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Le marché de l’emploi dans la Capitale-Nationale en 2014

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La concentration du secteur public dans la Capitale-Nationale stabilise l’économie de la région. Parallèlement, la diversification dans des secteurs de pointe comme les sciences de la vie ou les technologies de l’information lui confère du dynamisme. C’est le meilleur des deux mondes!

En 2012, la croissance de l’emploi a été limitée dans la région en raison de la faible demande liée à une économie mondiale au ralenti. Malgré tout, le taux d’activité a augmenté dans la Capitale-Nationale, atteignant même un record pour la région. Celle-ci a également maintenu un taux chômage très bas, 5,7 %, qui la classe au deuxième rang à l’échelle de la province, derrière la Chaudière-Appalaches.

Nous recevons entre 300 et 400 projets de démarrage d’entreprise par année, dont la moitié est initiée par des jeunes de moins de 35 ans.
– Jacques Fiset, Centre local de développement de Québec

Guy Faucher, économiste à Emploi-Québec, note que l’industrie des services occupe une place de choix dans la capitale provinciale. «Environ 88 % des emplois de la région se trouvent dans ce secteur, comparativement à 78 % pour l’ensemble du Québec», dit-il. De fait, en 2012, le secteur des biens a perdu 9 200 emplois, alors que celui des services en a gagné 15 200.

La fonction publique est un joueur important dans la région, notamment dans les soins de santé et l’enseignement; elle englobe près de neuf emplois sur dix. Selon l’Institut de la statistique du Québec, l’investissement dans les services publics a grimpé de 21 % en 2013. «Depuis 2008, la population de Québec a augmenté de façon constante, chaque année, en raison d’un boum des naissances et d’un afflux d’immigrants, ce qui crée une demande supplémentaire de services sociaux et éducatifs», souligne Louis Gagnon, économiste à Québec International.

Des secteurs clés

Québec International a recensé six industries clés contribuant à la croissance économique de la région : assurances et services financiers, sciences de la vie, technologies de l’information et des communications (TIC) et électronique, transformation alimentaire, bâtiment vert et intelligent, matériaux à valeur ajoutée et matériel de transport.

Certaines sont particulièrement porteuses d’emplois comme celle des TIC et de l’électronique (32 500 emplois directs et indirects), ainsi que celle des assurances et services financiers (45 300 emplois directs et indirects).

D’autres sont plus modestes mais s’étendent à l’ensemble de la région. C’est le cas du tourisme, qui touche les zones de Charlevoix, de Portneuf et de l’île d’Orléans. D’importants projets, comme la construction d’un hôtel dans le Massif de Charlevoix grâce à une entente avec le Club Med, pourraient générer de nombreux emplois.

Fibre entrepreneuriale

L’esprit d’entreprise est très présent dans la région, selon Jacques Fiset, directeur général du Centre local de développement de Québec. «Nous recevons entre 300 et 400 projets de démarrage d’entreprise par année, dont la moitié est initiée par des jeunes de moins de 35 ans», note-t-il.

Il donne en exemple Nyx Hemera Technologies. Cette PME de huit employés située à Québec est spécialisée dans la mise au point de systèmes d’éclairage intelligents pour les tunnels routiers. Depuis 2010, elle a décroché des contrats auprès de clients dans les marchés canadien, américain et asiatique, et elle en courtise d’autres en Océanie à l’heure actuelle. Elle a notamment réalisé l’éclairage du plus gros tunnel du sud de l’Asie, le Kallang Paya Lebar Expressway de Singapour.

Les tendances démographiques

À 43 ans, l’âge médian de la région dépasse la moyenne québécoise (41,5 ans). En revanche, la Capitale-Nationale n’a aucun problème à retenir ses jeunes; au contraire, elle en attire! «Les cégeps et l’Université Laval leur permettent d’étudier ici, et attirent même des jeunes d’autres régions», note Christian Audet, directeur régional du bureau d’affaires Québec – Chaudière-Appalaches à l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.

Ainsi, en 2011-2012, la région a connu un solde migratoire interrégional positif chez les 20-24 ans (+ 1 287), selon l’Institut de la statistique du Québec. Elle constitue également la quatrième région d’établissement des immigrants, après Montréal, la Montérégie et Laval.

La population de la Capitale-Nationale n’a cessé de croître depuis les années 1990. Depuis 1996, son taux de croissance a presque quadruplé, ce qui a permis à la région de dépasser la moyenne québécoise pour la première fois en 15 ans.

À signaler

  • Avec 175 éoliennes, le parc d’EDF Énergies Nouvelles dans Charlevoix deviendra le plus important au pays. Sa construction, qui devrait démarrer en 2014, créera près de 200 emplois, et ses activités en généreront une vingtaine d’autres. Il s’agit d’un investissement de 800 millions de dollars.
  • Des chantiers routiers sont en cours à Québec. L’intersection de l’autoroute Duplessis et du chemin des Quatre-Bourgeois sera complètement réaménagée, de même que le viaduc de la rue Soumande. L’autoroute Félix-Leclerc sera élargie entre Duplessis et Henri-IV. Tout cela avant le démarrage, en 2015, du chantier majeur d’élargissement de l’autoroute Henri-IV.
  • L’agrandissement de l’aéroport Jean-Lesage se poursuivra jusqu’en 2017. Une première étape prévoit la construction d’un stationnement à étages, un investissement de 40 millions de dollars. L’agrandissement de la section des vols internationaux, au coût de 225 millions de dollars, permettra de doubler la superficie actuelle de 25 000 m2. Environ 9 000 emplois directs et indirects devraient être créés.


Sur le terrain

L’entreprise de biotechnologie Medicago développe des vaccins, notamment contre l’influenza, à partir de plantes. Elle emploie environ 130 personnes à ses installations du Parc technologique du Québec métropolitain, dont 10 ont été embauchées en 2012.

Axée sur la recherche et le développement, Medicago emploie principalement des diplômés universitaires de 1er ou 2e cycle en biochimie, des techniciens en chimie-biologie, des diplômés du certificat universitaire en biotechnologie ou de l’attestation d’études collégiales en production pharmaceutique. La majorité sont de la région, et quelques-uns de Montréal ou de Toronto.

Pour garder ses travailleurs, l’entreprise mise sur les horaires flexibles. «Il n’y a pas d’heures fixes d’entrée et de sortie, mais plutôt un nombre d’heures à effectuer par semaine», explique la directrice principale administration et ressources humaines, Joanne Roberge.

Medicago est en discussion avec une autre entreprise au sujet d’une entente qui permettrait de créer plusieurs nouveaux emplois pour la production en usine, indique Frédéric Ors, vice-président, développement des affaires.

L’emploi au Québec

Portrait du marché de l’emploi dans les régions du Québec en 2014


Cet article est tiré du guide Les carrières d’avenir 2014.

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