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Entrevue de départ : quel est l’intérêt pour l’employeur?

L’entrevue de départ connaît une popularité croissante. Est-ce pour autant une bonne idée ou simplement une colossale perte de temps?

«C’est une bonne idée, car souvent, les employeurs ignorent les véritables raisons qui poussent leurs employés à démissionner», dit Pascal Paillé, directeur du Groupe de recherche sur la rétention et la fidélisation des ressources humaines dans les services au Département de management de l’Université Laval. Lorsque nous posons la même question aux employeurs et aux employés sur les causes des démissions, nous obtenons des réponses contradictoires, précise-t-il.

Généralement, les patrons croient que ce sont les conditions salariales qui poussent les employés à démissionner, tandis que la plupart des employés parlent plutôt de mauvaises conditions d’emploi, comme un conflit avec un supérieur.

Un intervieweur neutre

«Les entrevues de départ devraient être la norme», affirme pour sa part Florent Francœur, président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA) et lui-même CRHA. «Mais pour que ces entrevues soient une réussite, précise-t-il, elles doivent être réalisées par une personne des ressources humaines de l’organisation ou encore un conseiller externe.» Ainsi, un salarié qui démissionne pour des raisons de conflit avec ses supérieurs se sentira plus à l’aise de parler.

Objectif : rétention de personnel

«L’entrevue de départ est la dernière chance pour le patron de connaître les raisons réelles qui ont poussé l’employé à démissionner. Ce n’est donc plus le temps de lui expliquer les politiques de l’entreprise, dit Florent Francœur. L’interviewer doit plutôt orienter la discussion en posant des questions comme : Pourquoi avez-vous décidé de quitter l’organisation? Y a-t-il un événement qui a précipité votre décision? Existe-t-il des facteurs précis qui vous ont poussé à partir?»

«Les bonnes entrevues de départ aident à comprendre le véritable climat de l’entreprise, conclut Pascal Paillé, et cette compréhension est essentielle à la survie des organisations, car les employés les plus compétents sont généralement ceux qui sont les plus attirants pour les concurrents, donc les plus susceptibles de partir.»

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