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L’origine ethnique influence le comportement non verbal en entrevue

L'origine etnique en entrevue

Photo : Shutterstock

La culture du pays d’origine influence certains de nos comportements non verbaux. Ces différences peuvent être mal interprétées lors d’un entretien d’embauche et peuvent nous porter préjudice de façon bien involontaire.

Dans certaines cultures, exprimer ses émotions est un comportement approprié, alors que dans d’autres pays, il est très mal vu de déranger autrui avec ses états d’âme et ses sentiments. Évidemment, dans chaque population, il y a des gens plus extravertis et d’autres plus introvertis. De façon générale, la société dans laquelle nous vivons influence nos réactions et nos comportements sur le plan verbal et non verbal.

Gestes

Dans certains pays où l’expression d’émotions est encouragée, comme l’Italie, l’Espagne, Haïti, etc., la gestuelle est souvent amplifiée. La gesticulation dépasse la largeur du torse et la hauteur des épaules. Les bras peuvent aussi s’éloigner du corps pour aller davantage en direction de l’interlocuteur. Les gens parlent avec leurs mains. Dans plusieurs pays asiatiques, de même qu’en Suisse, la retenue d’une telle gestuelle est de mise. Les Chinois et les Japonais gesticulent beaucoup moins que les Européens ou les Nord-Américains. Cela donne l’impression, à tort, qu’ils cachent quelque chose.

Sens de l’écriture

Si le français ou l’anglais sont vos langues maternelles, vous avez appris à lire vos phrases de gauche à droite. Cet entraînement a programmé votre cerveau. En conséquence, lorsque vous parlez du passé, vos mains auront tendance à aller vers la gauche, alors que si vous parlez du futur, elles iront plutôt vers la droite. Pour les gens dont la langue maternelle est l’arabe, c’est l’inverse. Il ne faut donc pas interpréter leurs gestes comme un effet miroir ou un mimétisme, mais plutôt comme une différence culturelle.

Regard et pieds

Le regard fuyant est souvent mal perçu en Occident. Souvent interprété comme un signe de mensonge, il reflète surtout un malaise ou simplement le fait que l’interlocuteur revit son souvenir en même temps qu’il le raconte. Or, les Japonais plus âgés ne regardent pas leur interlocuteur dans les yeux. Ils peuvent aussi orienter leurs pieds vers le côté. Ce n’est pas un signe de mensonge ni de malaise. C’est tout simplement une question de politesse et de culture.

Expressions faciales

Dans plusieurs pays du Moyen-Orient et du Maghreb, une conversation sur un sujet rationnel est sérieuse. On doit donc y consacrer toute notre attention. Le visage devient donc très concentré et focalisé. Pour les Québécois, cela peut donner l’impression que l’interlocuteur est fâché, mais il n’en est rien. Chez plusieurs Asiatiques, la culture encourage l’affichage d’un visage neutre ce qui rend la lecture des expressions faciales beaucoup plus ardue et nous donne l’impression que l’autre cache quelque chose. Encore une fois, ce n’est qu’une question de culture.

Avant de porter un jugement ou émettre une hypothèse sur le candidat qui se trouve devant vous lors d’une entrevue, prenez le temps de poser des questions. La communication deviendra plus claire une fois verbalisée.

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Annabelle Boyer

Annabelle Boyer, CRHA est spécialiste de la synergologie, la lecture du non verbal. Elle est auteure des livres Relations sous emprise et Je lis en vous… savez-vous lire en moi? chez Béliveau Éditeur. Elle dirige également ABC Solution, une firme spécialisée en développement organisationnel et en ressources humaines.

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