5 pièges à éviter pour un nouvel arrivant en recherche d’emploi au Québec

Pour les nouveaux arrivants, trouver un travail s’avère souvent un défi de taille, car non seulement ils doivent savoir faire reconnaître leurs compétences, ils doivent aussi bâtir un tout nouveau réseau.

Beaucoup d’entre eux tombent dans certains pièges qui, pourtant, pourraient être facilement contournés.

Lorsque j’ai décidé d’entreprendre l’écriture de cet article, j’ai reçu par hasard un courriel de Mohamed Amani venant tout juste d’arriver au Québec. En Algérie, il a complété une maîtrise en gestion et il a travaillé durant plusieurs années comme consultant formateur. Il m’écrivait pour me faire part de sa recherche d’opportunités de carrière.

Malheureusement, de ce côté, je n’avais aucune piste en tête, mais je lui ai proposé à la place de me raconter son histoire et de me faire part de son point de vue.

Comme beaucoup d’autres, Mohamed et sa femme ont délaissé leurs emplois et quitté leur maison d’origine pour immigrer au Québec. Ils ont amené avec eux leurs deux enfants (5 ans, 8 ans) et la mère de Mohamed.

Mohamed et moi avons établi ensemble cette liste de pièges.

Par la suite, j’ai consulté Lida Aghasi, directrice générale du CSAI (Centre social d’aide aux immigrants) œuvrant depuis déjà 16 ans auprès de cette clientèle, afin qu’elle y ajoute son point de vue.

1- Vouloir aller trop vite avec les outils

Les premiers mois arrivés au pays s’avèrent très délicats sur le plan financier. Beaucoup de dépenses pour s’installer, mais aucun revenu. Devant un avenir incertain, savoir bien gérer son budget devient primordial.

En plus, il y a des imprévus comme dans le cas de Mohamed qui a dû faire face à des frais médicaux pour un de ses enfants qui s’est retrouvé avec les deux bras fracturés, suite à un accident à l’école.

Lorsque les deux parties d’un couple se retrouvent à chercher un emploi en même temps, il peut en résulter beaucoup d’agitation.

Toutefois, s’empresser de faire son CV et de l’envoyer partout sans prendre le temps de bien réfléchir s’avère une grave erreur.

Avant tout, il est important de se sensibiliser à la culture québécoise et de se concentrer à développer des relations de qualité, même si cela nous demande de s’investir dans des projets bénévoles.

Lida conseille également de stabiliser sa situation avant de disperser son énergie et, au besoin, pour faire diminuer la pression, de prendre un emploi de subsistance de manière temporaire.

Avec l’aide d’un conseiller en emploi, il est possible d’identifier des solutions sur mesure pour faciliter l’intégration comme une mise à jour des compétences par une formation d’appoint ou un stage pour bien comprendre les particularités de la culture nord-américaine.

L’objectif n’est pas tant d’apprendre de nouvelles notions que d’adapter son savoir à un nouveau milieu. Le simple fait d’avoir côtoyé le système d’éducation québécois va s’avérer un atout par la suite.

2- Chercher à se réorienter trop vite

Mohamed a décidé de rester dans le même secteur d’activité qu’il occupait en Algérie.

Toutefois, Lida constate que beaucoup de nouveaux arrivants vont chercher à se réorienter, croyant que renouer avec leur ancienne profession dans leur nouveau pays s’avérera trop difficile, surtout si cette profession fait l’objet d’une réglementation.

Ils chercheront alors aussitôt à suivre n’importe quelle formation leur permettant de répondre aux besoins du marché, influencé par des publicités sur le web.

Avant tout, il faut bien analyser la situation et les raisons qui amènent à entrevoir une nouvelle avenue.

Il demeure important de faire un choix répondant à de réelles aspirations et de penser dans une perspective à plus long terme. Il est tentant de vouloir faire des petits gains financiers rapides plutôt que d’élaborer une stratégie qui sera plus payante, même si cela nécessitera plus de temps.

3- S’avérer trop formel dans ses relations

Une personne immigrante souhaitant se montrer polie et aimable lors de ses rencontres sera portée à adopter certains comportements qui représentent pour elle de bonnes manières.

Par exemple, dans bien des cultures, éviter de regarder l’autre dans les yeux est un signe de respect.

Par contre, avec une approche trop officielle, beaucoup d’employeurs québécois y percevront de la distance. Certains interpréteront la façon d’être du candidat comme étant artificielle et manquant d’authenticité.

Le Québec est reconnu pour aimer les relations plus familières dans un contexte professionnel et être moins fervent des rapports hiérarchiques.

Il faut savoir s’adapter.

Si l’employeur propose de se tutoyer, il est préférable de le faire et même si ça génère un peu de malaise au départ.

4- Chercher à se conformer plutôt que se distinguer

Pour s’intégrer, il est important de répondre aux attentes, mais pas au point d’essayer d’entrer dans le moule à tout prix.

Il y a le danger de vouloir tellement correspondre à des standards que notre personnalité en vient à disparaître complètement.

Selon Mohamed, quand nous sommes un nouvel arrivant, notre savoir ainsi que notre savoir-faire précédemment acquis peuvent s’avérer moins pertinents sur notre nouvelle terre d’accueil.

Par contre, notre savoir-être et nos valeurs, eux, continuent d’exister et n’ont perdu en rien de leur valeur. Ces aspects demeurent universels.

Il devient donc crucial de savoir miser sur ce qui constitue le cœur de notre identité et de bâtir notre stratégie autour de ces forces distinctives.

Un nouvel arrivant risque davantage de prendre sa place en se montrant créatif qu’en faisant exactement les mêmes actions que tous les autres.

5- Se laisser décourager

Mohamed considère qu’il est essentiel de savoir bien s’entourer et de ne pas se laisser contaminer par des relations toxiques.

Par exemple, certaines personnes immigrantes près de lui entretenaient un discours fataliste au niveau de l’emploi. Pour leur part, elles n’étaient pas parvenues à atteindre leurs propres objectifs et elles avaient alors tendance à généraliser.

Plutôt que de l’encourager et de trouver des pistes utiles, elles s’évertuaient plutôt à critiquer les employeurs québécois.

Il est déjà difficile de garder soi-même le moral lorsque les résultats tardent à se manifester. Notre environnement doit aider à favoriser une attitude positive.

Lida est tout à fait d’accord avec Mohamed. Pour cette raison, rencontrer un professionnel peut s’avérer utile, car son travail consiste à se montrer positif et sans jugement de valeurs à l’égard de l’autre. Cet intervenant peut constituer une source de réconfort à un moment critique.

Et je termine cet article avec les propos de Lida :

J’aimerais bien insister sur le fait qu’au Québec, contrairement à beaucoup d’autres pays, nous avons cette occasion d’avoir accès à des services professionnels de façon gratuite, c’est l’État qui paie pour vous.

N’hésitez donc pas à utiliser ces ressources!

Merci pour l’aide dans l’écriture de cet article à Lida Aghasi, directrice générale du Centre Social d’aide aux immigrants et Mohamed Amani, chercheur d’emploi.

Par Mathieu Guénette, Conseiller d’orientation, « Les Chercheurs de sens ».

Prêt à postuler? Inscrivez-vous en cliquant ici et consultez toutes les offres d’emploi disponibles sur Jobboom.

Mathieu Guénette

Mathieu Guénette est un conseiller d’orientation à son compte de plus de 20 ans d’expérience, auteur, chargé de cours et ayant travaillé auprès d’une clientèle variée (jeunes, adultes, gestionnaires, chercheurs d’emploi). En 2017, il a obtenu à la fois le prix professionnel de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec et celui du Livre RH de l'année de l'Ordre des CRHA pour l’ouvrage Le candidat viscéral. Il offre ses services à Montréal, dans Lanaudière et à distance. Son site internet regorge de références pratiques pour vous : Les chercheurs de sens.

4 Commentaires

  • Tano serge
    5 août 2018 13:31

    Je trouve bien.je sais à quoi m’attendre au Canada

    • Mathieu Guénette
      20 août 2018 20:26

      Ça fait plaisir!

  • ELLIE Christel
    7 août 2018 19:42

    Bonjour,
    Je suis actuellement directrice d’un Etablissement et Service d’Aide par le Travail (ESAT) en France et avec mon mari et mes deux enfants nous envisageons sérieusement de venir vivre au QUEBEC. Pourriez vous m’indiquer quel est l’équivalent de métier au CANADA. En fait je recherche un emploi dans l’encadrement d’équipes de travailleurs sociaux (éducateurs spécialisés, aide médico pédagogique moniteur éducateur, assistants sociaux etc….) dans le secteur d’activité du Handicap et/ou de l’inadaptation sociale. Là j’ai de l’expérience professionnelle de plusieurs années. Par ailleurs je fais (en plus de mon travail) actuellement une formation qui pourrait me permettre de manager dans d’autres secteurs notamment le secteur sanitaire (Hôpital, clinique …) et le secteur des Personnes Agées par ex. A l’issue j’aurai un niveau I master (soit niveau bac + 5). Merci par avance de vos réponses si toutefois vous lisez ce message.

    • Laurène Godet
      8 août 2018 10:16

      Bonjour,
      merci pour votre message.

      Pour consulter les classifications des métiers au Québec, vous pouvez effectuer une recherche sur le site du gouvernement : http://imt.emploiquebec.gouv.qc.ca

      Pour en savoir plus sur votre secteur, voici 3 organisations du secteur qui pourront sûrement vous renseigner ou vous référer aux bons contacts.

      » Regroupement des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées (ROSEPH) : http://roseph.ca/
      » Office des Personnes Handicapées du Québec (OPHQ) : https://www.ophq.gouv.qc.ca/
      » Association québécoise interuniversitaire des conseillers aux étudiants en situation de handicap (AQICESH) : http://aqicesh.ca/

      Merci
      Bonne journée

      Marie de Jobboom

Répondre