Les immigrants de la région montréalaise à la rescousse des régions

En partenariat avec la Fédération des chambres du commerce du Québec

Malgré leur rêve d’intégration, certains immigrants ne trouvent pas d’emploi dans la métropole ou occupent un emploi pour lequel ils sont souvent surqualifiés. À l’heure où de nombreuses entreprises en région peinent à recruter du personnel, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) lance le programme Un emploi en sol québécois, qui permet de mettre en relation les employeurs à la recherche de main-d’œuvre avec des immigrants qui répondent à leurs besoins.

Des besoins criants en région 

80 % des personnes immigrantes habitent le territoire montréalais, alors que 55 % des emplois disponibles se trouvent en région. Avec un taux de chômage deux fois plus important que pour les natifs du Québec, il y avait urgence d’agir pour aider les personnes immigrantes à découvrir les possibilités d’emplois à l’extérieur de la métropole.

Comme l’explique le président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Stéphane Forget, l’objectif de cette initiative chapeautée par la FCCQ est de créer un pont entre les travailleurs et les employeurs afin que les deux parties y trouvent leur compte.

« Compte tenu des défis de main-d’œuvre que nous connaissons et des opportunités que cela peut représenter pour les personnes immigrantes qui s’installent au Québec, la FCCQ a choisi, avec son projet Un emploi en sol québécois, de mettre à contribution son réseau de chambres de commerce afin d’épauler les entreprises québécoises. »

Grâce à ce processus de jumelage, les entreprises ont accès à un bassin de candidats préqualifiés par le programme, alors que les candidats sont pris en charge tout le long du processus pour leur assurer un maximum de quiétude et de succès.

« Nous avons mis en place une structure pour faire en sorte que les immigrants établis au Québec depuis cinq ans et moins puissent avoir accès à des entrevues avec les employeurs des régions et découvrir un milieu de vie dans lequel évoluer, s’ils acceptent l’emploi », affirme Stéphane Forget.

Employés et employeurs invités à s’inscrire en ligne 

Le fonctionnement du programme Un emploi en sol québécois est simple : les employeurs sont invités à s’inscrire sur la plateforme de la FCCQ pour afficher les postes à pouvoir et les profils recherchés.

De leur côté, les personnes immigrantes à la recherche d’un emploi sont conviées à faire de même en remplissant un questionnaire en ligne et en soumettant leur curriculum vitae. Ils reçoivent par la suite un rapport détaillé et gratuit sur leurs forces face au marché du travail québécois, et sur la façon de se présenter en entrevue.

Grâce à un algorithme complexe, le système établit des compatibilités entre employés potentiels et employeurs.

« Notre équipe contacte par la suite les individus et les entreprises pour leur dire : On a une possibilité pour vous. On a trouvé des candidats intéressants/des employeurs intéressants. Est-ce que vous aimeriez participer à une activité dans la région? », poursuit M. Forget.

La « grande séduction » en région

Lorsqu’un nombre suffisant de travailleurs sont disposés à rencontrer un employeur, des séances d’entrevues et des activités leur permettant de découvrir la région sont organisées par la FCCQ et ses nombreux partenaires régionaux.

« C’est très sécurisant de partir en groupe, de faire partie d’une délégation, bref, d’être partie prenante d’une démarche planifiée et structurée où on sera bien reçu. Notre réseau de chambres de commerce à travers le Québec s’assure que les candidats se sentiront bienvenus », souligne Stéphane Forget.

Et pour cause, les personnes immigrantes sont chaudement accueillies à leur arrivée par les dignitaires de la ville, pour ensuiteparticiper à des séances d’entrevues. Comme ils ont directement accès aux décideurs durant ces journées, certains repartent avec une offre d’emploi le jour même!

Après la ronde d’entrevues et le dîner,  un tour de la ville est organisé pour présenter aux candidats les quartiers, les parcs, leur parler de l’accès aux logements ou à la propriété, aux écoles, aux transports en commun, aux soins de santé, etc.

« On veut s’assurer durant l’après-midi que toute personne immigrante qui aurait reçu une offre d’emploi le matin ait en main toute l’information nécessaire pour se décider : Est-ce que je décide de sortir de Montréal et de vivre dans cette région-là avec ma famille? Est-ce qu’il s’agit d’un projet intéressant? Pour plusieurs nouveaux arrivants, les régions québécoises leur ont été présentées du point de vue touristique, omettant un peu la vie urbaine qui y est bien dynamique », explique Stéphane Forget.

D’où l’importance de faire tomber les préjugés et appréhensions pour que des villes comme Drummondville, Val-d’Or, Sherbrooke ou Saint-Georges de Beauce, par exemple, deviennent à leurs yeux davantage qu’un point sur une carte, mais bien un endroit pour vivre et travailler.

« Se déraciner une seconde fois, c’est une épreuve lorsqu’on y pense, alors en se sentant accueillies en région, les personnes immigrantes réaliseront qu’il est possible de se créer un nouveau réseau » rappelle M. Forget.

Un programme offert dans 8 régions du Québec

À la suite du succès du projet pilote l’an dernier, le programme chapeauté par la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et financé par Emploi-Québec a été élargi à huit régions administratives soit : l’Abitibi-Témiscamingue, la Capitale-Nationale, le Centre-du-Québec, Chaudière-Appalaches, l’Estrie, les Laurentides, la Montérégie et le Saguenay-Lac-Saint-Jean, soit des région ayant un taux de chômage parmi les plus bas et les besoins de main-d’œuvre les plus élevés.

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Marie-Claude Veillette

Journaliste généraliste depuis 20 ans, Marie-Claude Veillette a travaillé tour à tour à la radio et à la télévision. Professionnelle ayant le souci du détail, elle est passionnée de communications et de marketing.