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Emploi à temps partiel : des étudiants se feraient « voler » leur job

Source : ARGENT – Le taux de chômage chez les étudiants canadiens âgés de 15 à 18 ans à la recherche d’un poste à temps partiel atteint un sommet historique de plus de 20 %, car un nombre croissant de travailleurs plus âgés occupent ces emplois précaires, affirme jeudi la Banque CIBC dans un rapport.

Ainsi, les adolescents canadiens ont de la difficulté à dénicher des emplois à temps partiel (postes traditionnellement occupés par des étudiants dans le commerce de détail, les restaurants, etc.) non parce que l’économie s’effondre, mais parce que la qualité des emplois en général se dégrade. Ce qui pousse des adultes à accepter des emplois à temps partiel, faute de mieux.

«La part des effectifs employés dans le secteur manufacturier diminue de façon soutenue, et dernièrement, les gouvernements ont également effectué des compressions», a déclaré dans un communiqué Avery Shenfeld, économiste en chef de la Banque CIBC. «La pénurie d’emplois plus rémunérateurs a contraint certains parents à accepter le genre d’emplois qui étaient réservés auparavant aux étudiants adolescents.»

De 2007 à 2012, les 15-18 ans ont vu leurs emplois diminuer de plus de 10 %, dans la restauration, de plus 20 % dans le commerce de détail (vendeurs, caissiers, etc.) et de plus de 30 % dans les autres secteurs. Pendant ce temps, les 18 ans et plus ont occupé davantage d’emplois dans ces secteurs, notamment dans la restauration (une hausse d’environ 30 %).

Le rapport souligne aussi que le taux d’emploi chez les 15 à 18 ans accuse une baisse «ahurissante» de 22 % depuis 2007, ce qui dépasse nettement la diminution de 4 % de cette population au cours des dernières années.

Ces chiffres de la Banque, qui ne sont pas ventilés par provinces, proviennent d’un «job quality index». Cet index, basé sur les données de Statistique Canada, compare le temps plein et le temps partiel, le travail autonome et le salariat, et tient compte des avantages sociaux associés à un emploi permanent.

Les données l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) ne correspondent pas à celles de la Banque CIBC. De 2007 à 2012, la part de l’emploi à temps partiel chez les 15-19 ans au Québec est demeurée stable, fluctuant de 69,9 % à 74,5 % ; leur taux d’emploi a varié de 44,3 % à 48, 2 %. On remarque cependant une chute plus marquée du nombre de postes à temps partiel de 2011 à 2012, de 160 500 à 147 200.

Toujours selon l’ISQ, les 15-24 ans occupent, à plus de 60 %, des emplois de «qualité faible» (temps partiel involontaire, moins de 15 $ l’heure, instabilité, travailleurs surqualifiés etc.). Depuis 2008, la proportion d’emplois de «qualité faible» a peu changé dans tous les groupes d’âge.

Une pénurie d’emplois à temps partiel pour les étudiants «peut avoir de très grandes répercussions économiques», affirme la Banque CIBC : familles défavorisées privées d’un revenu d’appoint, étudiants qui ne parviennent plus à épargner pour leurs études supérieures, etc.

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