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Profession : criminologue

Étudier et comprendre le crime, mais surtout aider le criminel à se sortir de la spirale qui le pousse vers la délinquance : c’est ainsi que Mélissa Jacques conçoit sa profession de criminologue.

Pour en savoir plus sur cette formation : Carrières d’avenir : Criminologie

Rôle et tâches

Comme intervenante communautaire à la Maison Saint-Laurent, Mélissa a toute une responsabilité sur les épaules : celle de travailler avec d’ex-détenus pour qu’ils puissent réintégrer la société après leur séjour à l’ombre.

Au quotidien, elle s’assure que les ex-prisonniers sont toujours dans le droit chemin. «Ils n’ont plus vraiment de vie privée avec nous puisque nous vérifions tout : les relevés bancaires, les factures, etc.», dit-elle. Si c’est une fraude qui avait mené la personne en prison, l’intervenante examinera plus attentivement ses activités financières et ses dépenses; si c’étaient plutôt des problèmes de drogue, Mélissa vérifiera, entre autres, si elle respecte le couvre-feu.

Le rôle de l’intervenante ne se limite pas à la surveillance des contrevenants. Mélissa doit aussi cerner les raisons qui ont mené la personne vers la criminalité et l’aider à ne pas retomber dans ce piège. «Il y a tout un côté psychologique à mon travail. Je dois aider l’ex-détenu à prendre conscience des conséquences de ses actes sur lui-même, mais aussi sur ses victimes», explique-t-elle.

Mélissa se base ensuite sur ses observations pour recommander à l’agent de probation qu’un résident puisse quitter la maison de transition. «L’ex-détenu continuera alors d’être suivi par un intervenant, mais il pourra avoir son propre appartement», dit-elle.

Qualités recherchées

Plusieurs jeunes choisissent la criminologie par fascination pour le crime. Il est toutefois essentiel de vouloir aider les criminels, indique Valérie Préseault, responsable du programme de premier cycle en criminologie à l’Université de Montréal. L’ouverture d’esprit, l’écoute et le respect sont donc les qualités essentielles pour ces intervenants. «Il faut être capable de voir la personne devant nous comme un être humain, et non pas seulement en fonction du crime qu’elle a commis», ajoute Mélissa. Une certaine forme de détachement est nécessaire, tout comme une bonne connaissance de soi pour savoir quelles sont ses limites. «On voit des personnes dont les crimes viennent heurter de plein fouet nos valeurs. Il faut donc être solide psychologiquement», ajoute Mme Préseault.

Mélissa doit savoir organiser son travail, puisqu’elle a sous sa respon­sabi­lité environ huit résidents, en plus d’assurer le suivi d’une dizaine d’ex-résidents encore en probation. «Il faut savoir gérer son temps entre les rendez-vous de suivi, la rédaction de rapports, les rencontres d’équipe», précise-t-elle.

Défis et perspectives

L’idée de créer un ordre professionnel pour les crimino­lo­gues du Québec, une initiative soutenue par le Regroupement pour la création d’un ordre professionnel en criminologie, pourrait se concrétiser au cours des années qui viennent, estime Mme Préseault. Un changement qui, selon elle, aiderait à mieux faire connaître la profession et ouvrirait plus de portes aux diplômés.

En effet, les criminologues peuvent intervenir non seulement auprès des délinquants adultes, mais également auprès des victimes de crimes. «Ils peuvent travailler autant en intervention qu’en prévention. Ils pourraient occuper une place plus grande dans les écoles pour prévenir l’adhésion aux gangs de rue ou travailler auprès de groupes de parents d’adolescents qui vivent des problèmes de comportement», cite-t-elle en exemple. De plus, ceux qui le désirent peuvent se spécialiser et travailler dans les centres de recherche, comme à l’Institut Philippe-Pinel. Une maîtrise en criminologie est alors recommandée. 04/10

NDLR : Les personnes citées dans ce texte peuvent avoir changé d’emploi depuis l’entrevue, mais leur témoignage demeure utile à la compréhension du métier illustré.

Horaires et milieux de travail

  • Les criminologues peuvent travailler dans les milieux carcéraux ou encore dans des ministères provinciaux ou fédéraux.
  • D’autres possibilités sont offertes dans les maisons de transition, les centres jeunesse, les centres de libération conditionnelle, les organismes communautaires qui viennent en aide aux victimes d’actes criminels, etc.
  • Ils travaillent aussi parfois dans les écoles ou dans certains organismes, pour développer des programmes de prévention.
  • Les horaires varient en fonction du type d’emploi occupé.

Champs d’intérêt

  • se sent concerné par les valeurs morales et les motifs du comportement humain
  • se passionne pour la relation d’aide (écouter, comprendre, conseiller, épauler)
  • aime le défi (affronter et résoudre des situations difficiles)

Aptitudes

  • ouverture d’esprit et grande capacité d’écoute
  • personnalité assurée, équilibrée et capable de se faire respecter
  • grande capacité d’objectivité
  • résistance au stress
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