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Le chômage tue, mais la récession est bonne pour la santé

Chômeurs

Le chômage réduirait l’espérance de vie des individus, mais les périodes de récession – même si elles entraînent des pertes d’emploi – contribueraient à diminuer le taux de mortalité.

Aussi contradictoires qu’ils puissent paraître, ces deux postulats ont pourtant été démontrés par des chercheurs américains de l’Université Drexel, en Pennsylvanie.

En utilisant un échantillon représentatif de la population américaine, ces derniers ont créé des modèles permettant d’estimer la «probabilité de mourir» des individus en fonction de leur statut d’emploi et le contexte économique ambiant.

Ils ont ainsi constaté qu’une perte d’emploi était associée à une augmentation de 73 % de la probabilité de mourir – soit l’équivalent d’ajouter 10 ans à l’âge d’une personne.

En contrepartie, les périodes de ralentissement économique auraient des effets bénéfiques sur la santé des populations, puisqu’elles sont par exemple associées à une réduction de la pollution atmosphérique et une baisse du nombre d’accidents de la route. En fait, pour chaque augmentation d’un point de pourcentage du taux de chômage dans un état donné, la probabilité de mourir des individus diminuerait de 9 %, ce qui équivaut à rajeunir une personne d’un an.

Les chercheurs expliquent cette contradiction apparente par le fait que l’augmentation des risques chez les chômeurs n’affecte qu’une minorité de personnes, alors que les effets «bénéfiques» de la récession touchent l’ensemble de la population, compensant ainsi les effets négatifs subits par les chômeurs. Au final, la combinaison de ces deux effets a donc pour résultat une baisse du taux de mortalité en période de récession.

L’étude a été publiée en juillet dans la revue scientifique American Journal of Epidemiology.

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