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Six conseils pour entrepreneurs sur le tard

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Les baby-boomers qui décident de lancer leur entreprise ont plusieurs avantages de leur côté : longue expérience, maturité, vaste réseau de relations et capital à investir. Mais s’ils ont été employés toute leur vie, il leur faut acquérir de nouveaux réflexes.

Une bonne idée ne suffit pas pour se lancer en affaires. Faire vivre une entreprise requiert du temps et une bonne méthode de travail, sans compter que l’aventure peut mettre les nerfs à l’épreuve. Voici quelques conseils pour traverser ce passage.

1 – Bien choisir son modèle

Pour ceux qui n’ont pas une idée précise de leur entreprise de rêve, Mario Fiorino, vice-président des services aux entreprises pour BMO Groupe financier, recommande trois modèles qui impliquent moins de risques.

  • Les franchises. Avec un meilleur taux de survie que les entreprises en démarrage, elles ont l’avantage de déjà bénéficier de fournisseurs, de clients et d’infrastructures. Plusieurs banques offrent des services spécifiques au franchisage.
  • La reprise d’une entreprise existante. La continuité avec une structure déjà établie représente un filet de sécurité, si l’on a bien fait son choix!
  • Les services de consultation. «Le risque est moins élevé puisqu’il n’y a pas d’infrastructures à mettre en place. L’implication financière est donc moindre», explique Mario Fiorino.

2 – Se mesurer à la réalité

S’informer sur le marché visé est incontournable, affirme l’entrepreneur Danny Burns, qui souligne la «démarche intellectuelle» qui lui a permis de passer du marketing automobile à l’importation d’huile d’olive.

Patrick Bérard, conseiller en démarrage d’entreprise pour les 55 ans et plus au SAJE accompagnateur d’entrepreneurs, insiste sur l’importance de tester son idée. «Je leur recommande d’aller valider leur offre de service, de trouver preneur, maintenant.» Pour Danny Burns, c’est lorsque la Fromagerie Atwater est devenue son premier client que son projet a pris son envol.

Et si le projet ne fait pas l’unanimité, ce n’est pas forcément signe qu’on doive l’abandonner. «Il y a des gens qui nous ont traités de fous au début… Et aujourd’hui, on nous félicite d’être des “visionnaires”», sourit Marc-André Gauvreau, copropriétaire de Brasseur de Montréal.

3 – Financer son projet en tenant compte de son âge

Il n’existe aucun programme de financement destiné aux 55 ans et plus, qu’il s’agisse de prêt ou de subvention. Toutefois, Lucie Dubé, de l’Association Midi-Quarante, recommande le programme Soutien au travail autonome (STA) d’Emploi-Québec, qui assure une aide financière durant la première année d’activité.

Cela dit, la plupart des entrepreneurs «sur le tard» peuvent compter sur plus d’actifs, hypothèques, biens ou REER, que leurs collègues dans la fleur de l’âge.

Mario Fiorino conseille de consulter des professionnels du financement dès le démarrage du projet. Bien qu’un patrimoine accumulé pendant plusieurs années mette généralement le banquier en confiance, ce dernier obligera les emprunteurs plus âgés à souscrire une assurance-vie. Et plutôt que d’exiger des avoirs personnels en garantie, il préconisera la création d’une société de portefeuille, qui constitue une protection contre les créanciers.

4 – Se faire aider

Les centres locaux de développement (CLD) ou les corporations de développement économique communautaire (CDEC) représentent des ressources précieuses, que ce soit pour le soutien technique, l’aide financière ou la recherche de mentors.

5 – Savoir s’entourer

Un bon réseau de relations est fondamental pour lancer son entreprise. «C’est un atout dont les plus vieux devraient profiter», insiste Patrick Bérard.

Savoir s’entourer, c’est aussi s’assurer que nos proches sont prêts à supporter la transition entre le statut de salarié et celui d’entrepreneur aux entrées d’argent moins régulières. «Il y a de l’insécurité associée à ce changement. Je suis chanceux d’avoir eu le soutien de mon épouse», reconnaît Danny Burns.

Pour Patrick Bérard, faire le saut implique aussi de «passer de spécialiste à gestionnaire de sa spécialité», ce qui demande des compétences diverses. «Si un entrepreneur ne les a pas et ne souhaite pas les acquérir, il doit démontrer qu’il aura l’aide d’autres personnes.»

6 – Être passionné

«La passion, c’est leur ingrédient magique», souligne Lucie Dubé. Heureusement, car tous les entrepreneurs sous-estiment le temps à investir, assure Patrick Bérard.

«On pourrait être à Cuba en train de fumer des cigares», ironise Marc-André Gauvreau lorsqu’on l’interroge sur les longues heures qu’il a consacrées à sa nouvelle entreprise. Il est pourtant loin de vouloir ralentir, puisque plusieurs projets d’agrandissement sont déjà en cours. «On vient de commencer!» s’amuse le brasseur.

Pour Danny Burns également, fini le 9 à 5. Mais il ne regrette rien. «Le pire, c’est de ne pas prendre de risques, affirme-t-il, c’est là que tu vieillis.»

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