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Négocier son premier contrat en TIC

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Pas si simple de négocier un premier contrat de travail. Certains n’osent pas demander le salaire qu’ils désirent, alors que d’autres oublient d’insister sur les horaires ou les vacances. Quelques trucs pour tirer le meilleur parti de ses négociations avec l’employeur.

Tiré du magazine Les carrières des TIC 2014.

À peine sorti de Polytechnique Montréal, l’ingénieur logiciel Vincent Simard était déjà en voie de décrocher un poste de développeur .NET chez Groupe GSoft, une entreprise montréalaise spécialisée dans le développement de logiciels sur mesure. L’ultime entrevue avec une dame des ressources humaines, le patron et deux futurs collègues se déroule si bien que l’on en arrive au moment fatidique : négocier le salaire et les conditions de travail. «J’avais fait mes recherches sur le site de Polytechnique pour connaître le salaire moyen des diplômés en génie logiciel, confie-t-il. J’ai demandé un peu plus. Ma demande a été rapidement acceptée.»

Les grandes entreprises offrent souvent de très gros salaires, mais exigent en contrepartie une dévotion quasi totale.

Éric Bégin, président de Nebbio, une firme de Québec spécialisée en développement de solutions d’affaires mobiles, se retrouve généralement de l’autre côté de cette discussion. En tant que patron, il doit offrir des conditions de travail et des salaires attrayants, dans un marché où la main-d’œuvre est rare, sans surpayer ni créer de frictions avec les travailleurs déjà à son service. Tout un contrat!

Pour y arriver, il tente de standardiser les salaires d’entrée, tout en se gardant du jeu pour faire de bonnes offres aux candidats jugés les plus intéressants. «L’idéal, pour nous, est souvent de s’entendre sur un salaire pour une période d’essai de six mois ou un an, puis de le réévaluer», dit-il.

La bourse ou la vie?

Marie Nakhlé est chargée de recrutement à la firme Modis, qui se consacre presque exclusivement aux travailleurs en TIC. Elle souligne que le candidat est souvent confronté à un dilemme : décrocher un gros salaire ou obtenir des conditions de travail favorisant sa qualité de vie, comme des horaires flexibles, de plus longues vacances ou l’assurance de ne pas faire continuellement des heures supplémentaires. Selon elle, les grandes entreprises offrent souvent de très gros salaires, mais exigent en contrepartie une dévotion quasi totale. À l’inverse, les PME, moins compétitives sur le plan des salaires, misent beaucoup sur les conditions de travail.

«Il faut prendre soin de communiquer nos attentes à l’employeur», avance pour sa part Jérôme Côté, cofondateur de 37-2, une firme-conseil en rémunération, performance et gouvernance d’entreprise. Trop souvent, les candidats sont préparés à répondre à des questions, mais oublient d’en poser.» C’est pourtant le moment idéal pour discuter des clauses du contrat, et surtout découvrir la philosophie de l’entreprise. Le contrat indique un salaire annuel sur la base de semaines de 37 ½ heures, mais devrez-vous régulièrement en travailler 45? Aurez-vous à effectuer plusieurs tâches connexes, comme c’est parfois le cas dans les petites entreprises? À quelle fréquence sont négociées ou offertes les augmentations de salaire? L’entreprise verse-t-elle des bonis? Ce ne sont pas les questions qui manquent!

Miser sur sa personnalité

L’issue de la négociation dépendra en grande partie de votre attitude lors de l’entretien d’embauche. Selon Jérôme Côté, discuter du salaire d’entrée de jeu est une erreur. «Cela donne l’impression que l’on n’est pas intéressé à contribuer à l’entreprise, mais juste à décrocher le meilleur salaire possible, dit-il. Mieux vaut attendre d’avoir une offre formelle avant d’aborder la question.»

De son côté, Marie Nakhlé conseille de ne pas se surévaluer et croire que l’on peut exiger un salaire très élevé dès le départ. Bien que les diplômes, les compétences et le bilinguisme soient des caractéristiques importantes, c’est surtout la personnalité qui aide à décrocher un bon salaire et de bonnes conditions de travail. «Les gens doivent avoir envie de travailler avec vous et croire que vous serez un atout pour l’équipe», soutient-elle.

Enfin, faire une fixation sur le salaire est une mauvaise idée. Jérôme Côté rappelle que pour un premier emploi, ce n’est pas nécessairement ce qui compte le plus. «Ce premier emploi doit favoriser l’apprentissage et la progression de la carrière, lance-t-il. Avoir l’occasion de travailler sur des projets intéressants et obtenir des formations pertinentes valent beaucoup mieux que de gagner 3 000 $ de plus par année.»

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