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Formation gagnante : assistance à la personne à domicile

Formation gagnante : assistance à la personne à domicile

C’est en accompagnant son père dans les derniers moments de sa vie que Gisèle Paquet a pris conscience de l’ampleur des besoins des personnes en perte temporaire ou permanente d’autonomie. «J’ai réfléchi et j’ai fermé mon entreprise de vitrail pour m’inscrire au diplôme d’études professionnelles [DEP] en assistance à la personne à domicile. Depuis 2007, je travaille au Centre local de services communautaires [CLSC] de Drummondville à titre d’auxiliaire aux services de santé et services sociaux, et j’adore ça!» explique-t-elle.

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Rôle et tâches

En arrivant au CLSC le matin, Gisèle commence par consulter les dossiers des bénéficiaires qui lui sont assignés pour la journée. «Je lis attentivement le plan d’intervention établi pour chacun d’entre eux par les professionnels de la santé. Cela diffère d’une personne à une autre», explique Gisèle. Sa clientèle est variée : malades chroniques, déficients mentaux, etc.

Ensuite, elle se déplace jusqu’au domicile de chacun des bénéficiaires. «Je peux avoir entre quatre et sept personnes à visiter par jour. Je leur prodigue les soins prévus dans le plan d’intervention. Par exemple, je donne un bain, j’habille la personne, je l’aide à manger, je lui fais la barbe, etc.»

Elle évalue aussi l’état général du bénéficiaire. Par exemple, s’il est alité et présente des rougeurs dans le dos, c’est peut-être le signe qu’il est en train de développer des plaies de lit. Gisèle avise alors le professionnel de la santé en charge du plan d’intervention (médecin, ergothérapeute, etc.), qui fera le suivi nécessaire.

Par ailleurs, depuis 2009, la loi autorise les auxiliaires à poser, dans certaines conditions, des gestes jusqu’alors réservés au personnel infirmier, comme distribuer des médicaments et appliquer des crèmes prescrites.

Qualités recherchées

«Je suis “les yeux” des thérapeutes, je dois donc avoir un bon sens de l’observation», indique Gisèle. Il faut rester très attentif et signaler au responsable du plan d’intervention toute anomalie dans le comportement ou l’environnement du bénéficiaire, par exemple une nervosité inhabituelle, qui pourrait être le signe d’une dégradation de l’état de santé. «Le plan d’intervention doit être adapté régulièrement, puisque la situation physique et mentale des personnes évolue avec le vieillissement et la maladie. Cela peut changer très vite, il faut garder l’œil ouvert!»

Ce métier est un travail de contact humain et de relations interpersonnelles. Il faut donc aimer les gens, avoir de la facilité à communiquer, et parfois savoir se montrer persuasif. «Quand un bénéficiaire ne veut pas recevoir ses soins, prendre son bain par exemple, je dois user de psychologie pour l’amener à changer d’idée. Je lui explique que son hygiène personnelle contribue à améliorer son état de santé général. Avec l’expérience, je constate que l’humour et la bonne humeur sont mes deux meilleurs atouts!» déclare Gisèle.

Défis et perspectives

Le travail des auxiliaires s’est élargi au cours des dernières années. «Elles peuvent désormais, dans certaines conditions, appliquer des crèmes prescrites par un médecin, donner des médicaments, etc.», indique Gilles Tardif, enseignant au Centre de formation professionnelle Vision 20 20, à Victoriaville. Autant de soins qui s’ajoutent aux tâches des auxiliaires, mais qui rendent aussi le travail plus intéressant et plus proche de la réalité des personnes qu’elles aident au quotidien.

«Les bénéficiaires sont souvent des personnes seules; la visite de l’auxiliaire est parfois la seule qu’ils recevront dans la semaine. Le défi est donc d’établir une bonne relation avec chacun», ajoute Gilles Tardif. Ce lien de confiance permet d’améliorer la qualité des informations recueillies et, par conséquent, d’assurer un meilleur suivi.

En région s’ajoute aussi le défi des distances, car il faut couvrir de nombreux kilomètres dans une journée pour visiter les bénéficiaires, qui peuvent être très éloignés les uns des autres. 05/09

Note : Le féminin est utilisé dans cet article étant donné la très grande proportion de femmes diplômées en assistance à la personne à domicile.

Horaires et milieux de travail

• Les finissants doivent s’attendre à travailler sur appel avant de décrocher un poste à temps plein.

• Les auxiliaires travaillent au domicile des patients. Elles peuvent être embauchées par un CLSC, une agence de personnel en soins de santé ou encore des particuliers.

• Les centres de santé et de services sociaux peuvent aussi engager des auxiliaires pour travailler en institution, dans des centres d’hébergement et de soins de longue durée notamment.

• Les horaires peuvent être de jour, de soir, de nuit et de fin de semaine, selon les besoins du service.

Champs d’intérêt
• aime prendre soin des autres (contact physique)
• aime se sentir utile et responsable des personnes
• préfère se déplacer et travailler au domicile des malades
• aime faire des tâches ménagères

Aptitudes
• dévouement et sens des responsabilités
• grandes capacités d’écoute, de respect et de compassion
• patience, force et résistance (physique et émotionnelle)

Statistiques

Nombre de diplômés 694
Diplômés en emploi 84,2 %
À temps plein 73,8 %
En rapport avec la formation 91,5 %
Aux études 4,6 %
Taux de chômage 7,6 %
Salaire hebdomadaire moyen 566 $

Source : La Relance au secondaire en formation professionnelle, MELS, 2011.

Comment interpréter l’information

Pour connaître les établissements qui offrent ce programme, consultez l’Inforoute de la formation professionnelle et technique.