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Des visages sur le drame du coton indien

Des photos prises par la journaliste Isabelle Ducas lors de son reportage sur les producteurs de coton.

Depuis la mort de son mari, qui s’est pendu en novembre 2011 après avoir perdu plusieurs récoltes de coton, Padma Vykuntama peine à subvenir aux besoins de sa famille avec son salaire de travailleuse agricole. Son fils Naveen, 12 ans, devra quitter l’école pour aller travailler aux champs lui aussi.
Photo : Isabelle Ducas


Le producteur de coton Gurala Srinavas, 33 ans, s’est suicidé en buvant de l’insecticide, désespéré par plusieurs mauvaises récoltes qui l’ont ruiné, comme des milliers d’autres cultivateurs de la province de l’Andhra Pradesh, au centre de l’Inde. Depuis sa mort en octobre 2011, sa famille est harcelée par les prêteurs qui veulent se faire rembourser les 5 500 $ empruntés par le défunt. Sa fille Monika, 13 ans (au centre), devra quitter l’école, qui coûte trop cher, pour s’occuper de la maison. Le reste de la famille tente de faire un peu d’argent en travaillant pour d’autres cultivateurs.
Photo : Isabelle Ducas


Dans l’espoir d’améliorer le rendement de ses champs de coton, le mari de Padma Narayana a entrepris de creuser des puits sur sa terre pour trouver de l’eau, sans succès. À cause de ces travaux, il avait accumulé une dette de plus de 5 000 $. Désespéré, il a mis fin à ses jours en août 2011. Sa femme et sa mère sont maintenant sans ressources. Padma s’apprête à retirer de l’école ses deux fils adolescents parce qu’elle ne peut plus payer leurs études.
Photo : Isabelle Ducas


Dans les régions cotonnières du centre de l’Inde, les terres ne sont pas irriguées. Les producteurs de coton dépendent de la météo. Or, au cours des dernières années, le secteur a été accablé par plusieurs sécheresses, ce qui a gâché les récoltes et provoqué la détresse des cultivateurs. Ici, à Doulapur, en Andhra Pradesh, les villageois doivent aller chercher l’eau au puits, qui peine à répondre à la demande.
Photo : Isabelle Ducas


Plus au nord du pays, la région du Pendjab est aussi touchée par la vague de suicides de producteurs de coton. Trois semaines après la mort de Dara Singh, ses trois enfants étaient inconsolables. On voit ici deux d’entre eux, Manpreeta, 11 ans, et Aman Deep, 13 ans, entourées de voisins et de membres de leur famille. Leurs grands-parents, Gurdev Kaur et Lilu Singh (au centre), ne savent pas comment ils vont subvenir à leurs besoins. Ils tentent d’avoir l’aide de la Baba Nanak Educational Society, qui finance les études des enfants orphelins pour leur permettre d’avoir un meilleur avenir.
Photo : Isabelle Ducas


Travailleuses agricoles de la Chetna Organic Farmers Association. En Andhra Pradesh, cet organisme aide depuis 2004 les cultivateurs à se regrouper en coopératives pour cultiver du coton biologique. Cela leur permet de réduire leurs coûts de production – ils n’utilisent ni pesticides, ni engrais chimiques, ni semences transgéniques – et d’obtenir un meilleur prix. L’organisation regroupe 15 000 cultivateurs, dont la situation financière s’est beaucoup améliorée depuis qu’ils se sont convertis au bio.
Photo : Chetna Organic Farmers Association


Venkat Reddy s’est converti à la culture du coton biologique en 2007. Il n’a pas besoin d’emprunter pour l’achat de coûteuses semences transgéniques ou de pesticides chimiques. Même si ses rendements sont un peu moins bons, il s’en sort mieux financièrement et ne met pas sa santé en danger.
Photo : Isabelle Ducas


Lorsqu’il utilisait des pesticides chimiques dans ses champs, Raj Reddy avait plusieurs problèmes de santé : maux de tête, étourdissements, maladies de peau. Depuis qu’il s’est converti à la culture du coton bio, en 2004, ces ennuis ont disparu. Dorénavant, avec sa famille, il élève aussi des vaches, dont les excréments permettent de produire du biogaz – qui sert pour la cuisine – avant d’être répandus dans les champs comme engrais.
Photo : Isabelle Ducas

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Dans ce dossier

• Inde – Vague de suicides chez les producteurs de coton

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