Navigation des articles

sylvie-l-rivard

Plongez dans la réalité

Vous étudiez dans un programme dont les diplômés sont recherchés et vous avez d’excellents résultats scolaires. Super! Mais pour augmenter vos chances d’être embauché, vous devriez aussi baigner dans votre domaine d’emploi dès le début de vos études. Voici quelques trucs pour y plonger.

«Ceux qui étudient dans des secteurs en pénurie de main-d’œuvre croient, à tort, qu’ils vont trouver automatiquement un job grâce à leur diplôme, fait valoir Marie-Josée Duplessis, conseillère en information scolaire et professionnelle au Carrefour jeunesse-emploi de Laval. Ils oublient que, sur le marché du travail, ils peuvent se retrouver en compétition avec des travailleurs plus scolarisés prêts à accepter le même poste qu’eux. Par ailleurs, au-delà de leur formation, certains n’ont rien à proposer pour mousser leur candidature.»

«Devant un diplômé qui n’a pas travaillé ou qui ne s’est impliqué d’aucune façon dans son domaine, le recruteur n’a rien de concret sur quoi s’appuyer pour savoir ce que le candidat est capable de faire», signale Martine Lemonde, directrice des services professionnels chez Brisson Legris, Révélateurs de potentiels, une firme de consultants en évaluation et en gestion de carrière.

Dans ce contexte, l’implication parascolaire et les boulots d’étudiants sont des atouts qui peuvent compenser le manque d’expérience du débutant, croit la spécialiste.

Comment se préparer?

Déjà, sur les bancs de l’école, il faut connaître les compétences requises pour exercer le métier convoité. Pour y arriver, Nancy Mercier, conseillère en emploi au Carrefour jeunesse-emploi Centre-Sud / Plateau Mont-Royal / Mile-End, suggère de développer son réseau de contacts (professeurs, travailleurs, employeurs, famille, amis, etc.).

En plus de nous mettre en relation avec d’éventuels employeurs, ces derniers constituent une mine d’information sur le marché du travail. «Si notre domaine d’études est lié à un ordre professionnel, on peut s’inscrire comme membre étudiant, participer à des activités sociales, aider à la tenue d’événements ou trouver un mentor pour se mettre au parfum», ajoute-t-elle.

Dans le même esprit, des visites dans les salons d’information sur les emplois et la formation permettent de recueillir des renseignements pertinents sur les exigences des différentes professions.

Une fois les compétences clés déterminées, les futurs diplômés doivent les développer. «Quand un travailleur n’a pas beaucoup d’expérience, le recruteur mise sur son potentiel, note Julie De Santis, conseillère en ressources humaines à l’agence de placement Adecco Services de ressources humaines. Des expériences comme un emploi d’été ou à temps partiel, du bénévolat ou un stage en entreprise permettent de développer des compétences transférables dans un premier emploi.»

Marie-Josée Duplessis ajoute que les réalisations en lien direct avec la formation ont plus de poids. Par exemple, un étudiant en génie civil peut travailler avec un entrepreneur de construction durant l’été, à superviser le travail des ouvriers dans une rénovation résidentielle. Cette expérience constituera un atout dans sa recherche d’emploi. Les programmes coopératifs ou d’alternance travail-études, qui comprennent des stages, sont également utiles pour se familiariser avec un secteur d’emploi.

Si rien ne se présente, il faut créer sa chance. Diplômée en gestion des ressources humaines à HEC Montréal, la conseillère en emploi Nancy Mercier a déniché un stage même si son programme de formation n’en comportait pas. Le Réseau HEC Montréal amorçait un programme de mentorat pour les diplômés du baccalauréat. Elle a participé au recrutement des mentors et à la présentation du projet aux étudiants.

La bonne attitude

Les employeurs engagent d’abord une personne, pas un bout de papier. «Et même en pénurie de travailleurs, leurs attentes demeurent élevées», observe Julie De Santis.

La capacité à communiquer (oralement et par écrit), le bilinguisme et la maîtrise des logiciels informatiques et des nouvelles technologies font partie des compétences recherchées. «Ces dernières années, les entreprises ont aussi restructuré leurs activités, constate-t-elle. Un nouveau poste en combine parfois deux, comme une réceptionniste-secrétaire.» On mise alors sur la polyvalence, la capacité d’adaptation au changement, l’autonomie et la faculté de travailler à plusieurs tâches ou dossiers simultanément.

Une attitude positive est également essentielle pour compenser un manque d’expérience. Selon les spécialistes de l’emploi, le désir d’apprendre, l’ouverture d’esprit, le sens de l’initiative, la débrouillardise, la persévérance et le sens des responsabilités sont prisés.

Recherche active

«Par ailleurs, ce n’est pas deux semaines avant d’obtenir son diplôme qu’il faut penser à rédiger son CV», prévient Julie De Santis. On peut commencer quelques mois avant. Indiquez clairement vos réalisations (emplois d’été, bénévolat, engagement auprès d’une association) dans la section travail et faites une section distincte pour énumérer vos compétences transférables, conseillent les spécialistes. Contactez des employeurs potentiels et des agences de placement pour sonder les ouvertures possibles et envoyez votre CV.

Faites aussi appel à votre réseau de contacts pour connaître les débouchés envisageables. Dès que votre CV circule, soyez prêt à passer en mode entrevue, note Julie De Santis. «De plus en plus de recruteurs font une mini-entrevue au téléphone.»

Quant aux attentes salariales, vaut mieux ne pas être trop gourmand. L’idéal est de faire une petite recherche sur les salaires offerts dans son domaine. Car on ne peut demander plus cher même s’il y a pénurie de travailleurs, soutient Martine Lemonde. «Dans un contexte semblable, les employeurs ont déjà ajusté leurs échelles salariales à la hausse pour recruter de nouveaux travailleurs et ne pas se faire voler les leurs par la concurrence.» À titre d’employé débutant, on ne demande pas la lune, car même avec un diplôme, il faut faire ses classes!

Partager