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Fabien Abejean, psychologue sportif

Photo : Patrice Bériault (singenu.com)

Fabien Abejean, psychologue sportif
Photo : Patrice Bériault (singenu.com)

Quand leurs muscles sont fatigués, qu’il fait froid et que leur niveau de stress fait battre la patate, les athlètes se rappellent les conseils de Fabien Abejean pour performer malgré tout.

Fabien Abejean fait des efforts constants pour garder un bon équilibre de vie et inspirer le calme. Les psychologues sportifs doivent donner l’exemple. «Quand l’athlète vient nous voir après une course et qu’on a nous-mêmes vécu aussi le stress de la compétition, il faut lui répondre de façon lucide.»

De la théorie à la pratique

Fabien Abejean a commencé à jouer au soccer «tard», à 13 ans. Bien qu’il en ait souffert sur le plan technique, il a réussi à compenser par l’aspect mental – stratégie, motivation et concentration, par exemple –, de sorte qu’il a pu évoluer au niveau national en France, puis avec les Carabins de l’Université de Montréal.

Son intérêt pour la psychologie du sport vient en partie de là, raconte celui qui détient deux maîtrises dans ce domaine (de l’Université de Toulouse et de l’Université de Montréal).

Depuis 2008, il travaille avec des athlètes olympiques canadiens, dont la planchiste Dominique Maltais.

Un psy sans divan

Bien que son titre professionnel comprenne le mot «psychologue», Fabien Abejean n’est pas là pour aider les athlètes ayant des problèmes personnels ou un trouble de santé mentale. «La psychologie du sport, c’est très différent de la psychologie clinique. Si l’athlète a un trouble alimentaire ou des symptômes de dépression, je le dirige vers un spécialiste.»

Son but est plutôt d’aider les sportifs de haut niveau à demeurer motivés et concentrés, à avoir des objectifs clairs et à raffiner leurs analyses pour la prise de décisions pendant une épreuve. Dans les années qui précèdent des jeux olympiques, il travaille avec eux lors de rencontres individuelles, mais aussi de façon moins formelle à la sortie de la patinoire ou de la piscine. «Ils s’y livrent de façon plus spontanée.»

Fabien Abejean consulte également des vidéos d’entraînement ou de compétition pour voir comment tel ou telle athlète a réagi dans différentes situations. «Je repère des moments-clés d’une course et on y revient ensemble. Par exemple, pour quelle raison il ou elle a, ou n’a pas, dépassé son adversaire à un moment précis.» La confiance, l’état émotif ou encore la capacité à comprendre ce qui se passe autour de soi peuvent jouer, et c’est là-dessus qu’intervient le psychologue sportif.

Ce dernier aide aussi les athlètes à gérer le stress en vue des compétitions, grâce à des techniques de respiration et de relaxation. Il leur enseigne également des techniques d’imagerie, c’est-à-dire à visualiser mentalement des mouvements techniques réussis et les sensations physiques qui y sont liées. Bref, il leur montre à s’entraîner dans leur tête!

Garder sa concentration

Fabien Abejean a aidé les athlètes à préparer une routine en vue des heures qui précéderont une épreuve à Sotchi. Tout est prévu : avec qui être, quoi faire et à quoi penser.

«Ils doivent penser à des choses utiles pour leur performance, explique le spécialiste. Juste avant une course, certains écoutent de la musique ou rient et jasent avec leur entourage. Le public peut avoir l’impression qu’ils ne sont pas à leur affaire. Mais au contraire, pour garder sa concentration, il ne faut surtout pas se laisser distraire par la foule déchaînée, la performance de son adversaire, ses propres doutes ou la qualité de la neige.»

Dans ce dossier sur les Jeux olympiques de Sotchi :

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