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Les Y : instables ou… impatients?

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Les jeunes de la génération Y (dont je suis) sont souvent accusés de bien des maux sur le marché du travail : infidèles, instables, immatures, insouciants, impossibles à diriger… Est-ce vraiment le cas? Ou sont-ils tout simplement… impatients?

Une récente étude réalisée par le Pew Research Center, un groupe de réflexion américain, affirmait que 70 % des hommes et 61 % des femmes de la génération Y (désignés par le terme «Millenials» en anglais, soit l’équivalent des 18-32 ans dans l’étude) souhaitaient devenir patrons.

C’est peut-être cette ambition qui se traduit dans ce sentiment d’impatience.

Et tout le reste en découle; ce qui est perçu comme de l’instabilité est plutôt un désir constant d’améliorer son sort et de saisir les occasions qui se présentent, voire même de les provoquer s’il le faut, plutôt que de les attendre patiemment.

Pour une génération surstimulée, habituée à ce que tout aille vite, attendre n’est pas une option.

Bien sûr, cette attitude comporte ses revers; l’expérience a une valeur qui ne s’acquiert qu’avec le temps, et celle des collègues chevronnés représente une ressource parfois sous-estimée. On arrive sur le marché du travail avec l’impression que l’on n’a plus rien à apprendre, alors que c’est plutôt l’inverse. Ce n’est pas de l’arrogance; simplement de l’impatience. L’impatience de pouvoir avoir un impact sur son milieu, de pouvoir participer activement au changement.

Mais peut-on blâmer cette génération d’adopter cette attitude? La préférerait-on apathique, docile et rangée? Les membres de la génération Y ont un besoin d’innover, de créer, de comprendre, de s’affirmer. Ce besoin peut s’exprimer de plusieurs façons; et si le travail ne leur permet pas de le faire, il s’exprimera ailleurs. C’est normal : ils ont été élevés en se faisant marteler l’importance de «faire ce qu’on aime dans la vie»; et c’est ce à quoi ils aspirent.

L’ambition de devenir patron, mise en lumière par l’étude du Pew Research Center, dénote peut-être une certaine naïveté, des attentes démesurées par rapport à la vie professionnelle. Certains diront que cette génération gâtée a été habituée à tout avoir, et que cette ambition en est le reflet.

Ce n’est peut-être pas tout faux. Mais je dirais plutôt que c’est le symptôme d’une génération qui a besoin d’être en contrôle, qui a des objectifs, certes ambitieux, mais qui veut les atteindre par tous les moyens. Une génération qui a de hautes aspirations, tant au plan professionnel que personnel et social. Mais surtout, une génération qui ne demande qu’à relever des défis.

N’est-ce pas une bonne raison d’être impatient?

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Simon Granger

Simon Granger s'intéresse aux enjeux touchant la formation, l'orientation professionnelle et l'accession au marché du travail. Il aime le café filtre, le point-virgule et les mots croisés.

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