La période des admissions pour les programmes collégiaux et universitaires est commencée. Comme à chaque année, cette période amène beaucoup de stress et de questionnements chez les étudiants, et l’isolement associé à la pandémie actuelle ajoute quelques complications particulières. En effet, comment faire pour confirmer ses choix lorsqu’il est impossible de visiter les établissements scolaires? Comment s’assurer de faire le bon choix quand les cours sont offerts principalement à distance et qu’on sent qu’on n’aime plus l’école?
Qu’est-ce qu’un bon choix? Un bon choix est un choix qui nous représente bien, basé sur les informations auxquelles nous avons accès aujourd’hui, maintenant. Tout comme une boule noire, nous ne pouvons pas garantir l’avenir, et donc nous ne pouvons pas prédire qui et où nous serons dans cinq ou dix ans. Ne faites pas un choix pour le futur mais bien pour aujourd’hui : que voulez-vous étudier l’année prochaine? Vous vous préparez à passer quelques années à mettre votre énergie dans vos études, il faut au minimum que cela vous intéresse, surtout si vos cours sont en ligne!
Existe-t-il une seule route qui vous est destinée ou est-ce possible de prendre quelques détours? Et si on pensait au choix non comme une finalité, mais bien une fluidité : comme un des chemins possibles vers une destination? En effet, plusieurs chemins pourraient vous mener au métier ou à la profession que vous exercerez éventuellement, aussi inconnus soient-ils pour le moment. Il est parfaitement possible de prendre quelques détours avant d’arriver à destination, et cela est même parfois nécessaire. Voici quelques exemples de parcours plus ou moins typiques, où les choix deviennent fluides :
- Nicolas – Du cégep au DEP
Nicolas termine son secondaire et ne sait pas trop ce qu’il souhaite faire. Ayant fait peu de recherches sur les différents choix de programmes et ayant fait ses cours de mathématiques enrichies de 5e secondaire, Nicolas décide de s’inscrire en sciences humaines profil administration en se disant qu’il va ainsi s’ouvrir plus de portes à l’université.
Dès sa première session, il constate rapidement que cela ne fonctionne pas pour lui, ses cours ne l’intéressent pas et il est de plus en plus démotivé. Il réalise alors qu’il ne souhaite pas aller à l’université. Nicolas prend aussi conscience qu’il apprécie vraiment réaliser des tâches plus manuelles. Les fins de semaine et durant les vacances d’été, il fait des travaux de rénovation et apprécie beaucoup faire ce genre de travail qui lui permet de voir concrètement le résultat de ses efforts : il en retire une grande fierté. Il se demande s’il ne pourrait pas se diriger vers le milieu de la construction.
Après quelques recherches, il découvre qu’il existe plusieurs DEP dans ce secteur et a un coup de cœur pour le métier de charpentier-menuisier. Nicolas choisit de s’inscrire dans ce programme.
- Jessica – D’éditrice de films aux jeux vidéo… par accident
Jessica vient de décrocher un emploi en tant que coordinatrice de production pour une compagnie de jeux vidéo. Ayant complété des études en communication et en cinéma, il est vrai que son profil d’études concorde avec ce poste. Pourtant, Jessica n’aurait jamais envisagé faire un tel emploi lorsqu’elle a commencé ses études, elle se voyait plutôt devenir coloriste ou éditrice de films.
En fait, elle ne connaissait pas beaucoup le domaine des jeux vidéo au Québec et les métiers qu’on peut y retrouver. En effectuant ses études, elle s’est étonnée de voir qu’elle avait un réel talent pour la coordination de projets et la gestion d’équipe. Éventuellement, un prof lui a parlé de ce type de poste très en demande dans cette industrie, et pour lequel elle avait beaucoup de compétences. Aujourd’hui, Jessica travaille dans un domaine dynamique et créatif où elle se sent appréciée et utile, et cela même si elle n’a jamais été une gameuse.
- Christine – Une année sabbatique avant d’entrer à l’université
Christine se prépare à terminer son cégep en sciences de la nature. Bonne étudiante, elle a de bonnes notes et une cote R plus que respectable. Seul problème, elle ne sait pas ce qu’elle voudrait faire plus tard et n’a donc aucune idée de ce qu’elle souhaite étudier à l’université. Christine ne se sent pas prête à faire un choix, mais sait qu’elle aimerait se connaître un peu mieux et qu’elle voudrait vivre de nouvelles expériences, sans que ce soit nécessairement en lien avec l’école.
Elle décide donc que, pour elle, la meilleure option serait de prendre un temps d’arrêt, une année sabbatique, pour vivre de nouveaux défis. Elle considère par ailleurs sérieusement participer à un projet de travail humanitaire afin de sortir de sa zone de confort et voir ce qu’elle pourrait retirer d’une telle expérience.
- Éric – D’avocat à entrepreneur ébéniste
Éric travaille depuis plusieurs années en tant qu’avocat pour une grosse compagnie informatique reconnue. Son emploi est stable, et il entretient de bonnes relations avec ses collègues. En tout point son emploi semble combler ses critères, que ce soit au niveau salarial ou au niveau des horaires et des avantages sociaux.
On lui avait toujours dit que des études en droit lui garantiraient un emploi satisfaisant. Pourtant, il ressent peu de satisfaction personnelle dans ses tâches, et se sent un peu à l’écart des autres, qui semblent avoir un réel intérêt pour leur travail. Au début, Éric pensait qu’il avait mal choisi son milieu de travail, ayant commencé sa carrière pour une compagnie pharmaceutique, où il était difficile pour lui de connecter avec les valeurs de l’entreprise.
Aujourd’hui, il se rend compte qu’il se sent beaucoup plus à l’aise dans sa vie personnelle, ayant développé dans les dernières années une réelle passion pour ses projets d’ébénisterie suivant l’achat de sa première maison. Éric envisage alors d’’ouvrir une compagnie de production de meubles modernes et éco-responsables tout en continuant de travailler à temps partiel. Ses connaissances en droit pourront l’aider à enregistrer sa compagnie ainsi qu’à s’assurer d’obtenir des licences pour ses produits et gérer sa marque.
En conclusion, il n’existe pas de parcours qui soit nécessairement absolu et linéaire pour tous. Chaque personne peut avoir un parcours scolaire ou professionnel différent qui peut mener à des options qui sont parfois peu conventionnelles. Se « tromper » n’est donc pas nécessairement catastrophique, mais peut en fait être révélateur et pourrait vous permettre d’en apprendre plus sur vous-même et, qui sait, d’aller encore plus loin.
Écrit par Catherine Roquet et Sandy Vignola-Pétrin, conseillères d’orientation chez BrissonLegris
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