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Quand l’inconscient fausse l’analyse du non-verbal

En entrevue d’embauche, en gestion de conflits ou en coaching, le langage corporel est un outil incontournable. Il permet de déceler les désaccords, les omissions ou encore le stress de performance. Mais son analyse peut être trompeuse puisque certains biais interfèrent.

À qui pensez-vous?

On garde en mémoire les gestes, les tics, les expressions faciales de nos proches et des gens qui nous ont blessé. Ainsi, si un ami qui vous a trahi avait la mauvaise habitude de triturer sa lèvre inférieure, lorsque vous rencontrerez quelqu’un qui fera la même chose, sans même vous en rendre compte, vous lui attribuerez les défauts de votre ami. Aussi, prenez conscience des associations qui se font dans votre tête lorsque vous rencontrez une nouvelle personne. À qui cette poignée de main vous fait-elle penser? Qui cette démarche vous rappelle-t-elle? Qui jouait dans ses cheveux de cette façon?

Savez-vous déjouer votre inconscient?

Lorsqu’on a confiance en quelqu’un, on interprète plus positivement son langage corporel et on amoindrit l’importance des signes de non-dits, d’exagération et de mensonges. Cela porte un nom : le biais de confiance. C’est pourquoi un bon parleur peut se démarquer en entrevue d’embauche ou lors d’une confrontation s’il a su gagner votre confiance auparavant.

Or, si l’on cherche le mensonge dans un discours, notre cerveau ne verra que ce qui confirme cette hypothèse! C’est ce que l’on appelle le biais de croyance. En effet, on croit alors à tort que les items corporels que nous observons sont des signes de mensonge.

C’est si facile de croire…

Par définition, l’humain est paresseux. Il est plus facile de croire ce que les gens disent et de ne pas vérifier les faits. C’est ce qui se passe avec les commérages et les rumeurs, entre autres. On prend pour acquis que les propos sont exacts sans trop se poser de questions. C’est en partie ce qui explique pourquoi on croit ce qui est dit dans une entrevue d’embauche et on remarque peu les éléments non-verbaux qui contredisent pourtant les propos. C’est ce que l’on  appelle le biais de véracité.

Que faire?

Le premier des outils à mettre en pratique, c’est la pleine conscience! Découvrez les biais d’observation qui vous jouent le plus souvent des tours! Identifiez les associations qui se font dans votre esprit. Pratiquez-vous à observer le langage corporel sans porter de jugement et sans faire d’interprétation : simplement observer. C’est plus difficile qu’on le croit parce qu’on a tendance à catégoriser et, par conséquent, à coller des étiquettes!

Conclusion

Le langage corporel de votre interlocuteur peut être affecté par beaucoup de choses et tout particulièrement par votre propre attitude! En effet, si vous avez un préjugé favorable de quelqu’un, il tendra à confirmer cette perception par son comportement, son langage corporel et ses propos. C’est l’effet Pygmalion.

Mais si vous avez un préjugé défavorable, l’autre tendra aussi à confirmer cette perception à son insu. C’est l’effet Golem. Notre interlocuteur reproduit ce que l’on pense de lui sans s’en rendre compte.

Et si vous êtes suspicieux, vous rendrez l’interlocuteur nerveux. Vous risquez alors de prendre son anxiété pour du mensonge. C’est ce que l’on appelle un faux positif.

Il vaut donc mieux débuter la conversation avec un esprit en paix, exempt de jugements, d’aprioris. Votre écoute réelle et entière permettra à votre interlocuteur de vous livrer bien plus d’informations verbales et non-verbales.

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Annabelle Boyer

Annabelle Boyer, CRHA est spécialiste de la synergologie, la lecture du non verbal. Elle est auteure des livres Relations sous emprise et Je lis en vous… savez-vous lire en moi? chez Béliveau Éditeur. Elle dirige également ABC Solution, une firme spécialisée en développement organisationnel et en ressources humaines.

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