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Scaphandrier de terrains de golf

Pierre Cabana, plongeur-récupérateur de balles de golf, Cabana golf    Photo : Patrice Bériault (singenu.com)

Pierre Cabana, plongeur-récupérateur de balles de golf, Cabana golf
Photo : Patrice Bériault (singenu.com)

Je récupère les balles de golf au fond des étangs depuis 30 ans. J’ai des contrats avec une trentaine de terrains dans les Laurentides, à Terrebonne, près de Québec, etc.

Je récolte environ 2 000 balles par jour. Avant de plonger, j’observe le terrain pour déterminer où les balles risquent de se retrouver. Je passe environ une heure par étang et je les revisite à peu près aux trois semaines.

Les étangs ont rarement plus de 3,5 mètres de profondeur. Je fouille le fond à tâtons, sans torche, parce que je soulève tellement de vase que l’eau devient trop brouillée pour que je puisse y voir quoi que ce soit. Au début et à la fin de la saison, l’eau est froide, alors je porte une combinaison étanche et des gants. Sinon, j’enfile une combinaison non étanche et je travaille à mains nues pour mieux sentir les balles.

Je mets les balles dans un filet accroché autour de mon cou. Il peut en contenir 800 et peser jusqu’à 32 kg. Avec la bonbonne de 9 kg et la ceinture de poids (pour rester au fond) qui en pèse 16, ça fait beaucoup. C’est du travail très physique.

Une fois les balles sorties de l’eau, je les lave et je les trie selon leur marque et leur état. Ensuite, je les revends dans des magasins, à des terrains de golf ou au centre de pratique La Falaise que je gère à Val-David. Elles coûtent entre 15 ¢ et 1 $ chacune. Je donne une redevance aux terrains où je les ai ramassées, soit en argent, soit en balles.

On me demande parfois d’aller chercher un bâton perdu par un joueur. J’ai déjà trouvé une voiturette.

À une époque, le travail se faisait plutôt la nuit pour éviter de déranger les joueurs. Maintenant, je travaille le jour. Les gens sont parfois surpris de me voir sortir de l’étang!

En 30 ans, l’industrie a beaucoup changé. Il y a plus de terrains, plus de joueurs et plus de balles à récupérer. Mais il y a aussi plus de compétition. Parfois, je tombe sur un étang vide : un plongeur est passé avant moi de façon illicite pendant la nuit!

J’ai déjà plongé en Floride. C’est complètement différent. Les étangs sont plus creux et plus grands, l’eau est plus claire… Et il y a des alligators! Je les voyais sur les berges et même dans l’eau. S’ils s’approchaient à moins de 3 mètres, je sortais. En général, les plongeurs peuvent travailler, mais il y a déjà eu des attaques.

Je me sens bien dans l’eau, c’est mon élément. J’aime aussi le design des terrains de golf. Pendant longtemps, jouer ne m’attirait pas. Je viens à peine de commencer. Je trouve ça pas trop mal.

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