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Pourquoi la formation professionnelle a (encore) besoin d’être valorisée

soudeur

Même si les perceptions ont évolué, la formation professionnelle souffre encore d’un problème d’image.

Vous souvenez-vous de cette publicité qui circulait il y a quelques années, dans laquelle des parents étaient décontenancés d’apprendre que leur fils avait décidé d’entreprendre un DEP en soudure? Ceux-ci finissaient par accepter sa décision et lui dire qu’il serait «le meilleur soudeur». Comme si choisir la formation professionnelle était l’équivalent de sortir du placard; qu’il fallait prendre son courage à deux mains et avouer sa vraie nature, au risque de subir l’opprobre de sa famille.

Bien que les perceptions aient évolué depuis, la formation professionnelle souffre encore de plusieurs préjugés. Trop souvent, on croit, à tort, que cette formation s’adresse uniquement aux décrocheurs ou aux jeunes éprouvant des difficultés à l’école.

La formation professionnelle se ne porte pourtant pas mal, au contraire. La proportion des 25-64 ans diplômés d’une école de métier atteignait 17,4 % en 2012, alors qu’elle était de 13,6 % au tournant du millénaire et de 9,5 % en 1990, selon l’Institut de la statistique du Québec. L’augmentation est particulièrement forte dans les régions; le taux atteint par exemple 28 % dans le Centre-du-Québec, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et dans la Chaudière-Appalaches. Par ailleurs, la proportion de femmes titulaires d’un DEP a plus que doublé depuis 1990.

Mais une statistique montre qu’il reste encore du travail à faire : à peine un diplômé de la formation professionnelle sur cinq est âgé de moins de 20 ans, et cette proportion stagne depuis le début des années 2000.

Cela signifie donc que c’est toujours une forte minorité de la clientèle de la formation professionnelle qui choisit cette voie directement après les études secondaires. La grande majorité y aboutit après avoir passé quelques années sur le marché du travail ou tenté des études collégiales. Bref, la formation professionnelle est rarement le premier choix.

On peut se demander pourquoi les élèves ne se dirigent pas dès le départ vers la formation professionnelle. Les hypothèses sont variées : méconnaissance des débouchés, opinion défavorable des parents, manque d’information.

Peu importe la réponse, un fait demeure : la formation professionnelle est encore considérée comme un prix de consolation.

Comment rendre la formation professionnelle plus attrayante? On pourrait tout d’abord la dynamiser, comme le proposait la semaine dernière le Parti libéral du Québec avec une série d’engagements visant notamment à bonifier la part des stages dans le cursus d’enseignement.

Mais ce dont la formation professionnelle a vraiment besoin, c’est qu’on parle d’elle. Qu’on fasse connaître les métiers auxquels elle peut mener. Il y a ceux de la construction, certes, mais il y en a d’autres en agriculture, en tourisme, en santé. Certains diplômés peuvent aussi devenir entrepreneurs; par exemple, près de la moitié des diplômés en production acéricole acquièrent de petites érablières ou reprennent l’entreprise familiale.

Il est certain que ce type de formation est particulièrement approprié pour les personnes qui éprouvent des difficultés scolaires, puisque les programmes sont moins longs et plus pratiques que théoriques. Mais c’est avant tout une voie rapide vers le marché du travail, vers des métiers tout à fait respectables, qui permettent de gagner sa vie aussi bien qu’un diplôme technique ou universitaire.

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Simon Granger

Simon Granger s'intéresse aux enjeux touchant la formation, l'orientation professionnelle et l'accession au marché du travail. Il aime le café filtre, le point-virgule et les mots croisés.

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