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Travailler dans la fonction publique : état de compte

Moins connu que le monde des cabinets et entreprises privés, le secteur public offre pourtant un vaste terrain de jeu pour les comptables. Trois d’entre eux dévoilent les diverses facettes de ce secteur d’emploi.

Devenir fonctionnaire, une vocation? Plutôt l’envie d’accéder rapidement à des mandats prestigieux, pour Éric Thibault, CA, vice- président Finances et Contrats à la Société immobilière du Québec. «À la fin de mes études, je ne m’étais pas demandé si je voulais travailler dans le public ou le privé. En revanche, je savais que je voulais passer ma vie à travailler sur des mandats intéressants et variés.»

Le déclic s’est fait dès son entrée comme CA au Bureau du Vérificateur général du Québec, en 1996, où il a pu effectuer des mandats de vérification auprès d’entreprises d’envergure comme Hydro-Québec.

Marie-Claude Guérard, CGA, chef principale des finances à l’Agence spatiale canadienne, n’avait pas la fonction publique dans sa ligne de mire à la fin de ses études. «Quand je faisais mes études, les occasions d’emploi offertes par le secteur public étaient encore mal connues et considérées comme peu attrayantes. Je me voyais donc plutôt travailler au sein d’un cabinet privé.»

Aujourd’hui, elle supervise pourtant près de 70 personnes et joue un rôle décisionnel au sein du comité de direction de l’Agence spatiale canadienne. Un emploi gratifiant et stimulant comme elle en rêvait!

L’avantage du titre

Pour un comptable, intégrer le secteur public, autant provincial que fédéral, ne relève pas du parcours du combattant mais nécessite quelques efforts. «Comme pour tout emploi dans la fonction publique, il faut passer par un processus de sélection et réussir les concours d’entrée, qui comprennent des examens et des entrevues», explique Marie-Claude Guérard. D’après elle, s’il n’est pas toujours nécessaire d’avoir un titre pour prétendre à un poste dans le public, c’est tout de même préférable.

Un avis que partage Marcel Poirier, gestionnaire de la division de la comptabilisation, recettes et rapports financiers à l’Agence des services frontaliers du Canada depuis 2005 : «Le titre est un atout considérable pour atteindre des postes de direction, c’est la règle partout et le public n’y échappe pas.»

Fort de ce constat, Marcel Poirier a entrepris le Programme exécutif CMA-MBA en 2008 pour devenir CMA à l’été 2011. Auparavant, il travaillait à l’Agence du revenu du Canada en tant qu’analyste financier et y avait gravi les échelons. «Cet encouragement à progresser et les conditions offertes pour concilier études, travail et vie personnelle sont certains des aspects qui me plaisent le plus dans le public», explique ce père de quatre enfants qui envisage d’enseigner prochainement la comptabilité tout en continuant de travailler au sein de l’Agence des services frontaliers.

La voie royale

Les stages en comptabilité sont une excellente occasion de découvrir le secteur public. «Dans mon cas, cela m’a ouvert les yeux sur les possibilités de carrière offertes», affirme Marie-Claude Guérard, qui, en 1991, a effectué des stages de quatre mois à Transports Canada et à Statistique Canada.

L’une des voies privilégiées, selon elle, consiste à intégrer l’un des programmes pour les stagiaires mis en place au fédéral, comme le Programme de recrutement et de perfectionnement des agents financiers et des vérificateurs internes (Programme RPAF/RPVI). «Il y a également des programmes qui recrutent et forment les diplômés universitaires intéressés à faire carrière en finances ou en vérification interne au sein de la fonction publique fédérale», ajoute-t-elle.

Éric Thibault conseille de bien choisir l’organisme où effectuer son stage. «Pour les CA, le stage comporte souvent une partie en vérification et une autre en comptabilité. Et tous les organismes publics ne permettent pas de voir ces deux facettes au sein de la même entité.»

Conseils pour réussir

Pour réussir dans la fonction publique, il faut tenir compte d’un certain nombre de spécificités. «La comptabilité demeure la comptabilité. Mais le cadre public impose un certain nombre de règles, de normes spécifiques avec lesquelles il faut composer», affirme Marcel Poirier, gestionnaire de la division de la comptabilisation recettes et rapports financiers à l’Agence des services frontaliers du Canada. Il recommande aux nouveaux venus de trouver un mentor, c’est-à-dire un comptable possédant de l’expérience, à qui ils pourront demander conseil sur les aspects professionnels et interpersonnels du travail.

L’attente en matière de qualité du travail ne diffère pas de celle dans le secteur privé, mais la comptabilité publique a ceci de particulier qu’elle est sous la loupe. «Nous devons rendre des comptes à notre direction, mais aussi aux médias ou aux citoyens, car c’est leur argent que nous gérons. Cela nous impose une grande minutie et un suivi serré des dossiers», assure Éric Thibault, CA, vice-président Finances et Contrats à la Société immobilière du Québec.

Une entrée, mille possibilités

Tous s’accordent pour dire qu’une fois qu’on est admis, les choix de carrière sont quasi illimités. Analyste, planificateur, agent de terrain, etc. Il y en a pour tous les goûts.

«La mobilité est l’un des avantages majeurs du secteur public : il y a une grande diversité d’emplois et de mandats», affirme Éric Thibault, qui est successivement passé du Bureau du Vérificateur général du Québec au ministère des Finances, avant d’être employé à la Société immobilière du Québec. «Et, contrairement au privé, pour des postes similaires, la mobilité dans le public permet de conserver tous ses acquis et son ancienneté!» se réjouit-il.

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