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Travailler en région éloignée : ruée vers l’or noir

L’exploitation des sables bitumineux a créé une véritable ruée vers l’or noir en Alberta. Mais qu’arrive-t-il à ce Klondike en plein ralentissement économique?

Fin 2008, le prix du pétrole a subi une chute importante. «Cela a eu un impact direct sur l’exploitation des sables bitumineux dans la région, et plusieurs projets ont été mis sur la glace», indique Angélina Gionet, agente de développement à l’Association canadienne-française de l’Alberta (région de Fort McMurray).

Si la demande de main-d’œuvre est encore forte dans certains métiers, comme plombier ou électricien, les travailleurs très présents lors du démarrage d’un chantier sont beaucoup moins recherchés quand l’économie ralentit. C’est le cas des charpentiers et tuyauteurs, par exemple. Les professionnels tentés par l’aventure albertaine ont donc tout intérêt à se renseigner avant de faire leur valise!

Fort McMoney

Récession ou pas, Fort McMurray conserve son surnom de «Fort McMoney». D’un côté, les salaires sont élevés sur les sites d’extraction de pétrole; avec les heures supplémentaires et la prime d’éloignement, certains travailleurs spécialisés gagnent plus de 100 $ l’heure. Mais en contrepartie, le coût de la vie est exorbitant. «En ce qui concerne l’habillement et la nourriture, il n’y a pas une grosse différence avec le reste du Canada», fait valoir Mme Gionet.

En revanche, le coût des logements est tout simplement prohibitif! «Pour une maison de quatre à cinq chambres, il faut compter au moins 5 000 $ par mois; 3 000 $ environ pour un appartement de trois chambres et 1 200 $ pour une simple chambre», souligne-t-elle.

Par ailleurs, les employeurs qui logent leurs travailleurs manquent de place. Ils ont donc tendance à prendre entente avec leurs employés venus d’autres régions. «Le “fly in-fly out” est très répandu, remarque Angélina Gionet.

Par exemple, les travailleurs sont sur les chantiers 20 jours consécutifs, puis rentrent ensuite dans leur région d’origine se reposer et retrouver leur famille pour 8 jours de congé.» Pas facile de s’adapter à ce rythme de vie, ni au dépaysement culturel, sans parler de l’isolement de ceux qui doivent résider dans les «camps» des compagnies d’extraction pétrolière, très éloignés de la ville… Donc, c’est un pensez-y-bien avant de sauter dans un avion!

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