Mon meilleur conseil lorsqu’on se sent (un peu) extraterrestre
Durant mes études secondaires, il m’arrivait souvent de me sentir différente. Pendant que mes amies écoutaient Michael Jackson, chez nous, c’était Gilles Vigneault qui jouait.
À l’université, alors que j’étudiais les sciences de l’orientation, certains tests psychométriques m’ont aidé à mieux comprendre que les facettes artistique et scientifique étaient plus prédominantes chez moi que chez mes collègues de classe. Parfois, cette différence m’amusait, d’autres fois, elle me préoccupait.
Une fois sur le marché du travail, j’ai pu mieux comprendre. En me comparant encore un peu, j’ai réalisé que j’étais en fait une bolée, une nerd, comme on dit. J’analyse, je cherche des liens et des explications. J’échafaude des hypothèses que je tente de vérifier. Je me réfère à des sources, des théories, des modèles. J’élabore aussi mes propres modèles et schémas que je suis fière de montrer, mais qui ne suscitent pas toujours autant d’intérêt chez l’autre.
J’ai alors décidé d’assumer et de développer à fond cette facette en complétant des études doctorales. En matière de modèles et d’analyse, j’ai été servie! Alors, un premier conseil, quand on se sent un peu extraterrestre : accentuer nos différences peut permettre de les transformer en forces qui nous permettront de nous démarquer positivement.
Cependant, même au sein de la communauté scientifique, je me sentais encore un peu extraterrestre. J’avais du mal à utiliser ma créativité et mon empathie comme je le souhaitais. Je n’étais pas qu’une bolée, finalement! J’avais oublié mon côté artiste et mon côté humain. J’ai alors poursuivi ma quête comme conseillère en développement des compétences. Jusqu’à maintenant, c’est là que j’arrive à exploiter le plus mes trois différences préférées, soit ma capacité d’analyse, ma créativité et mon empathie. Ce sont trois forces que je creuse comme des sillons pour apporter une contribution significative et unique. Donc, un deuxième conseil, quand on se sent un peu extraterrestre : diversifier nos forces peut permettre de se réaliser plus pleinement.
Si je repense au chemin parcouru, je dirais que j’ai tenté d’identifier quelques caractéristiques qui me différencient et de les formuler positivement, puis de les amplifier, pour être encore plus extraterrestre! Sinon, qu’est-ce que j’apporte de plus à mon équipe?
Qui est Marie Cardinal-Picard, conseillère d’orientation?
Après un passage dans un organisme communautaire d’insertion sociale et professionnelle, Marie Cardinal-Picard a obtenu un doctorat en éducation et fréquenté le milieu universitaire comme chargée de cours et professionnelle de recherche. Depuis 6 ans, elle fabrique des programmes de développement des compétences pour les employés de la Ville de Montréal.
Elle utilise son empathie pour comprendre et évaluer les besoins et attentes des gestionnaires et employés, sa capacité d’analyse pour débusquer les enjeux de l’organisation à considérer dans le développement des projets et rechercher les meilleures pratiques organisationnelles et sa créativité pour élaborer des solutions de développement des compétences adaptées et innovantes. Pour en savoir davantage sur les carrières à la Ville de Montréal, consultez le site en cliquant ici.