissu pour les bureaux à cloisons, du tissu pour recouvrir des chaises et des rideaux d’hôpital.

      «En 2012, l’entreprise a rapatrié la fabrication de tous les tissus commerciaux de Fall River à l’usine de Saint-Georges, jugée plus performante», explique Jason Henry, coordonnateur des ressources humaines. Cela a créé 25 nouveaux postes. La PME compte plus de 210 employés, dont la plupart travaillent en usine (mécaniciens, opérateurs, journaliers).

      Jason Henry admet que ce type de main-d’œuvre se fait rare. Pour recruter, Groupe Victor a eu recours à Emploi-Québec, aux sites Web, aux journaux, aux publicités distribuées de porte en porte et aux journées carrières, mais aussi à d’autres méthodes plus inusitées. Ainsi, l’entreprise a demandé à l’annonceur officiel de l’aréna local de communiquer ses offres d’emploi entre les périodes des matchs d’une équipe de hockey, le CRS Express de Saint-Georges!

      L’emploi au Québec

      Portrait du marché de l’emploi dans les régions du Québec en 2014


      Cet article est tiré du guide Les carrières d’avenir 2014.

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