6 aspects à considérer lorsqu’on a une limitation physique et qu’on se cherche un emploi

Trouver sa place sur le marché du travail est déjà un défi en soi. Lorsque nous avons une limitation physique, la situation se complique encore un peu plus. Beaucoup d’employeurs peuvent éprouver des réticences au départ à engager une personne présentant un handicap.

Selon les lois en vigueur, un employeur est tenu de ne pas faire de discrimination à l’emploi reliée à un handicap et doit prévoir des accommodements pour la personne ayant une limitation. Toutefois, il n’a pas d’obligation légale d’embaucher une personne ayant un handicap. Un employeur peut donc écarter cette candidature en évoquant un autre prétexte.

Voici des conseils et des pistes concrètes afin de venir en aide à tous les candidats présentant des limitations.

  1. Quand le dire ?

Le candidat n’est pas tenu d’annoncer son handicap au moment où il pose sa candidature par l’envoi de son curriculum vitae. Toutefois, il est recommandé d’annoncer sa limitation à l’employeur lorsqu’il reçoit une invitation à l’entrevue.

Julie Létourneau, conseillère d’orientation à La Croisée conseille de demander si le lieu est adapté au fauteuil roulant, s’il y a une rampe d’accès, un ascenseur, ainsi cela casse la glace par rapport à l’handicap.

Pour les limitations qui ne sont pas visibles, il est préférable de jouer franc jeu et de mentionner les tâches qui ne sont pas adaptées et celles qui conviennent.

Après avoir évoqué l’handicap, Julie recommande de révéler aussitôt les qualités et forces développées pendant sa réadaptation. La réadaptation doit être vue comme un moment où le candidat a beaucoup travaillé sur lui-même.

  1. Éviter de se présenter en victime

Pour quiconque, la stratégie de faire pitié n’est jamais gagnante. Travailler consiste à répondre aux besoins d’une organisation en échange d’une rémunération.

Il est donc important qu’avant tout, le candidat s’applique à démontrer ses talents et de quelle manière, il pourra apporter une contribution des plus appréciables. L’handicap ne doit pas refléter le point principal de l’identité du candidat.

Le candidat doit trouver les moyens d’adopter une attitude positive et de s’assurer de garder un bon moral. Une mauvaise disposition d’esprit deviendra une limitation encore plus grande que sa limitation physique.

Si le moral devient un obstacle récurent, consulter un professionnel pour de l’aide psychologique est une idée à considérer. Avant d’envisager un retour sur le marché du travail, le candidat doit avoir passé à travers le processus du deuil de sa situation.

  1. Identifier vous-mêmes des solutions en matière d’adaptation

Il existe différents moyens et souvent simples pour adapter un poste de travail en fonction de la limitation. Par exemple, il peut s’agir d’un fauteuil ergonomique pour une personne souffrant de lombalgie chronique, un logiciel à reconnaissance vocale pour une personne non voyante ou un système d’amplification pour personnes malentendantes.

Les mesures peuvent être aussi aussi à l’accès à l’environnement de travail (par exemple, l’installation d’une rampe d’accès pour personnes à mobilité réduite) ou encore reliées à la sécurité des lieux (par exemple, avertisseur d’incendie de type lumineux pour une personne sourde).

Pour ces accommodements, divers programmes de subvention sont offerts aux employeurs afin de défrayer une partie ou la totalité des coûts qui y sont rattachés.

Le candidat a donc tout avantage à identifier les solutions par lui-même afin de faciliter les questions de l’employeur reliées à cette adaptation. De cette manière, le candidat a une belle occasion de démontrer sa proactivité et rendre plus simple son embauche éventuelle par l’employeur.

Pour en savoir plus au sujet de la mesure du contrat d’intégration au travail, consultez le site d’Emploi Québec en cliquant ici.

  1. Explorer les programmes de subvention

Non seulement, le gouvernement défraie pour les mesures adaptatives, mais il offre des subventions salariales aux employeurs. Par exemple, avec certaines mesures, l’employeur débourse une portion du salaire de l’employé ayant un handicap et l’autre portion est assumée par l’état via le programme.

Il existe aussi la possibilité d’obtenir de l’aide financière pour un retour aux études.

Pour plus d’informations, consultez le site d’Emploi-Québec au sujet du soutien salarial en cliquant ici.

  1. Utiliser les services des organismes spécialisés

À travers le Québec, des organismes à but non lucratif donnent accès gratuitement à des spécialistes de toutes sortes pour répondre aux besoins en matière d’intégration à l’emploi (conseillers en emploi, conseillers d’orientation, ergothérapeutes, physiothérapeutes, neuropsychologues, orthophonistes).

En plus d’aider à connaître les mesures adaptées à une situation spécifique, leurs intervenants peuvent établir la liaison avec des employeurs déjà ciblés et ouverts à intégrer dans leur entreprise des employés ayant des limitations.

Pour identifier l’organisme le plus approprié pour répondre à un besoin, voici le répertoire provenant du Roseph (regroupement des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées)

  1. Le travail autonome ou créer sa propre entreprise

Parfois, la solution pour une personne handicapée désirant travailler n’est pas de se chercher un emploi, mais de créer son propre travail. Bien entendu, cette démarche est exigeante et correspond à des gens ayant un certain profil entrepreneurial.

Si certains employeurs sont réticents à embaucher un candidat ayant un handicap, un client risque de moins s’arrêter sur cet aspect.

Les organismes spécialisés aident également à l’élaboration de ce type de projet.

En conclusion

Un chercheur d’emploi ayant un handicap devra démontrer une bonne dose de courage dans ces démarches, c’est certain, mais il existe un grand nombre de ressources spécialisées pour lui venir en aide.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site d’Emploi-Québec donnant accès à une multitude d’informations à jour.

Je te tiens à remercier Julie Létourneau, conseillère d’orientation de l’organisme La Croisée (www.lacroise.ca) pour son aide à la rédaction de cet article.

Rendez-vous sur Jobboom en cliquant ici pour consulter toutes les offres d’emploi disponibles.

Mathieu Guénette

Mathieu Guénette est un conseiller d’orientation à son compte de plus de 20 ans d’expérience, auteur, chargé de cours et ayant travaillé auprès d’une clientèle variée (jeunes, adultes, gestionnaires, chercheurs d’emploi). En 2017, il a obtenu le prix professionnel de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec pour l’ouvrage Le candidat viscéral. Il offre ses services à Montréal, dans Lanaudière et à distance. Son site internet regorge de références pratiques pour vous : Les chercheurs de sens.