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Formation gagnante : Génie géomatique

Intéressé par les sciences et les mathématiques, Louis Maltais hésitait entre la biochimie et la géomatique au moment de son inscription à l’université. Mais l’aspect pratique des sciences appliquées l’a emporté et il est aujourd’hui géomaticien au Service hydrographique du Canada (SHC), organisme rattaché au ministère fédéral des Pêches et Océans.

Rôle et tâches

Basé à l’Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli, Louis veille au bon fonctionnement des appareils d’acquisition de données et des systèmes de traitement de données hydrographiques et bathymétriques (mesure des profondeurs marines). Ces instruments (sonars acoustiques et GPS) sont utilisés pour cartographier le fleuve Saint-Laurent.

Pendant l’hiver, Louis prépare le matériel. «J’évalue les différentes versions des logiciels et je choisis celles qui devraient donner les meilleurs résultats lors des sondages marins qui commenceront au printemps.» Trois navires de Pêches et Océans sondent du printemps jusqu’à la fin de l’automne le chenal du fleuve entre Baie-Saint-Paul et Montréal, pour repérer tout changement pouvant influencer la navigation. Les données recueillies servent, par exemple, à localiser les zones où les mouvements de fond ont suffisamment réduit la profondeur pour nécessiter un dragage (action d’enlever le sable, la vase ou les graviers déposés au fond de l’eau qui pourraient gêner la navigation).

Quatre autres bateaux de Pêches et Océans effectuent hors chenal des vérifications ponctuelles, par exemple pour évaluer la profondeur d’un port.

Durant les opérations, dès qu’un appareil de mesure pose problème (défectuosité informatique, équipement endommagé par la foudre, etc.), Louis est appelé en renfort. Il parvient généralement à guider les utilisateurs à distance, pour qu’ils remettent l’instrument en fonction, mais il doit parfois se rendre sur place pour corriger lui-même la situation.

Louis doit suivre l’évolution constante des technologies. «Le SHC a fait l’acquisition d’un sondeur multifaisceaux pour remplacer l’ancien modèle. Je dois me familiariser avec cette nouvelle technologie, l’intégrer à nos équipements, m’assurer que tout soit fonctionnel et offrir une formation aux hydrographes qui devront l’utiliser.»

Qualités recherchées

Ce travail repose sur la rigueur et la précision. Le diplômé doit en effet régler les systèmes informatiques avec beaucoup de minutie, car les mesures s’effectuent au centimètre près.

La capacité d’avoir une vision d’ensemble d’une situation est également de mise : il faut être en mesure de régler les problèmes rapidement. Par exemple, si le départ d’un bateau est retardé parce qu’un appareil de lecture hydrographique est défectueux, tout l’équipage doit demeurer en attente et cela engendre des coûts élevés.

Par ailleurs, les habiletés en communication et pour les relations interpersonnelles sont importantes puisque le travail s’effectue souvent en équipe.

Défis et perspectives

Annick Jaton, directrice adjointe des programmes de premier cycle au Département des sciences géomatiques à l’Université Laval, croit que les diplômés seront appelés à participer aux grands enjeux de la planète. «La géomatique permet de mesurer la Terre et les phénomènes qui s’y manifestent, puis de traduire les données recueillies en information utile à la société. Nous n’avons qu’à penser à la gestion de l’eau et des ressources naturelles, au suivi des épidémies, à la prévention de catastrophes, à la sécurité nationale, à la répartition des services d’urgence, au réchauffement de la planète, etc.»

En outre, les diplômés qui voudront contribuer à des projets sur le plan international auront avantage à maîtriser une et même deux langues étrangères. 04/05

Il faut être membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec pour porter le titre d’ingénieur.

NDLR : Les personnes citées dans ce texte peuvent avoir changé d’emploi depuis l’entrevue, mais leur témoignage demeure utile à la compréhension du métier illustré.

Horaires et milieux de travail

  • Les diplômés en génie géomatique travaillent généralement de 9 h à 17 h, mais ils doivent parfois effectuer des heures supplémentaires en fin de mandat pour répondre à des appels d’urgence ou faire des travaux sur le terrain.
  • L’environnement de travail change selon les affectations sur le terrain (sur un bateau, en forêt, etc.). Les géomaticiens effectuent aussi une bonne partie de leur travail dans un bureau.
  • Les entreprises et ministères à vocation territoriale (transports, foresterie, environnement, agriculture, affaires municipales, etc.) sont parmi les principaux employeurs. Les grandes sociétés d’infrastructures telles qu’Hydro-Québec, Bell ou les firmes de génie-conseil sont également des employeurs potentiels.

Champs d’intérêt

  • aime les mathématiques
  • aime observer, découvrir, rechercher
  • aime la technologie et l’informatique
  • aime dessiner, jouer avec les formes
  • aime résoudre des problèmes

Aptitudes

  • goût pour les mathématiques et la géométrie
  • capacité à visualiser et à conceptualiser
  • minutie et précision
  • aisance avec les outils informatiques
  • talent pour la communication et le travail en équipe

Statistiques

Nombre de diplômés 21
Diplômés en emploi 75,0 %*
À temps plein 100,0 %
En rapport avec la formation 100,0 %
Aux études 18,8 %
Taux de chômage 0,0 %
Salaire hebdomadaire moyen 877 $

Source : La Relance à l’université, MELS, 2011.
Données tirées de la catégorie «Géodésie (Arpentage)», qui inclut aussi le génie géomatique.
* Ce faible taux d’emploi peut s’expliquer par le pourcentage élevé de diplômés qui poursuivent leurs études (18,8 %).

Comment interpréter l’information

Pour connaître les établissements qui offrent ce programme, consultez le Répertoire des universités canadiennes.

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