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Chaudière-Appalaches

Le secteur des services est devenu le moteur de la création d’emplois dans cette région de tradition manufacturière. Une véritable mutation reposant en grande partie sur le dynamisme de Lévis, qui s’affranchit de Québec et devient la locomotive de la Chaudière-Appalaches.

Les perspectives

«Le secteur manufacturier est traditionnellement très important dans la région», explique André Martin, conseiller principal au bureau d’affaires Québec–Chaudières-Appalaches de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.

Mais le secteur est fragilisé par le ralentissement de la demande américaine et la concurrence étrangère. La fermeture de Vêtements de sport RGR en 2011, qui a jeté 400 travailleurs à la rue, a sonné le glas de l’industrie du textile dans la région. Le fabricant de produits de plastique IPL a dû interrompre temporairement ses activités, licenciant 420 de ses 630 employés en 2011. Quant au fabricant de douches et baignoires MAAX, il ne comptait plus que 240 travailleurs à la fin de l’été 2011, après avoir mis à pied 100 personnes.

«Les délocalisations sont aussi à craindre, indique Dominique Bois, économiste à Emploi-Québec. Smucker’s Food fermera son usine de fabrication de confiture de Sainte-Marie pour en ouvrir une en Ohio en 2013, ce qui représente une perte d’une centaine d’emplois. De son côté, Stryker Medical, principal employeur du village de L’Islet avec 300 emplois, fermera son usine d’équipement médical en 2012.»

Croissance des services

Toutefois, l’emploi ne manque pas dans la Chaudière-Appalaches. Le taux de chômage s’y maintient entre 5 et 6 % depuis plusieurs années, soit de deux à trois points sous la moyenne québécoise. «De ce fait, on commence à manquer de main-d’œuvre, dans des secteurs aussi variés que les services financiers ou la soudure», soutient Raymond Gouin, directeur général de la Société de développement économique de Lévis.

Les départs à la retraite et la croissance fulgurante du secteur des services seront responsables de la plus grande partie de la création d’emplois au cours des prochaines années. «La région aura 38 500 postes à pourvoir d’ici à 2014, dont 29 500 seront des remplacements de retraités, indique Dominique Bois. Plus de 80 % de ces postes seront dans le secteur des services, avec une concen­tration en santé et services sociaux, ­commerce de détail et de gros, architecture et génie», ajoute-t-il.

C’est à Lévis que se retrouveront une grande part de ces emplois. «Auparavant, cette ville était considérée comme une banlieue de Québec, rappelle André Martin. Ce n’est plus le cas maintenant. Elle est devenue le véritable moteur du développement économique de la région.» L’agrandissement du campus de Desjardins, qui regroupe plusieurs sièges sociaux des divisions de l’entreprise, un investissement de 125 millions de dollars, créera de l’emploi dans la construction d’abord, puis dans les services financiers. À elle seule, Desjardins Sécurité financière prévoit l’embauche d’une cen­taine d’employés en 2012. Toujours à Lévis, la construction du parc ­technologique Innoparc, débutée en 2011, devrait attirer 75 entreprises au cours des prochaines années, dans des secteurs comme la robotique, l’efficacité énergétique et les aliments fonctionnels, ce qui générera près de 1 200 emplois.

Enfin, l’agroalimentaire occupe environ 8 000 per­sonnes dans cette région, qui demeure le premier exportateur de sirop d’érable avec 30 % de l’ensemble de la production mondiale. 10/11

Les tendances démographiques

En 2003, l’Institut de la statistique du Québec prévoyait une diminution de la population à partir de 2026. Mais il a révisé cette estimation en 2009 et prévoit désormais que la population continuera de croître jusqu’en 2031.

Cette augmentation devrait à la fois accroître le bassin de main-d’œuvre disponible dans la région et alimenter la croissance des secteurs du commerce de détail et des services.

Toutefois, c’est surtout Lévis qui profitera de cette manne. En effet, les autres MRC affichent des taux de croissance sous la moyenne provinciale depuis 2001, et les MRC de L’Islet et des Etchemins sont frappées par l’exode rural et l’exode des jeunes.

À signaler

>   En 2011 et 2012, 286 millions de dollars seront investis dans 146 chantiers routiers, donnant de l’emploi à des centaines de travailleurs de la construction. Le prolongement de l’autoroute 73 de Beauceville à Saint-Georges sera l’un des principaux chantiers.

>   Une usine de Pellets Plus, un producteur de granules de mousse de tourbe, ouvrira ses portes en 2012 à Saint-Charles-de-Bellechasse. L’investissement de 25 millions de dollars créera 35 emplois directs et une centaine d’emplois indirects.

>   La construction du pipeline Saint-Laurent d’Ultramar reliant la raffinerie Jean-Gaulin de Lévis au terminal montréalais se poursuivra jusqu’à l’automne 2012. Plus de 2 000 emplois directs et indirects sont créés pour la phase de construction, et une douzaine de travailleurs seront embauchés pour l’exploitation.

SUR LE TERRAIN

C’est à Lévis qu’Alphonse Desjardins a fondé la première caisse populaire, et le Mouvement Desjardins y est toujours très présent. L’entreprise embauche régulièrement dans plus de 20 secteurs d’emploi différents. «Cette diversité reste mal connue», note Catherine Rousseau, conseillère principale en stratégie de recrutement et de visibilité. Desjardins emploie des travailleurs spécialisés dans les services financiers, la gestion du risque, l’administration et les technologies de l’information (TI), entre autres.

Très recherchés, les spécialistes en TI sont les plus difficiles à recruter. L’entreprise embauche en dehors de la Chaudière-Appalaches, et aussi en France et en Belgique. «Nous sommes également très présents sur les réseaux sociaux, notamment LinkedIn, Facebook et Twitter, et notre ­approche y est de plus en plus ­personnalisée», explique Catherine Rousseau. À l’automne 2011, Desjardins a lancé sur YouTube une série de capsules vidéo pour présenter les carrières que l’on peut mener dans ses différents services.

IMMIGRATION

Il y avait 4 665 immigrants dans la région lors du recensement de 2006, soit près de 800 de plus qu’en 2001. Ils constituaient 1,2 % de la population totale. Plus de 6 immigrants sur 10 étaient âgés de moins de 45 ans et 4 sur 10 parlaient le français et l’anglais. La moitié des nouveaux arrivants provenaient d’Amérique du Nord ou d’Europe de l’Ouest. À eux seuls, les Américains et les Français d’origine constituent 41,3 % de la population immigrante.

DES SECTEURS QUI RECRUTENT
Aliments et boissons • Commerce de gros • Construction • Fabrication de machines • Finances, assurances, immobilier et location • Foresterie et exploitation forestière • Hébergement et restauration • Produits informatiques et électroniques • Santé et services sociaux • Services aux entreprises • Services professionnels, scientifiques et techniques • Transport et entreposage

Source : Dominique Bois, Emploi-Québec.

RECHERCHÉS

  • Ergothérapeutes (Formation universitaire)
  • Gestionnaires de systèmes informatiques (Formation collégiale)
  • Infirmiers, infirmiers auxiliaires (Formations professionnelle, collégiale et universitaire)
  • Inhalothérapeutes (Formation collégiale)
  • Omnipraticiens et médecins en médecine familiale (Formation universitaire)
  • Pharmaciens (Formation universitaire)
  • Préposés aux bénéficiaires (Formation professionnelle)

Source : Emploi-Québec. Le marché du travail dans de la Chaudière-Appalaches, Perspectives professionnelles 2010-2014, 2011.

PRINCIPALES VILLES
Lévis • Montmagny • Sainte-Marie • Saint-Georges • Thetford Mines

Source: Les carrières d’avenir 2012

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