Que l’on le veuille ou non, le stress et l’anxiété font souvent partie intégrante d’une démarche de recherche ou d’intégration à un nouvel emploi. On peut ressentir une pression familiale ou sociale à décrocher rapidement un poste, une pression financière à stabiliser sa situation ou encore une pression de performance lors des entrevues. Ces moments de transition rassemblent plusieurs facteurs identifiés par la chercheuse Sonia Lupien comme amplificateurs de stress: faible contrôle perçu, imprévisibilité, nouveauté et estime de soi menacée[1]. Il est donc tout à fait normal que le stress se manifeste dans ces circonstances!
Il importe aussi de distinguer le stress de l’anxiété. L’anxiété se vit dans l’anticipation d’un événement, alors que le stress survient quand l’événement se concrétise. Tous deux sont des réactions naturelles : ils nous préparent à affronter des défis et à mobiliser nos ressources. Bien qu’inconfortables, ils ont aussi une utilité. Une légère anxiété, par exemple, pousse souvent à mieux se préparer avant une entrevue ou à prendre le temps de relire un courriel important. Sans elle, il serait plus facile de négliger certaines étapes.
Comprendre et normaliser le ressenti
Ressentir du stress pendant une période de recherche d’emploi ou lors d’une intégration n’est pas un signe de faiblesse, mais de motivation. Cela signifie que l’on accorde de l’importance à cette étape de vie. Plutôt que de lutter contre ces émotions, il peut être salvateur de les accueillir : elles font partie du processus.
L’incertitude face à l’avenir, le manque de rétroaction des employeurs, la pression financière ou la peur de ne pas être à la hauteur sont autant de sources légitimes de tension. Face à ce manque de contrôle, se recentrer sur ce qui dépend de soi — actualiser ses outils de promotion, améliorer son employabilité par des formations d’appoint, le rythme et l’intensité de ses démarches (dans le respect de son biorythme), sa préparation aux entrevues — permet souvent d’apaiser une partie du stress en orientant son énergie sur ce que l’on contrôle.
L’entrevue : une rencontre, pas un jugement
Parmi les étapes les plus redoutées, l’entrevue revient fréquemment. Pourtant, elle ne doit pas être perçue uniquement comme une évaluation. Chaque entrevue est aussi une expérience d’apprentissage : on y affine sa présentation, on découvre de nouvelles questions, on ajuste ses réponses. Et surtout, on se rapproche de l’emploi souhaité.
Rappelons également que le stress n’est pas réservé aux candidats! L’employeur aussi cherche la bonne personne et la sélection d’un candidat sous-optimal pour le poste peut lui coûter cher. L’entrevue n’est donc pas utile qu’à l’employeur. Elle sert aussi au candidat qui cherche à s’assurer qu’il rejoindra une organisation qui lui convient. L’entrevue demeure donc en soi une rencontre entre deux partis qui souhaitent que ça fonctionne.
Les défis de l’intégration
Une fois l’emploi obtenu, le stress ne disparaît pas toujours : il se transforme. L’arrivée dans un milieu jusque-là inconnu apporte son lot de nouveautés : collègues à connaître, attentes parfois floues, processus à apprendre, culture d’équipe et organisationnelle à comprendre, confiance en soi à rebâtir dans un nouveau contexte. Cette phase d’adaptation demande une importante énergie mentale et émotionnelle.
Se rappeler que la courbe d’apprentissage est normale et que les compétences se développent avec le temps permet de diminuer l’occasionnel découragement. Rappelez-vous aussi que les gens qui vous côtoient dans ce nouvel emploi sont aussi passés par là. Poser des questions, observer et demander du feedback sont des comportements professionnels et non pas des signes d’insécurité.
Cultiver la bienveillance envers soi
Le stress et l’anxiété accompagnent souvent les périodes de transition. Ils rappellent que nous sommes engagés, que nous avançons malgré l’incertitude. Pour les apprivoiser, il peut être utile de s’offrir des pauses, de célébrer les petites victoires et de s’entourer de soutien.
Le stress en recherche ou changement d’emploi n’est pas notre ennemi, mais plutôt un messager. Il nous indique que nous sommes en mouvement, en train de bâtir quelque chose qui a du sens pour nous. Et c’est souvent le signe qu’on est dans la bonne direction.
[1] https://stresshumain.ca/le-stress/comprendre-son-stress/source-du-stress/
Écrit par Fanny Smolsky, conseillère d’orientation organisationnelle et Vincent Fulham-Léonard, conseiller d’orientation chez BrissonLegris