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Formation gagnante : Génie minier

François Vézina, dont le père était ingénieur minier, a passé plusieurs étés à travailler dans les mines. Il se destinait à l’enseignement collégial et a même obtenu un baccalauréat en histoire quand, finalement, il a fait un retour aux sources et bifurqué vers le génie des mines.

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Rôle et tâches

François est ingénieur en mécanique des roches – une spécialité du génie minier – pour les mines Agnico-Eagle et travaille à la gigantesque mine d’or LaRonde, en Abitibi-Témiscamingue. Située à 2,1 km sous terre, cette mine est l’une des plus profondes au Canada.

François étudie la faisabilité de creuser jusqu’à 3,02 km, ce qui soulève une foule de problèmes : «Sous terre, comme sous l’eau, plus on s’enfonce profondément, plus la pression est forte. Dans le bouclier canadien, les pressions horizontales sont deux fois plus élevées que les verticales. Les murs forcent, et il faut contrôler cela pour éviter les risques d’effondrement des galeries.»

Quotidiennement, François rencontre les personnes chargées de la production de minerai et discute des problèmes de stabilité des galeries; il surveille aussi le système d’écoute microsismique (creuser sous terre induit de l’activité sismique) et rencontre les fournisseurs d’équipements miniers.

Les problèmes à résoudre sont nombreux. Par exemple, il a dû trouver des solutions pour couler le béton sous terre lorsque celui-ci, après 2 km de chute libre dans un tuyau, atteint une vitesse de 300 km/h et une température de 10 degrés supérieure à la normale.

Les ingénieurs miniers ne travaillent toutefois pas que dans les mines. On les trouve aussi chez les fournisseurs d’équipements miniers, les firmes de construction, de génie-conseil ou de génie civil – où ils sont affectés aux grands travaux d’excavation.

Qualités recherchées

Polyvalence, débrouillardise, voilà deux mots qui reviennent souvent dans les propos de François : «On touche à tout : génie civil, génie minier, génie mécanique. Il n’existe pas de livres pour nous dire quoi faire. On doit toujours inventer.»

Les diplômés se font confier des budgets de plusieurs millions de dollars et des responsabilités importantes très tôt dans leur carrière. Par exemple, la décision d’exploiter ou non un gisement – et le risque financier que cela comporte – repose en grande partie sur leurs épaules. Ils doivent donc faire preuve de jugement et ne pas avoir peur d’assumer de lourdes responsabilités.

Défis et perspectives

Puisque le domaine du génie minier progresse constamment, les diplômés doivent s’assurer de garder leurs connaissances à jour. L’informatique a pris une grande place dans la pratique et les logiciels de modélisation numérique, utilisés pour la conception des ouvertures souterraines, évoluent très rapidement.

L’automatisation et la robotisation changent aussi la nature des besoins (la ventilation et la sécurité deviennent secondaires lors d’opérations robotisées, par exemple).

Les diplômés progressent bien dans cet environnement, note Robert Corthésy, responsable du programme de génie minier à l’École Polytechnique. «Comme les ingénieurs des mines sont rares, il est possible de progresser rapidement sur le marché du travail : certains de nos diplômés se sont retrouvés assez rapidement chefs ingénieurs ou gérants de mine. On ne verrait jamais ce genre d’évolution dans une firme de génie-conseil ou de génie mécanique ou électrique.»

Pour ces raisons, une formation supplémentaire en administration est un atout important, puisque la gestion vient au menu assez tôt en carrière. Une solide base en informatique est aussi requise, de même que la maîtrise de l’anglais pour communiquer avec les fournisseurs et le personnel des sièges sociaux situés à l’extérieur du Québec. 03/05

Il faut être membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec pour porter le titre d’ingénieur.

NDLR : Les personnes citées dans ce texte peuvent avoir changé d’emploi depuis l’entrevue, mais leur témoignage demeure utile à la compréhension du métier illustré.

Horaires et milieux de travail

  • Le travail commence généralement aux alentours de 7 ou 8 h du matin pour se terminer vers 15 ou 16 h.
  • Parfois, dans les mines où il y a des équipes de travail, un ingénieur peut être affecté de soir ou avoir un téléavertisseur pour être joint en cas d’urgence.
  • Une part du travail se fait dans un bureau, mais il y a aussi beaucoup de travail sous terre. Là, l’environnement est bruyant, chaud et humide. Sauf exceptions, il n’y a pas d’éclairage dans les mines. Il faut porter une lampe frontale.

Champs d’intérêt

  • aime planifier, organiser les étapes d’un projet
  • aime coordonner et superviser une équipe
  • aime le travail en plein air et en région éloignée
  • aime résoudre des problèmes (améliorer le fonctionnement)

Aptitudes

  • polyvalence et capacité d’adaptation
  • sens de l’initiative
  • capacité à transmettre et à vulgariser de l’information

Statistiques

Nombre de diplômés 15
Diplômés en emploi 66,7 %*
À temps plein 100,0 %
En rapport avec la formation 100,0 %
Aux études 33,3 %
Taux de chômage 0,0 %
Salaire hebdomadaire moyen 1 827 $

Source : La Relance à l’université, MELS, 2011.
* Ce faible taux d’emploi peut s’expliquer par le faible taux de réponse ainsi que par le petit nombre de diplômés sondés (15).

Comment interpréter l’information

Pour connaître les établissements qui offrent ce programme, consultez le Répertoire des universités canadiennes.

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