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3 conseils de Marya Zarif
pour trouver sa place au travail quand on se sent (un peu) extraterrestre

Au début des années 2000, Marya était une jeune syrienne timide qui venait d’arriver au Québec.

Elle étudiait en communication à l’Université de Montréal et elle se sentait tellement différente des autres étudiants de son programme qu’elle se retrouva incapable de connecter avec eux. Son bagage académique était beaucoup plus théorique que le leur et contrairement à ses collègues, elle ne connaissait rien aux outils informatiques, ce qui lui donnait l’impression d’être inutile lors des travaux en équipe.

Aujourd’hui, Marya gagne sa vie en exerçant le métier de ses rêves, celui de conteuse d’histoires. Elle crée des scénarios pour des jeux vidéo destinés aux enfants. Elle conçoit des films d’animation. Elle a la grande chance de travailler pour Tobo, un employeur qui la comprend et l’encourage à se dépasser dans sa créativité. En plus, à l’aide de partenaires, elle a mis sur pied l’organisme La maison de la Syrie et la fondation Je veux jouer, deux entités venant en aide à son pays d’origine et amour de toujours, la Syrie.

Lors de notre entretien, elle m’a expliqué selon elle ce qui lui a permis de faire sa place au niveau professionnel et ainsi réaliser ses rêves.

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1- Ce qu’on te reproche, cultive-le

Quand Marya était étudiante en scénarisation, on a fini par lui dire de façon excédée : Lâche la Syrie, tu as sûrement d’autres choses à raconter!

Elle s’est sentie nulle et cela l’a convaincue qu’elle devait changer si elle voulait réussir dans ce milieu.

Marya a bien essayé.

Elle a travaillé pour une importante entreprise de jeux vidéo, où elle bénéficiait de bonnes conditions de travail. Toutefois, à chaque jour, elle ressentait le syndrome de la page blanche. Elle éprouvait des crises de panique qui l’ont forcée à quitter son emploi.

Mais en fin de compte, ça s’avéra être un magnifique malheur que d’être incapable d’incarner autre chose que ce qu’elle était vraiment.

Marya se réfère au poète libanais Khalil Gibran. Dans Le prophète, il évoque  la question du sens du travail et il dit alors cette phrase devenue magique: Le travail est l’amour rendu visible.

Et son premier amour, c’est son pays.

Ainsi aujourd’hui, Marya n’a pas lâché la Syrie comme on lui recommandait de le faire, et à force de toujours aborder les histoires qui l’habitaient au plus profond de son être, elle a appris à mieux les raconter et les rendre captivantes aux yeux de tous.

 2- Suivre son propre rythme

Marya ne se reconnaît pas dans cette société du travail où tout devient une course et une tentative d’exploit. Elle a en horreur le mot productivité.

Est-ce que c’est dû à ses origines syriennes ou à son tempérament? Difficile à dire pour elle, mais Marya se décrit avant tout comme une personne hédoniste, contemplative et qui aime prendre le temps d’apprivoiser ce qui se trouve au fond d’elle. Et c’est vrai que dans la vie les Syriens, la patience est primordiale. Ils font  preuve d’un raffinement extrême, et ont développé un art de vivre où les détails du quotidien occupent une place très importante.

Marya n’a jamais voulu renoncer à ce rythme de vie là et malgré le monde dans lequel elle se retrouve aujourd’hui, elle est toujours parvenue à résister à cette pression de toujours performer.

3- Capitaliser sur ses spécificités

Quand on se sent un peu extraterrestre, on a des blessures que les autres n’ont pas, on est doté d’une sensibilité différente et on ressent des besoins complexes qu’on se retrouve les seuls à avoir. Et à force de puiser en soi, de faire confiance en ce qui émerge du fond de nos entrailles, on parvient forcément à quelque chose d’original.

C’est le cheminement suivi par Marya, qui voulait aider la Syrie, son pays d’origine, mais qui ne savait pas au départ comment y parvenir. Tout ce qu’elle souhaitait était de créer un mouvement positif de solidarité envers les Syriens et Syriennes, non en tant que victimes de la guerre uniquement, mais en tant qu’humains avec tant de richesses à partager.

C’est grâce à son introspection et à sa sensibilité qu’elle en est venue à mettre sur pied avec des partenaires la Fondation « Je veux jouer », qui capitalise sur les spécificités de son histoire et de son parcours professionnel, son amour de la Syrie et son expérience dans la conception de jeux pour enfants.

La mission que s’est fixée la Fondation est de  créer des espaces ludiques à destination des enfants syriens, qui changent le monde en contribuant au bonheur des plus vulnérables.

Vous voulez mieux comprendre comment Marya parvient ainsi à toucher le cœur des gens? Je vous laisse le découvrir en visionnant cette conférence TED qu’elle a donnée en 2017.

 

Cet article a été écrit dans l’esprit du guide pratique d’orientation Trouver sa place au travail quand on se sent (un peu) extraterrestre publié chez Septembre éditeur. En savoir plus.

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Mathieu Guénette

Mathieu Guénette est un conseiller d’orientation à son compte de plus de 20 ans d’expérience, auteur, chargé de cours et ayant travaillé auprès d’une clientèle variée (jeunes, adultes, gestionnaires, chercheurs d’emploi). En 2017, il a obtenu à la fois le prix professionnel de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec et celui du Livre RH de l'année de l'Ordre des CRHA pour l’ouvrage Le candidat viscéral. Il offre ses services à Montréal, dans Lanaudière et à distance. Son site internet regorge de références pratiques pour vous : Les chercheurs de sens.

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