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4 exemples de comment bâtir un réseau à partir de zéro

Disposer d’un bon réseau s’avère souvent essentiel pour se trouver un emploi.

Pour cette raison, nombre de chercheurs d’emploi se plaignent de ne pas connaître suffisamment de gens œuvrant dans leur domaine, ce qui les limite dans leurs options.

Véronique Riel, conseillère en emploi, travaille principalement auprès d’une clientèle immigrante. Elle constate que ceux-ci se retrouvent souvent dans la situation où ils doivent se bâtir un nouveau réseau à partir de zéro, puisqu’ils ne connaissent personne ici.

Pour vous inspirer, elle m’a fait part de multiples exemples qu’elle a pu observer dans sa pratique sur comment se faire connaître alors qu’au départ, on ne connaît justement personne.


1- L’approche d’un extraverti

Véronique a assisté un homme d’affaire œuvrant dans le secteur de la construction et arrivé directement d’Algérie. Nouvellement installé au Nouveau Brunswick, il a décidé d’entreprendre sa recherche de contacts, ce qui chez lui, avait toujours représenté une grande force.

Ayant besoin d’argent rapidement, il souhaitait se trouver un emploi de subsistance. Sa stratégie? : S’habiller en veston cravate comme s’il allait négocier un gros contrat. Il s’est rendu dans un grand hôtel de la région et a demandé à parler au directeur de l’endroit.

Devant sa prestance, le réceptionniste a contacté son supérieur, qui a décidé de lui accorder du temps, curieux de sa demande. Immédiatement, une connexion s’est établie entre eux.

Comme dans toute rencontre d’affaires, notre chercheur d’emploi débuté son interaction par des sujets légers.  Il s’est d’abord intéressé à l’humain plutôt qu’à l’employeur en lui posant des questions chaleureuses, en s’intéressant à son parcours, à son pays d’origine, etc. (tous les deux étaient immigrants).

En favorisant la proximité, il a utilisé son sens de l’humour, en riant de lui-même et de son audace, pour lui faire part de sa demande – un petit boulot dans l’hôtel –  ce qui l’a rendu sympathique.

Peu de temps après, il a obtenu une proposition d’emploi qui lui a permis à la fois d’améliorer considérablement sa maîtrise de l’anglais tout en vivant à fond sa première expérience de travail en sol canadien.

2- L’approche d’un introverti

J’entends souvent des gens présumer qu’en ayant un profil d’introverti, il s’avère beaucoup plus difficile de se développer un réseau.

En fait, les introvertis peuvent parvenir à leur fin eux-aussi. C’est en utilisant des méthodes qui sont davantage à leur image comme en misant sur leurs connaissances et un esprit analytique, plutôt que de mettre leurs efforts pour livrer un discours très expressif.

Véronique m’a fait part de l’histoire d’un docteur d’origine africaine, professeur d’économie à l’université, qui souhaitait travailler dans une banque de Montréal. Connaissant seulement le système nord-américain de façon théorique, Véronique a orienté ce chercheur d’emploi en lui demandant d’abord de visiter les différentes banques en tant que client.

Sa démarche demeurait sincère car il avait vraiment besoin de trouver une banque qui lui convenait. Mais il en a aussi profité pour découvrir les programmes gouvernementaux en matière de fiscalité (REER, CELI, REEE, etc.), les produits et services d’épargne et de placements d’ici (fonds communs de placement, divers portefeuilles, etc.) ainsi que les différents types de prêts.

Pour ne pas étirer chacune des rencontres, il regroupait ses questions par thème.  Pour une banque visitée, il échangeait sur les prêts hypothécaires et à une autre, il abordait le sujet des placements en ligne.

Bien entendu, chaque rencontre ne l’amenait pas à un entretien d’embauche, mais il a pu se construire un bon réseau dans ce milieu, et se tenir informé de la réalité du marché, tout ça en terminant sa formation à l’Autorité des marchés financiers, là où il a eu plus d’une occasion de se faire des contacts.

3- Le bénévolat

Offrir ses services gratuitement est une façon déjà bien connue de s’intégrer à une nouvelle communauté et de démontrer ses compétences.

Toutefois, Véronique est d’avis qu’il ne faut pas faire de bénévolat dans n’importe quel contexte. Elle considère qu’en période de pénurie de main-d’œuvre, il ne faudrait pas envoyer ce message : Si on travaille gratuitement, c’est qu’on n’a pas besoin d’être payé.

Par exemple, une femme médecin, originaire de l’Europe de l’Est, a souhaité soumettre son adhésion au Collège des médecins pour obtenir un stage en milieu hospitalier, mais s’est retrouvée face à un très grand obstacle après avoir effectué du bénévolat.

Pour en apprendre davantage sur le milieu médical d’ici et tenter de développer des contacts, l’omnipraticienne a eu l’idée d’offrir ses services dans un hôpital du centre-ville de Montréal, à raison de quelques heures par semaine à titre de bénévole afin de soutenir des patients en fin de vie.

Si l’expérience a été riche sur le plan humain, elle a dû toutefois admettre que non seulement cette expérience ne l’a pas aidé à en apprendre davantage sur le système de santé du Québec, mais cela ne lui a pas non plus permis de croiser quelconque spécialiste avec lequel elle aurait pu échanger pour obtenir un stage.

4- Grâce aux réseaux sociaux

Véronique m’a fait part du récit de Lionel Azzibrouck, un gestionnaire de projet en web marketing. Il était plutôt découragé par sa recherche d’emploi où il se retrouvait souvent rejeté suite à l’étape de l’entrevue.

Accompagné d’une vidéo où il simulait un entretien avec un employeur, il lança donc ce cri du cœur sur le réseau social Linkedin :

J’essaie de prendre du recul pour pouvoir m’améliorer lors de mes futurs entretiens et j’aimerais avoir l’avis de personnes qui ne me connaissent pas directement.

En demandant des conseils plutôt qu’un poste, la demande de Lionel était beaucoup plus facile à satisfaire et a permis de recevoir des échanges constructifs.

Résultat?  : 278 mentions j’aime et 116 commentaires (au moment où je rédige cet article).

La démarche, pourtant fort simple, lui a permis à la fois de recevoir des conseils gratuits d’experts, mais aussi de se faire connaître.


En conclusion

Si un réseau peut se bâtir à partir de zéro, il peut aussi se dégrader rapidement en raison de votre négligence.

Ne prenez rien pour acquis et sachez faire preuve d’une grande écoute, montrez-vous généreux (sans vous attendre toujours à un retour immédiat) et adaptez-vous en fonction des besoins de l’autre.

Merci à Véronique Riel, conseillère en emploi pour cet article.

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Mathieu Guénette

Mathieu Guénette est un conseiller d’orientation à son compte de plus de 20 ans d’expérience, auteur, chargé de cours et ayant travaillé auprès d’une clientèle variée (jeunes, adultes, gestionnaires, chercheurs d’emploi). En 2017, il a obtenu à la fois le prix professionnel de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec et celui du Livre RH de l'année de l'Ordre des CRHA pour l’ouvrage Le candidat viscéral. Il offre ses services à Montréal, dans Lanaudière et à distance. Son site internet regorge de références pratiques pour vous : Les chercheurs de sens.