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Ça creuse et ça construit en Abitibi

Deux grandes industries seront derrière la création d’emplois en Abitibi-Témiscamingue en 2011 : les mines et la construction. Et presque tous les autres secteurs de la région vont en profiter!

Quelque 11 000 postes devront être pourvus en Abitibi-Témiscamingue d’ici 2014, estime Ann Brunet Beaudry, analyste du marché du travail pour Emploi-Québec. «Environ 9 000 seront générés par des départs à la retraite», précise-t-elle. La région semble donc bien remise de la dernière récession, qui a entraîné en 2009 la perte de 2 800 postes, notamment dans l’industrie forestière, le commerce de gros, l’hébergement et les services de restauration.

Les mines comptent parmi les secteurs les plus actifs. Le prix des métaux reparti à la hausse explique cette vitalité, de même que la présence de nombreuses mines d’or dans la région. «Environ 800 travailleurs participent actuellement à la construction de la mine d’or Malartic de la compagnie Osisko, et près de 400 employés y travailleront lorsqu’elle entrera en fonction, en mai 2011», indique Mme Brunet Beaudry. Mentionnons aussi la création d’une cinquantaine d’emplois en 2011, grâce à la réouverture par la compagnie Richmont de la mine d’or Francoeur. Cette effervescence minière favorise plusieurs secteurs de l’économie, dont les services d’ingénierie, la construction, l’hébergement et la restauration.

La construction est une autre industrie dynamique. À elle seule, la réfection des routes de la région va créer ou maintenir 1 150 emplois d’ici 2011.

Malheureusement, alors que les emplois prolifèrent, le quart des entreprises de cinq employés et plus ont du mal à recruter des travailleurs. «L’arrimage entre les compétences des travailleurs et les exigences des entreprises n’est jamais parfait», dit Ann Brunet Beaudry. Le taux de chômage pourrait se maintenir à près de 10 % à cause de la rareté d’une main-d’œuvre qualifiée, malgré un marché de l’emploi dynamique, estime Service Canada.

Tendances démographiques

Contrairement à la population d’autres régions éloignées, celle de l’Abitibi-Témiscamingue augmente. Selon les données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), elle comptait, en 2010, 1 155 personnes de plus qu’en 2005. Certes, l’Abitibi a perdu près de 400 personnes au profit d’autres régions au Québec entre 2008 et 2009. Mais son indice de fécondité de 2,0 % – comparativement à 1,7 % pour l’ensemble du Québec – tempère ces départs, rapporte Service Canada.

Cette tendance va-t-elle faire mentir les prévisions de l’ISQ? En effet, l’organisme québécois prévoyait en 2006 que la population abitibienne diminuerait entre 2011 et 2031. Mais la réalité pourrait être bien différente, note Service Canada.

Quoi qu’il en soit, la hausse actuelle est bénéfique pour l’emploi, puisqu’elle crée une demande additionnelle de produits et de services. Par ailleurs, Service Canada estime qu’elle contribuera à faire diminuer le taux de chômage, car la hausse de la population active (de 15 à 64 ans) demeurera plus faible que la croissance prévue de l’emploi. Pourvu que ces individus soient suffisamment formés pour occuper les emplois disponibles, bien sûr!

Une forêt et une agriculture mal en point //

L’industrie forestière, de son côté, reste vulnérable. Selon Ann Brunet Beaudry, ce secteur a perdu environ 900 emplois entre 2005 et 2010 et, selon les prévisions de Service Canada, il en perdra encore 500 d’ici 2012. La foresterie doit composer avec de nombreux problèmes, rappelle l’agence fédérale, dont la force du dollar canadien, les suites de la récession qui limitent les mises en chantier aux États-Unis et la baisse de la demande de papier journal. «Les papetières américaines qui travaillent avec de l’eucalyptus nous nuisent, parce que cet arbre a un cycle de croissance rapide, difficile à battre pour les arbres d’ici», ajoute Martine Rioux, directrice générale de la Conférence régionale des élus de l’Abitibi-Témiscamingue. Pour relancer l’industrie, la région veut se distancer des traditionnels colombages (les «deux-par-quatre») et miser davantage sur des éléments de structure de bâtiments, comme des planchers et des toits.

L’agriculture abitibienne traverse aussi des difficultés. Depuis 2003, les revenus agricoles y ont chuté de 64 %. «Le bœuf qu’on produit ici est en concurrence avec le bœuf bon marché provenant de l’Uruguay», dit Martine Rioux.

Pour donner un deuxième souffle à la production agricole, la région compte notamment sur la campagne L’Abitibi-Témiscamingue dans votre assiette, et encourage les Abitibiens à acheter localement.

Sur le terrain

L’industrie minière et la réfection des infrastructures municipales donnent beaucoup de travail à la firme d’ingénierie Stavibel, qui compte 300 employés répartis parmi une quinzaine de bureaux dans la province, dont 265 en Abitibi-Témiscamingue.

À tel point que l’entreprise de Rouyn-Noranda prévoit embaucher annuellement de 15 à 20 personnes au cours des prochaines années. «Nous recherchons surtout des ingénieurs et des techniciens», précise Nathalie Langlais, directrice des ressources humaines.

La région fournit 75 % de ses travailleurs. La clé? Stavibel accueille une trentaine de stagiaires chaque année et propose un poste aux plus performants. «Les jeunes qui vont étudier dans les grands centres reviennent s’installer en Abitibi à la fin de leur formation, explique Nathalie Langlais. C’est plus difficile d’attirer des candidats avec de l’expérience.»

Pour séduire les travailleurs, Stavibel mise sur la formation continue et la conciliation travail-famille. «Nous permettons notamment à nos employés d’emmener leurs enfants au travail, dit Mme Langlais. Certains d’entre eux font leurs devoirs dans la salle de café après l’école!»

Recherchés
  • Arpenteurs-géomètres
  • Électriciens industriels
  • Enseignants au collégial et dans les écoles de formation professionnelle
  • Ergothérapeutes
  • Foreurs et dynamiteurs
  • Géologues, géochimistes et géophysiciens
  • Infirmiers
  • Infirmiers auxiliaires
  • Ingénieurs en génie civil, minier et mécanique
  • Inspecteurs de la santé publique, de l’environnement et de l’hygiène, et de la sécurité au travail
  • Mécaniciens d’équipement lourd
  • Médecins spécialistes
  • Omnipraticiens
  • Pharmaciens
  • Physiothérapeutes
  • Plombiers
  • Spécialistes des ressources humaines
  • Surveillants de l’exploitation des mines et des carrières
  • Techniciens de laboratoire médical
  • Technologues en radiation médicale
  • Technologues médicaux et assistants en anatomopathologie
  • Technologues et techniciens en génie civil et en génie mécanique
  • Technologues et techniciens en géologie et en minéralogie
  • Travailleurs sociaux

Source : Emploi-Québec. Le marché du travail dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue, Perspectives professionnelles 2009-2013, 2009.

Extrait tiré du guide Les carrières d’avenir 2011.

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