Portrait métier :
conseiller en services cliniques

Ce mois-ci, nous découvrons un métier assez méconnu, celui de conseiller en services cliniques.

Louis-Philippe Loiselle Fortier est conseiller en services cliniques chez Airmedic, services médicaux aéroportés et, aujourd’hui, il nous présente son métier dans les moindres détails!

Jobboom : En quoi consiste le métier de conseiller en services cliniques ?

Louis-Philippe Loiselle Fortier : À la base, je suis inhalothérapeute. Un inhalothérapeute est un spécialiste de la fonction cardio-respiratoire. Je suis donc spécialisé dans la prise en charge des voies aériennes chez des patients qui sont instables, dans la surveillance respiratoire et la surveillance hémodynamique. Un inhalothérapeute est donc expert au niveau de la ventilation.  Nous pouvons donc être amenés à intuber des patients qui ont du mal à respirer ou qui ont besoin d’avoir un support respiratoire important avec un respirateur ou d’autres traitements médicamenteux.

Chez Airmedic, j’occupe le poste de conseiller en services cliniques. Nous sommes présentement 2 à occuper ce poste.

De mon côté, je m’occupe du service des soins critiques au niveau des inhalothérapeutes.

J’ai également en charge la supervision des transports néonatals. Nous proposons en effet ce service de transports pour les nouveaux nés qui sont malades. L’équipe est composée d’une infirmière et d’un inhalothérapeute qui sont spécialisés en transports néonatals, donc qui travaillent dans des centres hospitaliers avec des services néonatals qui sont des services de soins intensifs pour les nouveau-nés. Cette équipe s’occupe de la prise en charge des bébés, de leur évaluation, de les stabiliser en leur offrant un support respiratoire, de leur donner les médicaments nécessaires. Ensuite, ils ont pour objectif de les stabiliser pour qu’ils soient en mesure d’être transportés, en avion ou en hélicoptère.

Je suis en tant que conseiller en services cliniques le superviseur de ces deux équipes-là. Je participe au recrutement des professionnels qui intègrent ces équipes. Je prodigue ensuite toute la formation nécessaire concernant le transport médical, la stabilisation des patients, la sécurité, et les urgences auxquelles on peut être confrontées pendant un transport de patient. Puis, je m’occupe également de tous les protocoles cliniques, c’est à dire de maintenir ou de développer des outils qui vont servir à nos équipes pour que toutes les étapes à suivre dans chacune des situations possibles soient claires pour eux. Par exemple, on met à disposition des manuels d’utilisation pour chaque équipement.

Bien que superviseur, je continue à effectuer des transferts pour continuer à voir quels sont les besoins sur le terrain pour ensuite adapter certains protocoles si nécessaire ou en développer de nouveaux, toujours dans un objectif de faciliter le travail de nos équipes. Cela peut être aussi l’occasion de tester de nouveaux équipements, de mettre en pratique certaines procédures que nous venons de mettre en place. Bien sûr, en tant que superviseur, on a moins l’occasion de partir en mission, puisque notre rôle principal est vraiment le conseil clinique.

Jobboom : Pourquoi avoir choisi ce métier ?

LP.LF: Le rôle de conseiller clinique est comme une sorte de spécialisation. Dans les centres hospitaliers, des infirmières ou des inhalothérapeutes se spécialisent en conseil clinique.

Pour ma part, j’ai gradué en 2008, puis j’ai directement intégré l’hôpital Saint-Justine où j’ai acquis de l’expérience en néonatalogie, en travail au bloc opératoire comme inhalothérapeute. J’ai également collaboré avec l’équipe qui s’occupe de la circulation extra corporelle aux soins intensifs.

Par la suite, je me suis spécialisé en transports néonatals où j’ai pris en expérience sur la stabilisation et la logistique des transports, tout d’abord uniquement en ambulance.

C’est là où j’ai commencé à avoir un intérêt pour développer les transports en avion ou en hélicoptère. C’est comme cela que j’ai commencé à collaborer avec Airmedic pour mettre en place ce service de transports néonatals, ce qui s’est fait en 2013. On a recruté des inhalothérapeutes, on a fait l’achat de nouveaux équipements pour pouvoir prendre en charge les patients instables ou en état critique.

En parallèle, j’enseignais dans un CEGEP la néonatalogie, les techniques d’inhalothérapie et la pédiatrie. C’est là où j’ai pris beaucoup en expérience pour enseigner et transmettre mes compétences, ce qui m’est aujourd’hui très utile dans mon rôle de conseiller en services cliniques où je suis en charge de former les nouveaux membres à leur arrivée afin qu’ils s’adaptent au mieux et le plus rapidement possible à ce nouvel environnement.

Jobboom : Quelles sont les compétences primordiales d’un conseiller en services cliniques?

LP.LF: Tout d’abord, il est essentiel, voire obligatoire, de connaitre les bases en anatomie, en physiologie, etc., pour être capable de prendre en charge des patients et de mettre en place le protocole de réanimation. Pour rester au niveau et devenir une ressource pour le reste des équipes, il faut se former en continu (lire les dernières publications scientifiques, suivre des formations, etc.) et savoir transmettre son savoir.

L’entregent et l’esprit d’équipe sont également des compétences primordiales pour exercer ce métier puisqu’on est amené à communiquer chaque jour avec des professionnels en santé de toutes spécialités, mais également avec les équipes d’Airmedic comme les pilotes, les ressources humaines ou le coordonnateur aux missions.

Pour le poste de conseiller en services cliniques, il est enfin intéressant de détenir des compétences en gestion de projets.

Jobboom : Quels sont les traits de personnalités particulièrement utiles à un conseiller services cliniques?

LP.LF: Évidemment, il faut avoir l’esprit d’entraide pour travailler dans le domaine de la santé. Avoir de l’empathie est nécessaire, sans pour autant se laisse dépasser émotionnellement par les situations parfois graves auxquelles sont confrontés les patients pour lesquels on intervient. Il faut donc faire preuve d’empathie tout en conservant une certaine distance pour pouvoir effectuer ce qu’on a à faire.

Cette empathie doit également être dirigée vers les équipes médicales que nous rencontrons en région et qui font tout ce qui leur est possible de faire avec les moyens à disposition dans ces zones parfois très reculées de la Province.

De base, pour être inhalothérapeute ou de manière à travailler dans des situations d’urgence,  il est essentiel d’être une personne avec du sang-froid. Il faut savoir garder son calme quelles que soient les circonstances.

L’optimisme et la bonne humeur sont des traits de personnalité appréciés pour maintenir un bon esprit dans l’équipe.

Mais ce qui me parait le plus important, c’est d’avoir de la passion et de la curiosité pour ce métier, parce qu’il réclame une implication totale. C’est à dire qu’il faut en permanence se former pour toujours offrir le meilleur service possible aux patients et devenir une ressource efficace pour le reste de l’équipe.

Jobboom : A quoi ressemble une journée type en tant que conseiller en services cliniques chez Airmedic?

LP.LF: On commence toujours par apporter notre support au coordonnateur de missions pour valider son évaluation du patient et réaliser le plan de mission avec l’équipe qui va aller chercher le patient.

Ensuite, une partie de notre temps est dédié à la gestion du matériel et des équipements. On gère les inventaires. Le conseiller en services cliniques doit s’assurer que le matériel soit disponible, en état de marche et bien évidemment nettoyé consciencieusement. On s’assure que ces vérifications matérielles deviennent une routine pour les équipes envoyées en mission.

Dépendamment des projets en cours, on effectue des analyses a posteriori de nos missions afin de recenser les problématiques que l’on rencontre fréquemment ou, au contraire, celles jamais rencontrés jusqu’à présent, afin d’identifier des solutions adaptées. La solution peut être d’ajouter un nouvel équipement, donc il faudra revoir le protocole en conséquence et former les équipes.

Chaque semaine, on participe à une réunion où l’on vient échanger sur les dossiers en cours pour venir chercher l’expertise de chaque corps de métier.

On y parle également de l’actualité de l’entreprise, projets et résultats. On va pouvoir par exemple donner notre avis de professionnels de la santé sur un nouveau service que l’organisation souhaiterait proposer.

La formation est également une des tâches principales qui occupent nos journées. La formation peut être continue ou délivrée aux nouveaux arrivants chez Airmedic. On participe aussi au recrutement, processus de sélection et entrevues avec le département des ressources humaines.

Jobboom : Pourquoi avoir choisi de pratiquer votre métier chez Airmedic et non dans un centre hospitalier? Quelles sont les principales différences entre les deux?

LP.LF: Pour ma part, je continue en parallèle d’Airmedic à travailler dans un centre hospitalier.

Le défi chez Airmedic, qui m’a attiré est celui du transport médical aéroporté. Il faut faire preuve de plus de débrouillardise en utilisant du matériel que l’on utilise moins souvent habituellement ou en raison encore de l’équipe et de l’espace réduits dans les avions ou hélicoptères utilisés pour le transport.

On a en charge un seul patient alors qu’en hôpital, on aura toujours la charge de plusieurs patients en même temps, donc on peut être concentré à 100% sur le cas.

Le poste de conseiller en services cliniques chez Airmedic inclut, comme je le disais précédemment, de la gestion de projets ou de personnel, ce que l’on fait peu, voire quasiment jamais, en centre hospitalier.

Plus d’urgences et plus de stress sont aussi des différences avec la pratique en hôpital.

Quelles sont les carrières vers lesquelles un conseiller en services cliniques pourrait facilement se transférer?

LP.LF: Comme conseiller en services cliniques, on touche à la gestion de projet ainsi qu’à la gestion de personnel, mais également du terrain. On peut donc facilement aller chercher un poste plus élevé hiérarchiquement comme celui de chef de services ou simplement un poste similaire, mais dans un service plus important avec plus de cas traités et plus de personnel à gérer.

Jobboom : Quelles études et formations peut-on suivre pour devenir conseiller en services cliniques?

LP.LF: J’ai effectué un DEC en Inhalothérapie, c’est un diplôme technique que l’on obtient au CEGEP. Par la suite, je me suis spécialisé dans un domaine très niche : le transport néonatal. Dans tous les cas, pour occuper ce type de poste, il est obligatoire à un moment donné d’être formé et spécialisé en néonatalogie ou en transports. A l’Hôpital Saint-Justine, nous sommes seulement 8 inhalothérapeutes à faire du transport néonatal et au Québec, nous devons être 20-30 au maximum.

Mes compétences en gestion de projet, je les ai acquises sur le terrain chez Airmedic et celles de formateur, je les ai travaillées en 2012 en devenant enseignant, en parallèle de mon activité professionnelle.

Ces compétences peuvent également être acquises en suivant des enseignements comme le Certificat en inhalothérapie à l’Université du Québec ou le Certificats en gestion de la santé. Un BAC en inhalothérapie n’existe pas, mais les certificats font la job. Il est possible et même essentiel de se spécialiser en milieu professionnel en participant à des projets de recherche ou autres sur ces thématiques, ce qui permettra d’acquérir une expérience sur le terrain.

Jobboom : Avez-vous des conseils pour les intéressés?

LP.LF: Explorez différents secteurs pour prendre le plus d’expérience possible et, si comme moi vous êtes passionnés par un secteur, lancez-vous ! Suivez des formations, passez des certificats, participez à des projets de recherche pour devenir une ressource référente incontournable dans votre domaine. Ensuite, vous pourrez ainsi réaliser des conférences, effectuer du mentorat ou donner des cours pour former les prochaines générations. En résumé, il faut le vouloir!

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Le point de vue du recruteur

Jobboom : Quelles sont les compétences clés que vous cherchez sur le CV d’un/une conseiller(ère) services cliniques?  

En plus des exigences académiques, les compétences clés recherchées sont une expérience pertinente en département d’urgence active et/ou soins intensifs ainsi qu’une expérience pertinente en conseil clinique, des habiletés de communication et d’organisation ainsi qu’une capacité d’analyse et de synthèse.

Jobboom : Est-ce que vous demandez également aux candidats de vous faire parvenir une lettre de présentation lorsqu’ils appliquent à une offre ?

Une lettre de présentation n’est pas obligatoirement requise lors d’une application chez Airmedic, toutefois le fait d’inclure une telle lettre permet au candidat de communiquer desinformations additionnelles et par le fait même de se distinguer des autres applications. Encore faut-il que ladite lettre soit rédigée de façon personnalisée, et non générique, afin qu’elle soit considérée comme une valeur ajoutée au dossier de candidature.

Jobboom : Quels sont les éléments clés qui retiendront votre attention lors de l’entrevue ?

Le niveau de connaissance des activités de l’entreprise et de sa mission, la compréhension du poste auquel le candidat applique ainsi que les compétences et l’expérience pertinente en lien avec le poste convoité sont tous des éléments que nous considérons lors de l’entrevue. De plus, l’arrimage entre les valeurs de notre entreprise et celles du candidat est un élément qui retiendra certainement notre attention.

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