S’il y a une question qui revient encore et encore dans nos bureaux, c’est celle de la divulgation du handicap lors d’une recherche d’emploi. Doit-on mentionner à un futur employeur que l’on vit avec un handicap? Si oui, à quel moment est-il préférable d’en parler et à quel point devrait-on entrer dans les détails?
Malheureusement, comme vous vous en doutez peut-être, il n’y a pas de réponse unique à cette question. Aucune formule magique n’existe permettant de s’assurer que le fait de vivre avec un handicap n’entraînera pas une stigmatisation auprès du futur employeur. Or, une chose est claire : il est légalement interdit de discriminer quelqu’un sur la base de son handicap. La Charte des droits et libertés de la personne exige que l’entreprise qui vous embauche fasse des accommodements raisonnables afin de vous offrir un environnement de travail adapté à vos besoins.
Cela dit, il est difficile de prouver une telle discrimination dans un contexte d’embauche et l’employeur risque de mettre le tout sur le compte d’un manque d’expérience ou d’une candidature plus impressionnante. Si vous voulez éviter un tel revers et mettre toutes les chances de votre côté, voici quelques éléments à prendre en considération.
1. L’entreprise propose-t-elle un programme d’accès aux personnes handicapées?
Si la réponse à cette question est « non », vous ne devriez pas parler de votre handicap dans votre curriculum vitae ou dans votre lettre de motivation. Néanmoins, de plus en plus d’entreprises offrent des programmes d’accès aux personnes qui vivent avec un handicap afin de prioriser leur candidature et de faciliter leur intégration en emploi. Si c’est le cas de l’entreprise pour laquelle vous postulez, n’allez pas plus loin et répondez au questionnaire d’auto-identification aux groupes ciblés par la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi ou la Loi sur l’équité en matière d’emploi. Sachez que l’auto-identification est volontaire.
2. Votre handicap est-il perceptible ou non?
Il est évident que si vous arrivez en entrevue en fauteuil roulant, votre handicap sera automatiquement divulgué, que vous le vouliez ou non. Vous n’avez néanmoins pas à donner de détails au sujet de celui-ci lors de l’entrevue à moins que vous considériez que ceux-ci pourraient rassurer l’employeur quant à vos capacités à accomplir les tâches du poste à pourvoir. Par contre, si votre handicap n’est pas perceptible, nul besoin d’en parler au premier abord à moins que vous ayez besoin d’adaptations lors de l’entrevue.
3. Avez-vous besoin d’une forme d’adaptation pour l’entrevue ou pour effectuer votre emploi?
S’il est nécessaire pour vous que l’immeuble soit pourvu d’un ascenseur ou que vous aurez besoin d’un clavier en braille pour faire l’entrevue, il sera plus judicieux de vous assurer que les locaux soient accessibles ou que vous aurez tous les moyens nécessaires à votre disposition. Si vous n’avez besoin d’aucune adaptation pour l’entrevue, mais que vous aurez besoin d’adaptation avant d’entrer en emploi, nous vous invitons à attendre d’avoir une confirmation d’embauche avant d’aborder la question du handicap. Vous pourrez demander les accommodements nécessaires lors de la rencontre d’embauche, évitant ainsi une discrimination lors de la sélection.
4. Êtes-vous à l’aise de parler de votre handicap avec votre employeur et vos collègues?
Une fois en emploi, le choix de parler ou non de votre handicap avec vos collègues et votre employeur vous revient entièrement. Certaines personnes seront plus à l’aise d’en parler ouvertement et préféreront que leurs collègues comprennent leur réalité alors que d’autres aimeront mieux garder secrète toute l’information liée à leur handicap. Les deux solutions sont toutes aussi valables et le choix dépend de votre personnalité et parfois de votre niveau de confort dans ce type de situation. Cela dit, si vous avez besoin d’accommodements dont vous n’avez pas parlé en entrevue, n’hésitez pas à en faire part à votre employeur. Vous avez droit à un milieu de travail adapté à vos besoins.
En bref, il n’est pas nécessaire (voire non recommandé) de mentionner votre handicap dans votre curriculum vitae ou lors d’une candidature en ligne à moins qu’il y ait un programme d’accès à l’égalité. Par la suite, la divulgation ou non de votre handicap dépend à la fois de votre situation, mais aussi de votre confort à le faire ou non. Néanmoins, rappelez-vous que la loi vous protège et que l’employeur n’a aucun droit de vous discriminer d’une façon ou d’une autre sur la base de votre handicap.
Si vous croyez avoir vécu de la discrimination lors d’un processus d’embauche ou une fois à l’emploi, n’hésitez pas à communiquer avec L’ÉTAPE pour en parler. L’équipe de L’Étape est également disponible si vous désirez obtenir un soutien dans votre recherche d’emploi. Vous avez le droit d’obtenir un emploi à la hauteur de vos compétences et de vos aspirations!
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