Portrait métier :
Massothérapeute

Ce mois-ci nous découvrons un métier très recherché présentement au Québec, celui de massothérapeute.

Matthieu Tremblay est massothérapeute à son compte sous la marque Shen Massothérapie depuis 13 ans, et aujourd’hui il nous présente son métier dans les moindres détails!

Jobboom : En quoi consiste le métier de Massothérapeute?

Mathieu Tremblay : Un massothérapeute est une personne qui effectue des massages professionnels dans le but d’aider un client au moyen d’un ensemble de manœuvres et de manipulations basées sur ses connaissances, son expérience et ses techniques.

La définition précise peut varier puisque, en fonction de son lieu de travail et du style de massage qu’il pratique, chaque massothérapeute opère différemment.

JB : Quelles sont les compétences primordiales?

M.T : Nous travaillons avec des êtres humains et non simplement avec leur corps. Avoir de bonnes compétences relationnelles est primordial. Un malaxage de robot, ça existe déjà, il y a des machines qui le font très bien, et ce n’est pas ce que le client recherche.

Il y a le savoir et le savoir-faire, qui viennent de la formation, des expériences, et de sa pratique, puis il y a le “savoir-être”, et cela, chacun le développe comme  thérapeute. C’est ce qui enrichit le toucher du thérapeute et qui le rend unique.

JB : Quels sont les traits de personnalités particulièrement utiles aux massothérapeutes?

M.T : Le respect est, de loin, le plus important. Il y a le respect du client, mais aussi le respect du thérapeute. Un thérapeute peut souvent tomber dans le piège du “sauveur”, et ça, c’est traître. Pour beaucoup, l’objectif est d’aider tout le temps tout le monde. Mais c’est une pratique qui peut être drainante très rapidement. Le « sauveur » ne pourra plus aider ses présents et futurs clients s’il ne respecte pas ses limites. C’est un peu le même principe que pour les sauveteurs : sauve les gens de la noyade, mais ne te noie pas avec eux!

Aussi, il faut avoir beaucoup d’écouter et d’empathie, mais rester neutre. Souffrir avec l’autre n’est souvent pas constructif. Il faut pouvoir bien comprendre et identifier la douleur pour ensuite fournir le meilleur service possible, ou une référence vers un autre thérapeute au besoin. Il faut garder une distance professionnelle même si c’est une relation qui inclue des contacts physiques et parfois des renseignements personnels sur la vie des clients.

JB : S’agit-il d’un emploi qui demande de la passion, ou est-ce un emploi qui est faisable sans attachement?

M.T : Je crois qu’il est possible de faire ce travail sans passion, mais je crois aussi que ces massothérapeutes n’en feront pas une longue carrière. C’est un service qu’on ne peut pas fournir en étant complètement détaché. Comme il y a un échange humain, il faut qu’il y ait un don de soi. Un client qui se fait masser par un massothérapeute qui n’est pas dans son élément de choix ressentira certainement que le service n’est pas aussi bon qu’il pourrait l’être

JB : Quels sont les principaux défis à surmonter?

M.T : Je dirais que le premier défi est de savoir exactement ce que l’on veut en tant que massothérapeute. Il y a un grand nombre de massothérapeutes qui travaillent en spa, et c’est là où commencent la majorité d’entres nous, alors que d’autres sont impatients de démarrer leur entreprise. Certains travaillent sur la route et ne font que de l’événementiel ou travaillent toujours à domicile, directement chez les gens. Il y a aussi souvent un mélange de toutes ces façons. Donc, le plus important, c’est d’identifier ses options et ce que l’on veut faire. Cela aide aussi à savoir dans quoi chacun est bon.

Il faut bien établir le service que l’on offre, et quelles sont les limites de sa profession. Et cela se concrétise dans des choses aussi simples que savoir combien de temps on veut travailler, à quelle heure on souhaite commencer et combien de massages on veut – et peut – bien réaliser quotidiennement.

JB : A quoi ressemble une journée type?

M.T : Ça n’existe pas, il n’y a pas de client type! Un employé en spa aura une certaine routine, parce qu’il aura des horaires à respecter et qu’il y a un encadrement plus important. Mais pour un travailleur autonome, même si on recevait les mêmes 3 ou 4 clients tous les jours, ce qui est improbable, ils ne seront pas dans le même état. IL faut toujours s’adapter.

Même s’il y a parfois une certaine routine qui s’installe, les journées sont toujours différentes,  ce qui est extrêmement stimulant!

JB : Quelles sont les possibilités d’avancement?

M.T : Globalement il y a assez peu d’avancement. Tout d’abord, un massothérapeute va généralement se spécialiser dans une technique particulière. En termes d’évolution de carrière, on peut partir à son compte, ce qui peut être une forme d’avancement, ou rester dans un salon de bien-être ou un spa et gravir les échelons de l’entreprise, s’il y en a, et gagner une ancienneté et certains privilèges qui y sont associés.

Une fois à son compte, le seul avancement, c’est de grandir sa clientèle. Dans certains cas, suffisamment pour embaucher d’autres massothérapeutes et créer une entreprise de massothérapie. Dans ce cas, on devient plutôt un chef d’entreprise dont la majorité du temps est occupé par des tâches de gestion. Rendu là, c’est à savoir si l’on souhaite agir comme massothérapeute ou comme gestionnaire. Il est tout à fait possible d’avoir une belle carrière en restant massothérapeute autonome.

JB : Dans quelles industries peut-on trouver des massothérapeutes?

M.T : On en retrouve dans divers endroits, dans les spas bien sûr, mais aussi dans beaucoup de cliniques multidisciplinaires qui regroupent des physiothérapeutes, acupuncteurs, chiropraticiens, ostéopathes, etc. On trouve aussi des massothérapeutes dans des  centres d’esthétisme (coiffure, esthéticiennes, pédicure, etc.).

Il y a aussi des massothérapeutes qui travaillent uniquement sur la route, dans des événements ou auprès des clientèles spécifiques : camionneurs ou employés de bureau par exemple. D’autres s’installent dans les aéroports ou dans des centres publics très fréquentés. On en trouve aussi dans les hôpitaux ou dans les domaines sportifs.

Ce sont bien sûr des environnements de travail très différents les uns des autres.

JB : Quelles sont les carrières vers lesquelles un massothérapeute pourrait facilement  évoluer?

M.T : Un massothérapeute peut être aisément attiré par beaucoup de métiers de la grande famille des thérapeutes puisque le cœur de notre métier est de soulager des êtres humains. Cela peut être coach personnel, travailleur social, psychologue, ostéopathe, acupuncteur, etc. Tous ces métiers nécessitent une formation additionnelle, car la massothérapie est un domaine qui relève de la formation privée et n’est pas en soi un diplôme qui ouvre la porte à une autre profession.

JB : Peut-on apprendre ce métier par soi-même?

M.T : Légalement, oui, parce qu’il n’y a malheureusement pas de loi encadrant la massothérapie. Ça veut dire que n’importe qui peut s’improviser massothérapeute. Mais je ne le recommande pas! Et, en tant que client, c’est quelque chose qui se vérifie! Les associations professionnelles ont des exigences minimales de formation pour tous leurs membres.

Il n’est pas essentiel de passer 2000 heures dans une école pour être heureux comme thérapeute et pour être en mesure d’aider ses clients, mais il faut au moins étudier et pratiquer un minimum afin d’être, d’une part, sécuritaire et, d’autre part, efficace. Apprendre par soi-même aura aussi un gros désavantage : sans diplôme approprié, aucune association professionnelle n’accordera de reçu aux fins d’assurances.

L’une des difficultés, c’est qu’il n’y a pas d’ordre professionnel pour les massothérapeutes. C’est l’association professionnelle dont nous faisons partie qui nous protège juridiquement dans le cadre des écoles et des mouvements approuvés. Si vous inventez une manœuvre et qu’il y a une poursuite judiciaire, votre association ne pourra pas nécessairement vous protéger, car ce mouvement n’était pas reconnu comme une manœuvre de massothérapie. Sans bonne formation encadrée vous pourriez aussi être en tord face à un autre ordre professionnel, par exemple s’il juge que vous faites une manœuvre qui leur est exclusive, comme le craquement de la nuque des chiropraticiens.

JB : Quelles études peut-on faire pour devenir Massothérapeute?

M.T : Les cours de massothérapie s’enseignent dans des écoles privées, au Québec. Il existe des formations de base d’environ 400 heures avec quelques à-côtés pour répondre aux besoins d’une clientèle variée. On peut compléter cette formation en moins d’un an. Selon moi, c’est le minimum. Évidemment, une formation de base ne peut pas tout couvrir. Il y a des dizaines de formations qui durent entre 15 et 1000 heures qui proposent des techniques variées et qui remplissent des besoins différents. Là aussi, il y a beaucoup de choix : il existe des techniques qui se pratiquent sur table, avec huile directement sur la peau. Moi, par exemple, je me suis spécialisé en shiatsu, et je travaille le plus souvent sur un futon, au sol. Les clients portent une tenue souple qui permet les manipulations spécifiques au shiatsu et à ma pratique. Chaque technique à ses formations dédiées.

Le point de vue du recruteur :

J.B : Quelles sont les compétences clés que vous cherchez sur le CV d’un Massothérapeute?

M.T : La première chose que je vais regarder, ce sont ses formations. Je veux qu’il ait suivi plusieurs formations et plusieurs styles de formations pour qu’il soit polyvalent. Après ça, c’est vraiment une question humaine. Le plus souvent, il faut démontrer son savoir-faire dans une séance d’essai.

J.B : En entrevue?

M.T : Il faut savoir adapter son décorum au contrat pour lequel on applique. Il y a une attitude très différente à avoir pour un contrat dans une école ou un contrat dans une entreprise.

Bien savoir verbaliser ses forces et ses limites aux clients est parfois nécessaire, mais il faut surtout savoir bien les verbaliser auprès du recruteur!

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