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Calme sur commande

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L’être humain est doué pour se rendre malheureux lui-même. Surtout quand il pense à son travail.

Comme la fois où vous avez ruminé toute une soirée un différend que vous veniez d’avoir avec un collègue.… Vous vous êtes rejoué la scène en boucle en rentrant chez vous, vous en avez monologué devant votre douce moitié au souper, vous y avez repensé avant de vous endormir (si vous avez dormi).

Voilà qui illustre à quel point nos pensées peuvent miner notre humeur. Il existe pourtant un moyen de couper court à ce mécanisme insidieux : la méditation. Il n’est pas question ici de religion ou d’ésotérisme, mais de techniques très simples auxquelles la science s’intéresse de plus en plus.

Une approche courante consiste à concentrer son attention sur sa respiration pendant un temps donné. Certaines écoles prescrivent 20 minutes, 2 fois par jour, d’autres 5 minutes, 3 fois par jour. L’important est de s’y mettre quotidiennement. Pour éviter de s’endormir, il est conseillé de s’asseoir le dos bien droit.

«Évidemment, l’esprit va vouloir aller jouer au golf ou faire sa liste d’épicerie», dit Charles-Mathieu Brunelle, directeur général des Muséums Nature de Montréal et adepte assidu. «Quand on réalise qu’on s’est laissé distraire, on ramène tout simplement notre attention sur la respiration.» L’exercice peut paraître simpliste, mais les résultats sont des plus bienfaisants.

À la longue, on parvient à cultiver un état de calme de plus en plus indépendant des circonstances extérieures.

Grâce à l’imagerie par résonance magnétique, des chercheurs ont constaté des changements physiologiques et neurologiques chez des sujets ayant suivi un entraînement à la méditation de huit semaines. Par rapport à un groupe de contrôle, ces derniers présentaient une activité cérébrale plus intense dans le lobe préfrontal gauche du cerveau, une région associée aux sentiments positifs.

La même étude fait aussi état d’une amélioration du système immunitaire, et d’autres travaux observent une diminution de la tension artérielle et une capacité accrue de concentration. Il faut toutefois mentionner que, malgré près de 2 000 études menées sur la méditation depuis les années 50, on n’a pas encore établi avec certitude que cette pratique pouvait guérir des troubles précis.

N’empêche qu’avec l’entraînement, on peut parvenir à se détacher des pensées et des émotions pour en venir à les observer comme un spectateur, disent les experts consultés.

«Il n’est pas question de fuir nos problèmes», dit Lucie Poitras, de la firme L’Éthique par le cœur, qui offre entre autres des ateliers de méditation en milieu de travail. «Il s’agit plutôt de changer l’angle de la caméra. Au lieu de voir l’action en gros plan, on se place un peu plus loin. Cela permet de voir la situation différemment et de mieux l’accepter.»

Autrement dit, nos tracas cessent d’accaparer tout notre esprit. Le stress en perd sa raison d’être et, à la longue, on parvient à cultiver un état de calme de plus en plus indépendant des circonstances extérieures. «On devient moins perturbé par les émotions et on se sent moins ballotté par les événements», remarque Charles-Mathieu Brunelle.

Pour Robert Béliveau, médecin, conférencier et animateur d’ateliers de gestion du stress au Centre Épic de l’Institut de Cardiologie de Montréal, la pratique donnerait en plus le courage d’accepter de nouveaux défis. «À partir du moment où on a accès à ce refuge intérieur, il a beau y avoir des tempêtes à l’extérieur, on sait qu’on a la capacité de générer du calme sur demande.»

Et qui dit humeur plus calme dit meilleures relations, poursuit-il. «En cas de conflit, on a plus de chances de trouver une solution satisfaisante si on est détendu et ouvert que si on est au bord de la crise de nerfs. Plutôt que d’être cassant ou rigide, on devient créatif en essayant de trouver des terrains d’entente.»

Lors du prochain différend, respirez au lieu de ruminer!

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