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5 conseils de Robert Dutton
pour trouver sa place au travail quand on se sent (un peu) extraterrestre

Par mon travail de conseiller d’orientation et celui en lien avec les évaluations de potentiel dans les processus de sélection, j’ai pu m’apercevoir qu’il existait toute sorte de perceptions au sujet du rôle de PDG (président directeur général) d’une grande entreprise.

Certains croient que cette position comprend surtout de grands avantages, sans réaliser les sacrifices et les efforts que doivent faire les PDG dans le cadre de leurs fonctions. D’autres vont plutôt se montrer cyniques et généraliser, sans vraiment tenir compte qu’il existe une grande variété de modes de gestion chez les hauts dirigeants.

Afin de contrer ce mythe, j’étais bien content de pouvoir discuter avec Robert Dutton.

Robert a consacré 35 ans de sa vie comme employé chez Rona, dont 20 à titre de président et chef de direction.

Son autobiographie : Mise à niveau, est intéressante pour bien comprendre l’histoire de Rona comme chef de file en matière de rénovation résidentielle, mais surtout pour en apprendre davantage sur la réalité vécue par un PDG.

Aujourd’hui, Robert enseigne aux HEC, désirant aider au développement de talent des jeunes québécois. Il se montre particulièrement impliqué dans le Parcours Leadership Carabins, visant à faciliter la transition de leur carrière sportive vers une vie active, tout en les outillant pour qu’ils arrivent à se démarquer dans leur vie personnelle et professionnelle.

Même si Robert a accompli de grandes réalisations, il s’est souvent senti extraterrestre durant sa carrière ; plus particulièrement à chaque fois qu’il recevait une promotion.

Un an après être sorti de l’Université, à l’âge de 23 ans, il a été nommé directeur et était responsable d’une équipe de 19 personnes ; dans laquelle il était le plus jeune. À l’époque, il était trop timide pour dire « non » à un tel honneur, et c’est la seule raison qu’il l’a poussé à embarquer dans cette aventure.

Lors de ses premiers moments vécus en tant que vice-président, il s’est tout de suite senti comme un imposteur, n’ayant pas acquis encore toutes les connaissances qu’il croyait indispensables. Il s’est également senti ainsi lorsqu’en pleine récession, il fut nommé président de Rona.

Selon Robert, à chaque nouveau poste que l’on occupe, il faut accepter de repartir à zéro et de se remettre en question. « Si je change de poste, ça implique que moi-aussi, je dois changer. »

Voici 5 conseils essentiels pour tous ceux qui aspirent à jouer un rôle de leader et qui par moment, pourraient se sentir, eux-aussi, extraterrestres.

1- Mettre d’abord la priorité sur la connaissance de soi

Dans bien des cas, la motivation à devenir PDG est liée à l’égo, mais en réalité, c’est surtout notre humilité qui va nous permettre de pouvoir bien jouer ce rôle.

Il devient extrêmement profitable de s’observer d’un point de vue extérieur. Pour modifier un comportement, rien de mieux que de se voir en train d’agir et d’analyser avec discernement l’impact que nos gestes peuvent avoir par rapport à une situation précise.

Un PDG doit apprendre à laisser tomber certaines activités en faisant confiance à d’autres. Il ne doit pas chercher à être lui-même, le meilleur. Dorénavant, sa principale mission est plutôt de savoir attirer les meilleurs autour de lui.

Quand Robert a dû quitter Rona dans la tourmente, c’est l’introspection qu’il a été en mesure de faire sur lui-même qui lui a permis de se remettre sur pied. Alors qu’il se sentait fragile à ce moment-là, il a d’abord décidé de prendre soin de sa santé physique et mentale.

Il a pu réaliser que Rona n’est pas une finalité en soi. Par exemple, sa passion n’a jamais été de vendre des clous. Ce qui comptait surtout à ses yeux, c’était de faire une différence dans la société en demeurant toujours en accord avec ses valeurs.

2- Comprendre son environnement

Après avoir pris le temps de bien se connaître, il faut ensuite être en mesure de porter son attention sur le monde autour de soi.

Les premières attentes qu’ont les employés envers un PDG, c’est qu’il arrive à développer un modèle d’affaires viable accompagné d’un bon plan stratégique.

Pour y parvenir, il est essentiel de se munir de matières premières en recueillant des informations de qualité, sans ne jamais rien présumer à l’avance.

Robert enseigne le modèle PESTEL (Politique, Économique, Sociologique, Technologique, Écologique) ; modèle qui favorise l’adoption d’une vision globale.

Beaucoup d’étudiants voient le PESTEL comme une entrée en matière, plutôt que de le considérer comme étant au cœur même de l’activité.

Il est essentiel de demeurer continuellement curieux, question de prendre des décisions justes et en adéquation avec ce qui se passe dans votre environnement.

3- Apprendre à communiquer

Un leader se retrouve très limité s’il n’est pas secondé par une équipe engagée. Malheureusement, l’engagement, ça ne s’ordonne pas.

Selon Robert, les gens dans les organisations ne se sentent pas engagés, tout simplement parce que les dirigeants ne prennent pas le temps de leur parler et de les impliquer.

Ça le met plutôt hors de lui lorsqu’il s’aperçoit que des dirigeants croient bien communiquer avec leurs employés simplement parce qu’ils ont envoyé un courriel. Les gens ont besoin de ressentir les émotions qui ont motivé de grandes décisions et de pouvoir questionner les dirigeants dans des échanges en personne.

Ça demande donc du temps et de la générosité, mais au final, c’est ce qui permet d’être un PDG inspirant.

C’est la raison pourquoi Robert dit souvent : « Business is People. »

4- Savoir travailler en équipe

Certains croient qu’il faut d’abord attendre d’obtenir un poste prestigieux pour faire ses preuves et user de leadership.

Peu importe ses fonctions, il suffit d’abord de savoir bien collaborer avec les autres. C’est une excellente façon de démontrer son plein potentiel. La façon de se comporter dans une équipe est très révélatrice.

Avant tout, bien incarner son rôle au sein d’une équipe réside avant tout dans l’équilibre. Oui, il faut savoir prendre sa place, mais pas toute la place.

5- Prendre régulièrement du temps pour réfléchir

Lorsqu’on mise surtout sur la productivité, il devient possible de croire que la réflexion est une perte de temps.

Pourtant, ce temps consacré à la réflexion est le meilleur investissement que nous pouvons faire.

Cela permet de bien comprendre l’impact de nos décisions et analyser les événements avec soin.

Suivre notre intuition, ce n’est pas tout. Même si elle est généralement bonne, il faut savoir la faire valider à l’aide de recherches plus poussées et aussi auprès de différents collaborateurs externes.

En conclusion, beaucoup de gens veulent avoir un impact sur la société et amener des changements significatifs.

Devenir leader dans une organisation demeure une excellente façon d’avoir du pouvoir sur ce qui se passe autour de nous. Les organisations prennent des décisions qui ont une incidence majeure sur le monde et son avenir.

Devenir leader, comme nous le démontre Robert, c’est complexe, mais ça s’apprend.

Cet article a été écrit dans l’esprit du guide pratique d’orientation Trouver sa place au travail quand on se sent (un peu) extraterrestre publié chez Septembre éditeur. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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Mathieu Guénette

Mathieu Guénette est un conseiller d’orientation à son compte de plus de 20 ans d’expérience, auteur, chargé de cours et ayant travaillé auprès d’une clientèle variée (jeunes, adultes, gestionnaires, chercheurs d’emploi). En 2017, il a obtenu à la fois le prix professionnel de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec et celui du Livre RH de l'année de l'Ordre des CRHA pour l’ouvrage Le candidat viscéral. Il offre ses services à Montréal, dans Lanaudière et à distance. Son site internet regorge de références pratiques pour vous : Les chercheurs de sens.

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