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L’art de se démarquer en entrevue

Illustration : Jérôme Mireault, colagene.com

L’idée de vous retrouver face à face avec des recruteurs vous donne des sueurs froides? Pas de panique! Deux responsables des ressources humaines dans des firmes de génie révèlent les dessous de leurs pratiques et donnent des conseils pour briller en entrevue.

Renseignez-vous sur l’entreprise

En février dernier, Luke Côté a décroché un poste d’ingénieur junior en efficacité énergétique à la firme de génie-conseil GENIVAR. Avant d’y arriver, il a consacré un mois et demi à s’informer sur les différentes entreprises où il voulait postuler. «J’ai puisé de l’information sur les sites Internet des firmes, mais je suis aussi passé par d’autres sources, comme des amis qui y travaillaient déjà.» Le jeu en valait la chandelle : au cours de la quinzaine d’entrevues qu’il a eues, plusieurs recruteurs lui ont demandé de parler de leur firme.

Vous renseigner sur l’entreprise où vous postulez est en effet capital pour démontrer que votre intérêt est réel, selon Manon Lessard, conseillère principale en recrutement pour l’Est du Québec à GENIVAR. «Quand je tombe sur un candidat qui ne connaît pas la compagnie, j’ai un problème. Au minimum, il doit s’être documenté assez pour pouvoir me dire ce qui l’a motivé à postuler chez nous ou pour le poste.»

Avant de vous présenter en entrevue, une recherche sommaire sur les valeurs et les projets du recruteur s’impose. «Il ne s’agit pas d’apprendre le site Internet par cœur, ajoute-t-elle, mais d’avoir retenu quelques éléments. Pour nous, ça révèle un peu les champs d’intérêt du candidat.» Ainsi, si vous signalez qu’une des raisons qui vous ont incité à postuler est l’implication de l’entreprise auprès d’un organisme communautaire, le recruteur comprendra que la responsabilité sociale vous tient à cœur.

Renseignez-vous (encore!) sur l’entreprise

En plus de vous permettre de répondre à la question «Pourquoi voulez-vous travailler pour nous?», faire de la recherche sur un recruteur vous aidera à déterminer quelles expériences et qualités mettre de l’avant. Par exemple, sur son site Internet, la firme de génie-conseil CIMA+ place l’entrepreneuriat parmi ses trois grandes valeurs. L’entreprise cherche donc des employés qui font preuve d’autonomie et d’initiative, explique Heidi Gaudet, directrice Acquisition de talents et stratégie. Avant de vous présenter en entrevue, cernez des éléments de votre parcours qui démontrent que vous possédez ces qualités, comme un projet parascolaire dont vous auriez été l’instigateur.

Préparez-vous

Difficile de prévoir toutes les questions qui vous seront posées lors d’un entretien d’embauche. Mais il existe tout de même des classiques indémodables pour lesquels ça vaut la peine de vous préparer. Par exemple : Pourquoi avez-vous choisi la profession d’ingénieur? Pourquoi voulez-vous travailler en génie-conseil en entreprise? Et la question qui tue : Quelles sont vos forces et vos faiblesses?

Heidi Gaudet est une adepte de cette dernière question. «Mais plutôt que d’employer le mot “faiblesses”, je demande au candidat de me nommer quelque chose qu’il voudrait améliorer ou développer.» Avec ce genre de question, un recruteur cherche en général à mesurer votre connaissance de vous-même. C’est pourquoi il n’y a pas vraiment de mauvaise réponse, pourvu qu’elle soit accompagnée d’exemples concrets et de solutions possibles pour y remédier. Par exemple, vous pourriez avouer que vous manquez d’organisation et que vos documents sont parfois mal classés sur votre ordinateur, mais que vous consultez des guides pratiques qui proposent des méthodes pour résoudre ce problème.

Il est aussi fort probable qu’on vous demande en quoi vous êtes qualifié pour le poste. Pour vous préparer, passez en revue vos expériences pertinentes. C’est ce qu’a fait Angéline Jeanson, diplômée en génie, lors d’une entrevue l’année passée. Comme elle avait l’œil sur un poste de gestionnaire de projet, elle a choisi des éléments de son parcours qui témoignaient de son leadership. «Par exemple, j’ai participé à deux missions économiques avec l’Université de Sherbrooke. Une à Dubaï, dont j’étais la présidente, et une en Australie, pour laquelle j’étais directrice des opérations internationales. Dans les deux cas, j’ai fait preuve d’organisation et j’ai géré du personnel et des sommes d’argent.» Repenser à ces faits d’armes lui a permis de les amener facilement dans la discussion pendant l’entretien. Et ça a marché : depuis décembre 2011, elle est coordinatrice de projet chez CIMA+.

Posez des questions

En entrevue, les questions ne sont pas l’apanage des employeurs. Vous avez aussi le droit d’en poser. Même que les recruteurs apprécient que vous le fassiez. Ça peut notamment dénoter que vous vous projetez à long terme au sein de l’entreprise.

Quelques idées de questions à poser : Sur quels projets l’entreprise travaille-t-elle en ce moment? Si vous êtes embauché, quel type de tâches vous sera confié à votre arrivée? Quelle progression de carrière un ingénieur junior peut-il s’attendre à connaître au sein de cette entreprise?

Pour ce qui est des questions d’argent, l’avis de nos deux recruteuses est partagé. Pour Manon Lessard, mieux vaut attendre d’être sélectionné pour aborder le sujet. Heidi Gaudet recommande une autre approche : à la fin de l’entrevue, informez-vous du moment où vous serez mis au courant des conditions de travail et du salaire. Une façon discrète de tâter le terrain.

Restez vous-meme

Vous êtes stressé, nerveux? C’est normal! Prenez une grande inspiration et tentez d’être naturel. Car les recruteurs cherchent avant tout à vous connaître. Alors, faites-vous confiance et… souriez!

Cet article est tiré du guide
Les carrières de l’ingénierie 2013

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