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La surqualification est-elle un problème?

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La semaine dernière, une étude de Statistique Canada révélait que le taux de surqualification atteignait 18 % chez les diplômés universitaires de 25 à 34 ans.

La surqualification, telle que mesurée par l’organisme fédéral, correspond à la proportion des diplômés de l’université travaillant dans des professions exigeant des études de niveau secondaire.

18 %, c’est beaucoup. Mais est-ce trop?

Ça dépend.

La surqualification peut avoir des conséquences négatives. Elle peut entraîner une baisse de productivité, en raison d’un manque de motivation et de défis professionnels. Elle peut mener à une rémunération plus faible, ce qui est embêtant lorsqu’on a des dettes d’études à rembourser. Et elle peut rendre plus difficile l’accession à de meilleurs emplois, car il n’est pas dit qu’un poste inférieur soit reconnu comme une expérience pertinente par la suite.

Mais vaut-il mieux être surqualifié ou ne pas travailler? Car il est là, le véritable enjeu. S’il y a surqualification, c’est qu’il y a forcément un déséquilibre quelque part; trop de travailleurs, ou pas assez de postes.

Faut-il alors resserrer les conditions d’admission dans les programmes universitaires les plus touchés par la surqualification? Mieux diriger les jeunes en fonction des besoins du marché du travail? Difficile de le faire sans brimer la liberté de choix de chacun.

Les diplômés sont-ils bien formés pour répondre aux attentes des employeurs, et surtout, bien préparés à intégrer le marché du travail? Dans ce cas, il faudrait revoir la formation dans son entièreté.

Et si le problème n’était pas les universités, mais plutôt l’économie, qui peine à créer des emplois qualifiés?

Avant de répondre à ces interrogations, il faut d’abord apporter une nuance : parmi les 18 % de diplômés surqualifiés, combien d’entre eux considèrent réellement l’être? Car la surqualification peut aussi être une affaire de perception.

Certains sont surqualifiés par choix; des travailleurs peuvent accepter de faire des concessions pour obtenir des conditions plus flexibles, une meilleure sécurité d’emploi, ou favoriser la conciliation travail-vie personnelle.

Qui plus est, tous ne décrochent pas un diplôme universitaire pour gagner plus d’argent ou pour avoir un meilleur emploi; l’université sert à produire des travailleurs, mais également à s’instruire, à réfléchir et à s’ouvrir.

Ce n’est pas un hasard si la surqualification ne touche pas uniformément l’ensemble de la population universitaire; c’est en sciences humaines, en droit et en sciences sociales qu’on retrouve les proportions les plus élevées. Des programmes qui ne forment pas nécessairement des travailleurs, mais des esprits critiques avant tout.

Dans ce contexte, qui est vraiment surqualifié? Chacun détient sa propre réponse.

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Simon Granger

Simon Granger s'intéresse aux enjeux touchant la formation, l'orientation professionnelle et l'accession au marché du travail. Il aime le café filtre, le point-virgule et les mots croisés.

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