Du stress et encore du stress

Les exigences sont nombreuses tant à l’école, sur le marché du travail que socialement. De plus, tout va de plus en plus vite et on attend de nous de la performance. Nombreux sont ceux qui s’imposent de suivre la parade mais à quel prix!

Les conseillers d’orientation reçoivent beaucoup de demandes d’aide concernant le stress au travail. Certaines personnes demandent du support de façon préventive mais nombreux sont ceux qui arrivent dans nos bureaux déjà au bout du rouleau, suite à un arrêt de travail, un syndrome d’épuisement professionnel (burnout), etc.
L’accumulation de stress pousse bien des gens au pied du mur. C’est comme s’ils étaient dans une roue qui tourne de plus en plus vite et ils n’arrivent plus à la ralentir ou l’arrêter. Ils peuvent se sentir dépassés, étouffés, en perte de contrôle, n’arrivent plus à voir clair, à réfléchir voire même à avoir du plaisir à travailler et/ou à vivre tout simplement. Ce sentiment peut prendre de plus en plus de place dans leur vie.

Trop c’est trop!

Je remarque en consultation que l’individu vivant ce type de problématique, ajoute une pression supplémentaire importante pour des raisons personnelles que vous verrez plus loin dans cet article. Celui-ci a un certain pouvoir sur le stress vécu tant au travail que dans sa vie et c’est sur cet aspect qu’il est important de s’arrêter afin de reprendre ce pouvoir.

Vous avez plus de pouvoir que vous croyez!

Voici diverses raisons pour lesquelles plusieurs vivent ce type de difficulté.

Le perfectionnisme

La majorité des gens veulent bien faire mais certains d’entre eux sont continuellement insatisfaits pour toutes sortes de raisons. Ce qui les pousse à en faire toujours davantage et ce cercle vicieux n’a plus de fin. Ils en viennent à ne plus savoir ce qui est prioritaire et ce qui ne l’est pas. C’est pourquoi il peut être pertinent de revoir ses priorités, ses besoins, ses valeurs dans le cadre d’une démarche avec un conseiller d’orientation.

Dépasser ses propres limites

Pour bien faire, pour ne pas déplaire, pour ne pas avoir l’air faible, etc., plusieurs vont accepter pratiquement tout ce qu’on leur demande. Certains peuvent également accepter le manque de respect à leur égard. La connaissance de soi permet de nommer ses besoins et de respecter et de faire respecter ses limites.

Des exigences trop élevées

Souvent, l’individu s’impose à lui-même un niveau élevé d’exigence. Vouloir être performant dans chaque sphère de sa vie est bien sûr une noble intention. Toutefois, ce n’est pas réaliste. Une bonne connaissance de soi permet de définir ce qui est vraiment important et de choisir ses combats.

Difficulté à calmer son mental

Il est nécessaire de s’autoriser du temps pour faire le calme intérieurement. Certains feront cet exercice dans l’action tandis que d’autres dans des activités plus statiques. L’important est de pouvoir se connecter à soi pour ressentir ses propres signaux (ex : fatigue, maux physiques, petites voix culpabilisantes, sentiment d’être dépassé, etc.). Ces signaux indiquent l’état dans lequel vous êtes à ce moment et permettent de gérer la suite en fonction de vos besoins.

L’estime de soi

Le manque de reconnaissance et d’appréciation de ses propres forces et limites amène souvent l’individu à accepter des situations qui le dépassent. Il se compare et a le sentiment qu’il n’est pas assez bon, assez rapide, etc. S’il nomme ses besoins et insatisfactions, il a peur de déplaire, de déranger, du jugement des autres, de créer des conflits ou d’être mis de côté. Par ce fait même, la personne peut s’isoler, s’effacer et/ou ne pas demander de l’aide au risque de paraître incompétente, non autonome, incapable de prendre plus de responsabilités parce qu’elle ne se sent jamais à la hauteur, etc.

En conclusion, pour palier à ce manque, la personne en fait beaucoup et malgré cela, ce n’est jamais assez pour être satisfaisant. Comme l’exemple du verre troué, même si on ajoute de l’eau, le liquide ne demeure pas dans le contenant.

La peur

Peur du jugement, de déplaire, de paraître incompétent, de ne pas en faire assez, de déranger, de l’inconnu, de ne pas être intéressant, etc. La peur fait partie de la vie humaine et elle prend différentes formes selon notre parcours, nos blessures et notre personnalité. Être conscient de ce qui nous fait peur permet de vérifier si cette peur est réelle ou non, d’agir dessus pour l’apaiser et de ne pas la laisser diriger notre vie.

Rigidité à changer les choses

La peur de perdre le contrôle dans une période de stress et d’anxiété peut développer une forme de rigidité mentale. La personne craint d’apporter des changements comme si son château de cartes allait s’écrouler. Et plus elle avance dans ce processus et plus elle a de la difficulté à y voir clair et à réfléchir aux solutions qui pourraient l’aider. Tout lui parait comme une montagne impossible à franchir. Le premier pas à effectuer ici est de prendre soin de soi le plus possible. Respirer profondément et faire des activités qui calment votre mental le plus souvent possible, bien dormir et manger.

Éviter la vraie remise en question

Évidemment, pour toutes sortes de raisons, il y a des périodes dans la vie où l’individu n’a pas le goût de se remettre en question et c’est bien légitime. Toutefois, lorsque cette réflexion ne se fait jamais et qu’il n’y a aucun changement, alors qu’une situation est insatisfaisante, voire même intolérable, il en découle une série de problèmes. Ces problèmes peuvent être d’ordre psychologique, physique, mental ou encore, apporter des conflits avec les gens au travail et des difficultés diverses avec la famille et les amis.

Mettez le bâton dans la roue!

Quand la roue tourne à toute allure, bien des gens ne perçoivent plus leurs signaux personnels. L’adrénaline peut être élevée, tellement d’informations circulent dans la tête et l’ouverture d’esprit diminue face aux solutions possibles.

Des petits trucs

D’abord, respirez!

Veillez à respirer consciemment le plus souvent possible dans une journée. Respirez jusqu’à votre inspiration atteigne votre ventre au moins à trois reprises. À la longue, cet exercice peut vous aider à y voir plus clair et à relativiser la situation vécue.

Le sommeil est précieux

Si vous avez de la difficulté à dormir, tentez de faire une sieste dans le jour afin d’éviter l’accumulation de fatigue.

Des moments de calme mental et de relaxation

Le contact avec la nature est excellent, le sport, la méditation, etc. Il est important que l’activité mentale ait des périodes d’accalmie pour maintenir un équilibre. C’est comme si on demandait à un coureur de courir sans arrêt. Ça n’a aucun sens.

La connaissance de soi est à la base du mieux-être

Plus la personne se connaît et plus elle est en mesure de se respecter et de se faire respecter, de nommer ses besoins et ses limites, meilleure est son estime d’elle-même et plus elle peut être réaliste quant à ses exigences.

D’ailleurs, les conseillers d’orientation peuvent vous aider à prendre du recul face à votre situation et à trouver des solutions, qui souvent, évitent des changements drastiques. Ces conseillers peuvent aussi vous permettre de  définir ce qui est le plus important pour vous, vos intérêts les plus significatifs et les talents que vous aimeriez mettre de l’avant sur le marché du travail de façon à prendre des décisions éclairées quant à votre carrière.

Bonne réflexion!

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Isabelle Dumas

Isabelle Dumas est conseillère d’orientation et fondatrice d’Orientation Direct. Elle cumule près de 20 ans d’expérience dans l'accompagnement professionnel des chercheurs d'emploi et d'employeurs de partout au Québec.