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La relation mentor-mentoré

Le mentorat permet à une personne expérimentée de partager son savoir et à un jeune travailleur de bénéficier de précieux conseils. Un mentor et un mentoré nous racontent leur expérience.

Stimuler la réflexion

L’âge importe peu dans une relation mentorale. C’est surtout une question de maturité et d’expérience vécue de la part du mentor.

C’est le cas de Robert Beaudry, chef mentor du Groupe de mentors du Grand Montréal, qui accompagne depuis près d’un an un dirigeant d’entreprise plus âgé que lui.

«Je l’aide à mieux comprendre pourquoi le transfert de sa compagnie à ses enfants n’a pas fonctionné jusqu’ici. Cet homme d’affaires s’est rendu compte qu’il aurait dû faire cet exercice à l’âge de 65 ans pour mieux réfléchir aux conditions nécessaires qu’il doit mettre en place avant d’entreprendre ce transfert à ses fils, comme d’éviter de les préserver de toutes les responsabilités qu’ils auront à assumer», explique M. Beaudry.

Ces deux hommes se rencontrent une fois par mois. «Si je l’écoutais, on se verrait toutes les semaines. Mais, il a besoin de ce mois pour avancer dans le processus de réflexion. Au fond, je l’aide à déterminer les moyens qui sont à disposition pour reprendre en main sa compagnie. Il a donc décidé de remettre son chapeau d’homme d’affaires pour mieux transmettre son savoir-faire d’entrepreneur à ses fils», explique-t-il.

M. Beaudry convient que son expérience de gestionnaire lui permet de poser les questions fondamentales à son mentoré. «Il arrive parfois avec plusieurs documents financiers où il a fait plusieurs calculs. Mon rôle est de lui demander de trouver ce qui est le plus important dans ces chiffres-là. À partir de là, on peut en discuter. Sinon on serait mêlé dans tous ces chiffres à essayer de comprendre ce qui se passe. Je suis là pour lui poser les bonnes questions et pour lui apprendre à relativiser la situation dans laquelle il se trouve.»

Presser de gravir les échelons

Marco Dubé, consultant CMA et coordonnateur du programme de mentorat chez Bombardier Transport, a d’abord été mentoré avant de devenir mentor, plusieurs années plus tard.

«À cette époque, j’étais un jeune gestionnaire. À un moment de ma carrière, je voulais que les choses aillent trop vite. J’ai cherché de l’aide auprès d’un mentor pour m’aider à gravir rapidement les échelons», précise-t-il.

À cette époque, le programme de mentorat n’existait pas dans son entreprise. C’est pourquoi il a trouvé lui-même une personne à l’extérieur de sa compagnie avec qui il a créé une relation mentorale informelle. Ils se sont rencontrés à intervalle régulier pendant près de neuf mois.

«Au fil des rencontres, j’ai pu découvrir les responsabilités et les tâches que j’aimais vraiment accomplir dans mes expériences de travail passées. Cette réflexion m’a permis de faire un meilleur choix au tournant de ma carrière. Je suis passé du service des finances à celui des ressources humaines dans les mois qui ont suivi mon mentorat», indique-t-il.

Marco Dubé convient que le mentorat a été bénéfique pour calmer un peu ses ardeurs et mieux comprendre le chemin à parcourir avant d’accéder à de plus grandes responsabilités au sein de son entreprise.

«C’était bon de m’asseoir avec quelqu’un de plus vieux qui a pris le temps de m’écouter. Il m’a fait voir les étapes importantes à franchir avant d’obtenir de grandes responsabilités. Au lieu de vivre des frustrations ou d’avoir des comportements d’empressement, je suis devenu plus calme par rapport à mon désir d’avancement. Je me suis concentré sur ce que j’avais à faire au bon moment. Par le fait même, je suis devenu un meilleur employé et un meilleur gestionnaire pour mon entreprise.»

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